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        <title>OrnithOrynque</title>
        <description>«Quand j’entrerai chez Dieu, c’est l’enfant que je fus qui me prendra par la main» BERNANOS</description>
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        <lastBuildDate>Sun, 01 Jun 2008 18:11:28 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Dominique Autié</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                <pubDate>Sun, 01 Jun 2008 16:41:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1045466&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/01/1463887723.jpg&quot; alt=&quot;1463887723.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1045466&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Immense vide laissé par la mort de &lt;a href=&quot;http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php/all?cat=16&quot;&gt;Dominique Autié&lt;/a&gt;. S'il reste jamais quelque chose de la blogosphère en général, et particulièrement de&amp;nbsp;ce&amp;nbsp;qu'il appelait lui-même notre &quot;archipel&quot; (solitudes en communication les unes avec les autres, mais solitudes tout de même), nul doute que sa voix sera de celles qui continueront de résonner longtemps, en echo de son oeuvre littéraire et de son ouvrage d'éditeur. J'avais été frappé&amp;nbsp;par son humilité et&amp;nbsp;sa gentillesse extrême, dont on retrouve le témoignage dans tous les hommages de ces derniers jours. Et si ces qualités inactuelles&amp;nbsp;sont unaniment saluées, je crois que c'est non seulement (et avant tout) pour elles-mêmes,&amp;nbsp;mais aussi parce qu'elles sont d'autant plus admirables chez une personne douée de grand talent, chez qui elles ne peuvent servir de paravent à la médiocrité,&amp;nbsp;gageant ainsi leur authenticité. La voix de Dominique&amp;nbsp;Autié était toujours juste. Elle avait quelque chose de grave, non dépourvue d'humour (et comment), mais qui ne jouait pas, comme l'indiquait le titre de son blog, qui ne faisait pas la &quot;blague&quot;, pour reprendre l'expression de Péguy. J'admirais son&amp;nbsp;style de haute tenue,&amp;nbsp;mais également sa droiture, une noblesse d'âme,&amp;nbsp;une forme de pureté intérieure, qui l'empêchait par exemple de remettre les pieds au Salon de Livre, parmi les épiciers et les marchands du temple. J'aimais aussi sa détestation,&amp;nbsp;toute Bernanosienne,&amp;nbsp;des directeurs marketing et autres automates maléfiques démoulés en série par les Sup-de-Co.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J'essaierai de revenir souvent à son souvenir, en posant quelques liens votifs, si, comme je l'espère, les &lt;em&gt;Balles de match/Balles perdues&lt;/em&gt; restent en ligne.&lt;/p&gt; 
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                <title>De différentes sortes de vent</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Ecrevisses de lune</category>
                                                <pubDate>Mon, 26 May 2008 13:17:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;Chers lecteurs, si vous voulez connaître mon identité réelle (j'imagine que ce souci vous obsède et vous taraude!), ruez-vous chez le&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/05/18/sur-une-ile-stalker-quels-livres-emporteriez-vous-6.html#more&quot;&gt;&lt;em&gt;Slamer&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;, qui vous en réserve aujourd'hui&amp;nbsp;l'exclusivité, se livrant, en bon petit collabo, dans un texte haineux et mesquin, à un acte de délation caractérisée, croyant sans doute par là me&amp;nbsp;faire trembler. Ah ah la bonne blague! Que nenni évidemment, puisque l'épître que je lui envoyai il y une semaine l'a été en sachant pertinemment qu'il disposait de mon matricule. Il ne m'impressionne guère, comme déjà dit, et pas plus maintenant qu'il détient de quoi me salir et me traîner dans sa fiente de dégénéré. Mon blason est sur la place publique? Un névropathe ne me concède pas le droit de choisir mon intimité et de&amp;nbsp;ne révéler mon identité qu'à qui je juge bon de la révéler (d'ailleurs déjà&amp;nbsp;connue de&amp;nbsp;plusieurs en lien ici)? Et bien soit, tant pis. Tout le monde s'en fout, et moi le premier. Tant que bien sûr les attaques&lt;/em&gt; ad hominem &lt;em&gt;se limitent à ma personne... Pauvre homme. Quelle misère fondamentale doit être la sienne pour aller ainsi chicaner les autres, s'étonner qu'ils lui répondent, pour enfin tenter de les détruire.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Ajout&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;: je ne résiste pas, pour ceux qui, par dégoût ou par paresse, ne se rendrait pas sur le blog sus-lié (consulté au Japon, en Tasmanie, au Burkina Faso, en Terre de Feu, au centre de la terre, sur la face cachée de la lune, sur Sirius sans doute, et bien évidemment depuis même quelques trous noirs, partout en réalité, sauf dans les salles de rédactions et les comités éditoriaux où notre chromosome supplémentaire enrage tant de ne pas voir ses petits livres portés au pinacle),&amp;nbsp;au plaisir d'extraire de sa quasi-illisible diatribe diarrhéïque un&amp;nbsp;de ses inoffensifs postillons, quoique sans doute infectieux -&amp;nbsp;incontinence sphinctérienne&amp;nbsp;assez décevante au demeurant sur le chapitre de l'éprigramme, on l'a connu plus inspiré&amp;nbsp;notre Léon Bloy de&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.dadart.com/dada-media/urinoir-p.jpg&quot;&gt;bidet&lt;/a&gt;&amp;nbsp;:&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;J'ai travaillé huit années durant dans un milieu dit sensible, celui d'une salle des marchés et, que je sache, mon identité de blogueur était connue de tous, du plus simple des grouillots au grand patron en personne &lt;em&gt;[on l'imagine bien volontiers]&lt;/em&gt;. J'ai même traîné mes guêtres, comme l'ironise Simard (sans avoir bien compris ce que je pouvais y faire, moi, le contempteur des médias), une année durant sur les bancs déglingués du Celsa sans jamais cacher l'existence de Stalker &lt;em&gt;[c'est un euphémisme j'imagine]&lt;/em&gt;. Comment l'aurais-je pu d'ailleurs, puisque mon blog &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.cyberlol.com/humour/mp3/rire_002.mp3&quot;&gt;FASCINAIT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; certains de mes professeurs-journalistes eux-mêmes ?&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;A toutes fins utiles, je tiens à disposition&amp;nbsp;mon code génétique&amp;nbsp;et mon groupe sanguin, ainsi qu'un arbre généalogique, sur les branches duquel je précise qu'aucune chevrette basque n'est, pour ma part,&amp;nbsp;venue se percher, à la faveur de la solitude d'un ancêtre berger... Allez il est temps pour notre ami&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-5835496.html&quot;&gt;&lt;em&gt;physiquement disgrâcié&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;(drame de la consanguinité!),&amp;nbsp;à la discrète&amp;nbsp;identité de rentier (rien de mal à ça, ça casse juste un petit peu le mythe - l'ayatollah de la transparence biographique n'aura sans doutes aucun mal à le concéder),&amp;nbsp;de rentrer cette petite voix que tant de personnes ont trouvée si étonnament et drôlatiquement aigue, lorsque radiodiffusée, elle&amp;nbsp;amusa tant par ses&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Bacon_(peintre)&quot;&gt;&lt;em&gt;exploits&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;en matière&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Bacon&quot;&gt;&lt;em&gt;d'érudition&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;***********&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;Rien à voir avec les contrevents et furvents chroniqués &lt;a href=&quot;http://findepartie.hautetfort.com/tag/alain%20damasio&quot;&gt;ici par le Transhumain&lt;/a&gt;...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Foliant procède du Nord Africain et efface la peau de celui sur qui il souffle. Un séjour prolongé dans son parage fait disparaître. On rapporte l'exemple de personnes gommées pour partie, qui un bras, qui une oreille, qui une côte, pour n'avoir su préserver leurs enveloppes de ce vent corrosif, à l'aide d'une écharpe bleue ou d'un voile. L'exemple le plus connu - sans doute exagéré - est celui du mendiant de Khartoum qui allait le thorax percé dans le labyrinthe de torchis de l'antique capitale Soudanaise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/01/408376139.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1036318&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/01/345374971.jpg&quot; alt=&quot;408376139.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1036318&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;Le Silice consiste en une variante du Foliant&amp;nbsp;mais son souffle ne descend que le long de la Corne d'Afrique, arrêté par les éléments naturels, la forêt et&amp;nbsp;les dunes, si bien qu'il est exclusivement essuyé par les côtes de l'Océan Indien. Son action revient à sculpter ce qu'il touche, comme animé d'une intelligence créatrice. Il ne se contente pas de poncer les corps mais leur confère une forme nouvelle. Nouvelle&amp;nbsp;bien que&amp;nbsp;répétitive. Le plus souvent, les corps endormis retrouvés sur les plages de Somalie ou du Mozambique, avaient pris la forme de statues de sable durci, à l'expression aveugle et innocente, systématiquement jetées à la mer par les pêcheurs qui s'en effraient. Un commerçant italien contemporain du Négus a toutefois réussi à en monnayer une, qui peut s'observer dans&amp;nbsp;sa demeure hétéroclite, villa&amp;nbsp;convertie en&amp;nbsp;musée à sa mort et où sont entreposées&amp;nbsp;diverses autres saisissantes&amp;nbsp;curiosités, importées des différents Orients. Le cadavre empaillé d'une sirène nègre... &amp;nbsp;Le sang jamais coagulé du seul&amp;nbsp;empereur Ming jamais&amp;nbsp;suicidé, recueilli dans une coupe de porcelaine subtile...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1063298074.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Solal ventile verticalement et enduit la peau de particules dorées, indélébiles, dont la novicité semble nulle. Il est convoité, son passage est interprété comme un signe favorable. Il existe un village érythréen dont tous les habitants phosporent ainsi. La carnation aurifère des épidermes se transmet désormais de génération en génération.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/969721740.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1036332&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/363698004.jpg&quot; alt=&quot;969721740.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1036332&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Pharsîs est un vent derviche et ne progresse qu'en spirale. C'est une émanation plurielle, à effets multiples. Il matérialise dans son sillage le corps des défunts, qui apparaissent ainsi le temps d'un souffle. Par ailleurs, le déplacement d'air qu'il constitue, arpège le silence, et des notes de bombarde en sont conçues. Longues, sinueuses, enveloppantes. Il prodigue l'ivresse et la danse. On relate des délires collectifs - comme en put occasionner l'ergot de seigle sous nos latitudes - , de par toute la bande de sable qui s'étend d'Est en Ouest, le Pharsîs faisant alors résonner les villes fortifiées qui jalonnent celle-ci, métamorphosant le réseau de ruelles asséchées et les cavités maisons basses de ces villes-caravanes en de monstrueux orgues sifflants, et ses habitants tournant sur eux-mêmes sans répit pendant plusieurs jours.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1937349803.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Morée est un vaste et long sinus qui se déplace à la manière d'une vague. Il naît derrière les monts du Liban et perturbe le vol des oiseaux, les embarquant parfois dans un courant cahotique qui ressemble à un manège de fête foraine. Lorsqu'il parvient à son terme, il résout en écume, et le bruit d'un ressac se fait alors entendre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Il aurait deux cent ans aujourd'hui...</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 22 May 2008 23:53:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1030081&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/01/579620334.jpg&quot; alt=&quot;579620334.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1030081&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le temps d'une nuit noire et blanche ou deux, cette&amp;nbsp;petite stèle éphémère et&amp;nbsp;virtuelle - aussi absurde bien sûr que toutes les commémorations dictées par l'arbitraire des chiffres ronds, presqu'anti-Nervalienne finalement, mais tant pis, car&amp;nbsp;c'est surtout le prétexte, en manière de dédicace à tous les &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/&quot;&gt;amateurs de saccharose et d'occultisme&lt;/a&gt; - souvent eux-mêmes inconditionnels de l'autocitation sous des prétextes vaguement Borgésiens, de tropisme labyrinthique -&amp;nbsp;d'exhumer deux textes inspirés par &quot;Geai rare&quot;:&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/05/01/nervalchimie_la_derniere_fille.html&quot;&gt;Nervalchimie&lt;/a&gt;, que &lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/&quot;&gt;JLK&lt;/a&gt; avait eu la très grande gentillesse (charité est peut-être le mot juste)&amp;nbsp;de publier dans le numéro 70 (Juillet 2006) de son &quot;Passe-Muraille&quot;, en version courte.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2007/01/21/pelerinage-a-l%E2%80%99usine-a-gaz-autofiction-nervalchimique.html&quot;&gt;Pèlerinage à l’Usine à Gaz&lt;/a&gt;, que Philippe Sollers m'a réclamé à corps et à cris pour un numéro spécial Nerval de l'Infini, proposition que j'ai préféré décliner pour rester libre : va te faire foutre Philippe, je suis un poète maudit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span&gt;Une anecdote&amp;nbsp;d'un interêt secondaire : l'une des villes de mon enfance,&amp;nbsp;que dépasse&amp;nbsp;le narrateur de &lt;em&gt;Sylvie&lt;/em&gt; en partance pour&amp;nbsp;le Valois (son Pays d'Enfance), a baptisé une rue du nom de Nerval. Louable, malgré les chiffres ronds. Toutefois elle a commis une erreur en le faisant naître en 1805, comme cela est indiqué sur la plaque...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2008/05/19/epitre-au-pitre-de-la-zone.html</guid>
                <title>Epître au pitre de la Zone</title>
                <link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2008/05/19/epitre-au-pitre-de-la-zone.html</link>
                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Carnets du Capitaine Ad Hoc</category>
                                                <pubDate>Mon, 19 May 2008 17:14:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Dame de Pique&amp;nbsp;! Comme Sa Stalkeurénissimité est injuste! Non pas certes de (dis)qualifier mes sécrétions textuelles &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/04/01/tracabilite-du-porc.html#more&quot;&gt;&quot;d'amusements pseudo-littéraires&quot; et cette page de &quot;sirupo-ésotériste&quot;&lt;/a&gt;. Ces épigrammes, bien que blessantes, peut-être justifiées (non d’ailleurs elles-mêmes totalement dénuées d’ésotérisme, si de sucre assurément), me font plutôt rire, car j'aime la verve&amp;nbsp;; la tradition pamphlétaire me réjouit profondément. J'aurais vraiment mauvais jeu de ne point rire lorsque l'aiguillon se retourne contre mon pelage, et m’accorderais bien piètre licence à m'offusquer là où je me fusse esclaffé, pour peu qu'il se fût agi d'un autre... Certes le nervi de la blogosphère est le pratiquant le moins fidèle de sa religion affichée de l'impartialité. Comme tous les pharisiens, il accable l’autre des fardeaux qu’il entend lui-même ne point porter, et pratique peu la réciprocité : exigence bien ordonnée commence par autrui. Ainsi, prompt à flinguer à vue, capable des volte-face les moins argumentées, les plus arbitraires (brocardant après avoir flatter, se succédant sans se confronter jamais), il semble &lt;a href=&quot;http://findepartie.hautetfort.com/archive/2008/05/05/maudit-soit-transhumain.html#comments&quot;&gt;peu enclin à accepter une lecture non directement laudative de ses longs pensums&lt;/a&gt;, d’ailleurs moins érudits que polémiques (que l’on se rappelle par exemple son hallucinogène et hilarante incapacité à distinguer les deux Francis Bacon lors d’une émission radiophonique, qui amusa peut-être moins qu’elle ne sidéra – c’est dire à quel point elle étonna).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'est qu’il entre, tant dans ses détestations que dans ses marottes - les exemples sont assez nombreux pour qu’il soit ici besoin de rappeler le nom des personnes publiées dans la Zone, mises en lien, puis insultées, piétinées, traitées au hachoir, au mépris du plus infime souci de cohérence - un facteur éminemment subjectif, qui, inhérent qu’il est à toute activité intellectuelle, ne pose réellement problème que dans la mesure où il n’est pas concédé et laisse place à une prétention sans bornes à l’objectivité, à la proclamation de détention (le sens carcéral affleure ici) de la vérité. Subjectivité donc, rien que de très et trop humain. L’affectivité, en revanche, altère plus gravement la prétention critique, la frappant de nullité. Or, si du moins j’en crois quelques sources sûres (dans leur témoignage plus que dans leur fidélité…), féminines, de son entourage virtuel, avec qui il m’a été donné de correspondre, c’est notamment pour avoir reçu leurs marques de sympathie dans l’espace de mes commentaires, affabilité dont il semble qu'il revendique l’exclusivité, que le drôle observa un colérique et subit revirement à mon endroit, après m’avoir encouragé (j’en fus le premier surpris et flatté)&amp;nbsp;:&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;&quot;&amp;nbsp;Ah !, je suis ravi, continuez, vraiment... Enfin des textes qui ont quelque chose à dire, c'est tellement rare...&lt;br /&gt; Et cette pudeur, finalement si rare que ç'en est presque touchant.&lt;br /&gt; Bravo.&amp;nbsp;&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;strong&gt;Ecrit par :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&quot;http://stalker.hautetfort.com/index.html&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;Stalker&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;&lt;i&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;| 10 mars 2005&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Je ne ramène les choses à mon pauvre cas, épiphénoménal,&amp;nbsp;que de manière circonstancielle et à titre d’exemple. La mauvaise foi de l’affreux, caractérisée à de multiples reprises, n’enlève d’ailleurs rien à l’éventuelle pertinence de ses quolibets à mon égard, cités en introduction (d’autant plus que mon taux de glucose et mon attirail hétéroclite de Sâr ne sont certes pas allés en diminuant)&amp;nbsp;; ce n’est tout simplement pas à moi d’en juger. Je ne clôturerai pas ce chapitre sans m’étonner toutefois de ce qui n’est pas le moindre des nombreux paradoxes&amp;nbsp;du fol : pourquoi lorsqu’on pose au héraut de la critique littéraire, lorsqu’on en réfère à rien de moins qu’à Gracq ou De Roux, pourquoi donc perdre son temps avec de misérables créatures comme mézigue et leurs accorder ne serait-ce qu’une œillade, un cil&amp;nbsp;? Comment le contempteur de la fausse parole, l’Armand Robin du Bois de Boulogne, le prophète du Verbeuuuuuuuux apophatique, le spécialiste des Vortextes, le &lt;a href=&quot;http://lpmcn.univ-lyon1.fr/~plenet/rois_maudits_02.jpg&quot;&gt;Saint-Louis ORTF&lt;/a&gt; de la Parole putanisée, peut-il s’intéresser à ce qu’il considère, peut-être à juste titre, comme du caca ranci? Pour ce qui est des raisons immédiates, elle se devinent&amp;nbsp;aisément : la blogosphère tant conspuée reste finalement le seul espace où il puisse déployer un talent, sans doute réel (je n’oublie par le service rendu à la mémoire de quelques authentiques infréquentés (c’est la différence avec lui), cachés sous le boisseau (Gadenne, Sabato, Bloy, Bernanos, De Roux, und so weiter… )), mais que refusent peu ou prou la presse et l’édition, pour l’heure en tout cas, si l’on excepte les &lt;a href=&quot;http://revuelanuit.blogspot.com/&quot;&gt;éditeurs des catacombes&lt;/a&gt; (ce n’est pas un défaut en soi, au contraire à mon humble sens, mais notre client cherche la lumière, le sunlight des suppléments hebdomadaires… ) et les copiés-collés de la Zone assez laidement rassemblés par le Rocher monégasque, couvertures et typographie souffrant d’une réelle médiocrité, flirtant avec l’autoédition et le méchant fichier PDF. Le gadjo nous expliquera que c’est en raison de son infréquentabilité… Nouvelle aporie&amp;nbsp;: pourquoi vouloir se ranger à la solde d’un système dont on dénonce la pourriture à longueur de colonnes HTML&amp;nbsp;? Il faut en effet préciser que, comme il vient récemment de l’avouer avec l’absence totale vergogne qui le caractérise et confine à une forme de bêtise – il n’a sans doute pas conscience de tout le piquant de cette révélation -, notre équarrisseur suit actuellement des études de journalisme&amp;nbsp;!&amp;nbsp;!&amp;nbsp;! Profession honnie entre toutes, systématiquement employée en mauvaise part dans la Zonzone, en manière d’attribut intrinsèquement infamant, en tant que suprême suppôt du vain bavardage vilipendé en boucle… A nouveau, on ne peut que constater une &quot;&amp;nbsp;disproportion de l’homme à l’œuvre&amp;nbsp;&quot;, comme&amp;nbsp;celle que&amp;nbsp;déplorait Bernanos au sujet de Claudel, flairant quelque supercherie égotiste chez le &quot;&amp;nbsp;roublard ardennais&amp;nbsp;&quot;…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tranchez la veine truculente et il est fort à parier que notre dissecteur autocongratulé verra diviser par cinq ce nombre de connexions quotidiennes qui lui tient tant à cœur et qu'il agite régulièrement, bouffonnement, en manière d'autogloriole, ou de menace, à l'endroit de ceux qui auraient quelques scrupules à observer strictement le rite d'adoration de son Immense Personne, simples lecteurs mais aussi et surtout journalistes&amp;nbsp;et éditeurs, qu’une &quot;troublante cécité&quot; aura empêché d’apercevoir, planant au-dessus du monceau de viande en décomposition que figurerait la littérature contemporaine (il a lu tous les livres, leur chair lui en fut triste... ), le vautour justicier, le phénix du Verbe au vol altier, l'archange de la mort soi-même...&amp;nbsp;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Cette valetaille n'a&amp;nbsp;donc rien compris à celui qui, derrière le carton-pâte du Faux Infréquentable, du loup carnassier,&amp;nbsp;serait en réalité un authentique mérinos&amp;nbsp;:&amp;nbsp;sa colère, forcément Sainte, ne serait imputable qu’à la pureté d’une âme ulcérée par l’universelle prostitution, le genre pudique qui ne peut aimer qu’en flagellant, les autres mais surtout lui-même bien sûr… Vous savez comme il n'y a que&amp;nbsp;les grands pécheurs&amp;nbsp;pour faire&amp;nbsp;de grands saints&amp;nbsp;! C’est aux récriminations sincères de Job que Yahvé reconnut le disciple fidèle! Comme tout cela est décidément émouvant (voir dans cette veine le commentaire pliant &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Critique-meurt-jeune-Juan-Asensio/dp/2268057925/ref=sr_1_5?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1211208153&amp;amp;sr=1-5&quot;&gt;posté&lt;/a&gt; sur Amazon par un admirateur hagiographe)...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tout familier, tout &lt;i&gt;fréquent&lt;/i&gt; des &quot;&amp;nbsp;Fauves&amp;nbsp;&quot; et des &quot;&amp;nbsp;Fixes&amp;nbsp;&quot; que ronéotype et ventriloque&amp;nbsp;&lt;i&gt;ad nauseam&lt;/i&gt; notre copiste défroqué (les Bloy, Bernanos, De Roux sus-cités), connaît toutefois tout ce qui sépare cruellement la copie des originaux. Le sel polémique vient vite à perdre de son épice. Là où Léon Bloy est toujours surprenant, irrésistible, créateur génial, notre médecin légiste se répète et lasse, à des années-lumière du génie grotesque du mendiant ingrat&amp;nbsp;; là où Bernanos ou Péguy sont d’une droiture absolue, jamais suspects de mesquinerie, l’ambition germano-pratine (à contre-nuit, en creux), la pusillanimité, l’incohérence, la violence gratuite, l’absence visible de noblesse profonde, invalident le discours et le péroreur, le perroquet et son perchoir Web 2.0.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Qu’elle rende hommage, travaille au souvenir de grands défunts – pour peu que l’héritage n’en soit pas capté à des fins de gloire personnelle - , et alors la Zone, sous le vernis cuistre des épithètes choisies selon leur rareté, au-delà de la superstition qui consiste à croire que l’antéposition des adjectifs vaut littérature, et abstractions faites d’une obésité adverbiale ainsi que d’un mécano mal maîtrisé de propositions relatives, la Zone donc, présente un intérêt réel, dont personne ne pourra sensément disconvenir. Qu’en revanche, parmi les vivants, dans la plus pure tradition du Guignol lyonnais, Gnafron tente d’éviscérer un des plus grands écrivains français, Marc-Edouard Nabe, et le procédé vire immanquablement au comique le plus consommé. La source principale du ridicule consistant alors en un passage brutal d’une admiration primitive plutôt enthousiaste à une haine soudaine et éructante, que les quelques réserves modulant le premier avis ne laissaient guère présager... Quelle fut cette fois-ci la part d’intérêt éditorial (Nabe est en procès contre son ancien éditeur* qui lui coupa les vivres, le même précisément que notre larron), de jalousie littéraire ou de simple atavisme de girouette&amp;nbsp;chahutée par les vents tournoyants de l’ego, tourbillonnant autour de son nombril érigé en &lt;i&gt;omphalos&lt;/i&gt;? Nul ne le sait, même pas lui sans doutes. Il suffit toutefois d’ouvrir n’importe quelle page du monumental &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de Nabe pour constater à quel point il est plus de littérature dans la moindre de ses phrases gemmiformes, réellement habitées, d’une élégance et d’une inventivité sans pareilles, que dans l’ensemble relié des poussifs ouvrages de charcuterie littéraire du tâcheron pyrénéen. C’est bien d’ailleurs l’avis de Rémi Soulié qui, apprend-on, doit écrire un article sur le dernier ouvrage de notre ami – attention &quot;&amp;nbsp;en revue&amp;nbsp;&quot;&amp;nbsp;!&amp;nbsp;!&amp;nbsp;! -, et qui dans &lt;a href=&quot;http://www.legrandsouffle.com/revue_presse_eqlr_arnaudG.html&quot;&gt;&quot;Enquête sur le roman&quot;&lt;/a&gt; cite le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de Nabe comme la plus flagrante preuve de survivance de la littérature aujourd’hui. L’auteur des &quot;&amp;nbsp;Châteaux de glace&amp;nbsp;de Dominique de roux&quot; fut aussi le seul de ses pairs à secourir matériellement Nabe, comme celui-ci le divulgue dans la préface à la réédition de son &lt;em&gt;Régal des vermines&lt;/em&gt; au Dilettante, autre œuvre considérable dont l’éreintement dans la Zone, aussi peu convaincant que faiblardement circonstancié, se retourne encore cruellement contre son auteur, régurgité par &quot;&amp;nbsp;la chambre des miracles&amp;nbsp;&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Injuste oui, disais-je donc en préambule, le Stalquère© de prétendre que j‘aurais plus de talent que le drôlatique&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://consanguin.blogspot.com/&quot;&gt;Consanguin&lt;/a&gt;. Non, je ne puis décemment soutenir avoir ne serait-ce qu'autant de talent que ce dernier, dont l’identité reste encore mystérieuse aujourd’hui, malgré les traficotages d’adresse IP, les atteintes à la vie privée et les gesticulations pseudo-Holmesiennes (au bout de 12.000 signes espaces non-compris on comprend qu’il ne dispose toujours d’aucune information concrète…) du lamentable dont l’humiliation est la raison d’être de Frère Scoliose. Lui et sa congrégation firent hurler de rire la blogosphère entière aux dépens du meilleur artisan boucher de France depuis 2004. Les boîtiers de répartition ADSL en résonnent encore. On pouvait – et beaucoup l’étaient – ne pas être d’accord avec les parodies ouvertement outrancières de la confrérie, stratégiquement caricaturales, fallacieusement manichéennes. On ne pouvait pas résister au talent incendiaire de ses plumes acides. Portant leurs piques au plus douloureux, s’appuyant sur une observation extralucide du personnage et de ses travers (auto glorification grossière digne d’un &lt;a href=&quot;http://fr.youtube.com/watch?v=GJ7Xl0ZM_Ls&amp;amp;feature=related&quot;&gt;rappeur&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.zshare.net/audio/1716414dd32222/&quot;&gt;turkmène&lt;/a&gt;, style souvent prétentieux, parfois illisible, name-dropping pathologique en guise d’érudition, colères enfantines, menaces physiques, vains et criards moulinets… ), équipé d’une puissance de feu capable de rivaliser avec l’artillerie balourde de leur adversaire désigné, l’Ordre secret mitrailla une salve d’encycliques corrosives, assassines, à un rythme d’abord soutenu, puis très vite&amp;nbsp;irrégulier, pour aboutir aujourd’hui au silence monacal, à moins qu’il ne s’agisse là de l’immobilité du phasme… Toujours est il que la colère du ridiculisé, de l’assommeur assommé, fut à la mesure de la charge essuyée. Au point que celui-ci conçut sans rire de poursuivre en justice ses bourreaux! Cela paraît dément, mais est strictement véridique. Lui qui a fait profession de démantibuler, d’occire, de défenestrer, sous prétexte de mission au service d’un Verbe qu’il utilise bien plutôt&amp;nbsp;au sien&amp;nbsp;propre, lui qui ne distingue jamais les idées qu’il bat en brèche des personnes qu’il insulte – celles-ci le méritent souvent, reconnaissons-le -, dans le plus total irrespect, animé de la volonté de blesser et de salir publiquement, voilà qu’à la première incartade sérieuse sur ses plates-bandes, il court chez le baveux… C’est petit. Pas très fair-play. Pas chevaleresque du tout. Zéro panache. Oméga plus l’infini de manque d’humour…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Qu’il sache en tout cas que, disposant ou non de mon identité réelle, il ne m’impressionne guère. Pas plus que la cohorte de ses sbires hypnotisés qui peuvent bien venir déposer ici et maintenant les derrières crottés de leur allégeance.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Sirupeusement et plutôt exotériquement vôtre, pour cette fois, me semble-t-il...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;*Trouvé &lt;a href=&quot;http://marc-edouard-nabe.forumactif.com/actualites-f2/definitivement-indisponible-t651.htm&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;&quot;Le procès en question, c'est celui intenté par Nabe aux nouveaux propriétaires du Rocher suite à la suppression de sa mensualité, de son téléphone portable de société, etc. (J'abrège, cela a déjà été dit sur ce forum).&lt;br /&gt; Par contre je ne sais pas si la raison exacte de l'animosité de Pierre-Guillaume de Roux, directeur littéraire du Rocher, contre Nabe a été donnée. Le fils du grand écrivain a vu rouge en lisant dans le Journal de Nabe ce qu'il considère comme une grave indiscrétion sur sa vie de famille. Il n'a rien pu contre Nabe tant que Jean-Paul Bertrand le protégeait, mais lui a coupé les vivres dès la vente du Rocher au groupe Fabre (suivie, comme on sait, par le rachat par Gallimard du tiers des actions)&quot;.&lt;/em&gt; &lt;!-- google_ad_section_end --&gt;&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2008/04/07/carmagnole-macabre.html</guid>
                <title>Carmagnole Macabre</title>
                <link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2008/04/07/carmagnole-macabre.html</link>
                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Féérie Mécanique</category>
                                                <pubDate>Mon, 07 Apr 2008 09:31:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/00/1343799684.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-945495&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/00/877244388.jpg&quot; alt=&quot;1343799684.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-945495&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Isidore longeait maintenant l’église de Saint-Germain-des-Prés à la hauteur de cet angle de ruines attenant au vide, laissé par la destruction de l’ancienne prison de l’Abbaye que signalent aujourd’hui encore quelques moellons disloqués. La mousse sur la pierre y semble comme enflée, ombrée par le sang qui ruissela abondamment lors des massacres de septembre 1792. En pratiquant mentalement une coupe longitudinale, l’on peut constater qu’il correspond à l’autel. Comme sur le pavé de la Place de la Concorde, la coagulation n’est jamais parvenue à son terme, et le guetteur des Siècles, embusqué sous les arcades de la rue de Rivoli, dont le regard acerbe luit dérobé derrière les grilles du Jardin des tuileries, dont le rire tonne sous cape, sait de quoi retournent ces chutes inopinées de corps grotesques qui s’observent parfois sur le pavé glissant de l’esplanade plantée d’un dard pharaonique… Il voit quels gisants soudainement ressuscitent de leur sommeil de pierre, et par quels fils invisibles sont agitées les marionnettes amnésiques… Un sarcasme à particule… Un hoquet à jabot… La raillerie bruyante d’une guillotine dont le grincement fuit amplifié le long des décennies écoulées, sans discontinuer, écho croissant brisé en de monstrueux tessons de rire…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1958973313.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce parcours, qui à grandes enjambées ramenait Isidore de la rue de Rennes au boulevard Saint-Germain, pour le rapprocher de la rue Visconti où il logeait, selon des formules aléatoires empruntant autant au caprice des vents qu’à l’inclinaison d’un arbre, à la courbure des bâtiments anamorphosés par les flaques qu’à la voussure de l’espace-temps, lui était quotidien. Et si pendant un temps, certains détails lui étaient apparus plus nettement, découpés dans la clarté hivernale mêlée de bourrasque ensoleillée – plusieurs continuaient toutefois de jaillir à sa vue, anticipés quelques mètres avant que d’apparaître, comme ce dragon forgé au surplomb de l’aile droite d’un square au nom de diplomate uruguayen -, la plus grande partie du paysage s’avérait érodée par l’habitude, stagnant à demi effacée dans l’arrière-plan trouble, tapi dans la possible résurgence, au hasard objectif d’une sollicitation incidente, d’une oscillation ardente… La familiarité a de ces conséquences cinétiques, elle égalise le pas, bien qu’une absolue indifférence aux contingences autorise également une meilleure réactivité aux soubresauts internes. Aussi Isidore fut-il surpris de voir son pas ralentir en dépit de son vouloir… Lorsqu’il se réveillerait quelques instants plus tard, sonné par l’événement qui venait de l’assaillir, il tiendrait ce soudain ralentissement pour une prescience, l’éblouissement circulaire d’un phare posté dans le lointain de son paysage intérieur... Au moment même où sa fugue était ainsi, non seulement freinée, mais encore déviée vers la grille qu’il frôlait alors, une scène de grande barabarie vint en effet brusquement envahir et affoler son champ de vision… Depuis le porche latéral, des hommes et des femmes hurlant d’effroi, étaient jetés dans la cour de l’église au milieu de laquelle se dressait un monticule formé par l’empilement de leurs vêtements&amp;nbsp;; les corps nus, écorchés, sanguinolents, ricochaient de sabres en baïonnettes, sur les lames effilées que pointaient des gardes en uniformes dépareillés, décrivant le cercle qui les gardait captifs, voués à l’immolation… L’hallucination était muette – contrairement à celles qui allaient se succéder, au cours d’une journée placée sous le signe de la vision -, et l’expression d’horreur sur les visages n’en gagnait que plus de précision et de volume… Là commença une phase une phase d’altération violente du réel, Paris devenant un carrousel maléfique, un kaléidoscope d’effroi… Ces êtres à prendre subitement corps, ces cris à venir tout à coup surimprimer le fonds sonore de la ville, ces teintes nouvelles et infernales à graver la capitale à l’acide nitrique d’un Méryon, étaient-ils prélevés sur une réalité non moins cachée que vivace, ou bien n’étaient-ils que le fruit d’une illusion, imputable au détraquement personnel d’Isidore, ou encore à la malice démoniaque d’une entité agissante&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1958973313.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-945498&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1693455418.jpg&quot; alt=&quot;1958973313.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-945498&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La statue de Danton se rapprochait maintenant, aux abords de l’Odéon, cahotant dans le demi horizon, le visage déformé et beuglant du tribun – le sculpteur officiel avait tenté de muer en sainte fureur laïque la bestialité de son faciès en éructation – exerçait sur lui une telle fascination hypnotique que, de la fixité de son regard découlait l’impression vive que la silhouette de pierre se déplaçait à sa rencontre… L’index que celle-ci pointait indéniablement à son intention était lourde de griefs…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’entrée sur sa gauche du passage Cour du commerce&amp;nbsp;Saint-André - là même où Danton avait logé dans un appartement de sept pièces - crevait le bâtiment à sa base comme une incartade dans le temps. Isidore s’enfonça dans la venelle pavée. A travers la porte battante du Procope, une cacophonie provenait des salles, il entra et aperçut des citoyens dispersés par groupe de deux ou trois, les uns entonnant de joyeuses ritournelles révolutionnaires à l’attention des autres, compagnons de tablée qui, décapités, ne pouvaient de ce fait ni arborer le bonnet phrygien, ni apporter la réplique… Le crescendo ne connaissait point de&amp;nbsp;station et devenait assourdissant. Il lui sembla distinguer un groupe moins braillard que les autres, en conciliabule au fond de l’estaminet. &quot;&amp;nbsp;Quelques meneurs&amp;nbsp;&quot;, pensa-t-il, &quot;&amp;nbsp;des théoriciens, des comploteurs…&amp;nbsp;&quot;. Il détourna rapidement le regard de peur d’éveiller l’attention et alors que la tavernier s’apprêtait à prendre commande, il fit volte-face et franchit le seuil de l’établissement en sens inverse. Le Passage avait recouvré ses oripeaux modernes, une motocyclette de faible cylindrée coupa la trajectoire d’Isidore, manquant de le chambouler&amp;nbsp;: il était bien rendu à 1989…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/1402669435.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-945507&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/1485148582.jpg&quot; alt=&quot;1402669435.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-945507&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il se sentit gagné par le besoin de fréquenter un rivage, d’être dégrisé par la quiétude des bords de Seine. La rue Mazarine lui permit de toucher prestement le Pont-Neuf. Là il s’attendait à tout, voir les eaux sequanaises s’empourprer du sang des victimes de la Terreur, pleuvoir des salamandres, s’écrouler tous les ponts de Paris sous le châtiment d’un domino providentiel… Il n’en fut rien. Seuls à cet instant les drapeaux oranges de la Samaritaine, vide et borgne comme un vaisseau échoué, paraissaient des flammes ondulant au vent, dardant l’ardeur de leur brasier, fantasmagorie dont il était aisé de se déprendre… Descendant le cours du fleuve par la rive droite qu’il venait d’atteindre, légèrement pacifié, il se faufila entre les piliers de facture classique qui ceignent l’entrée de la Cour carrée du Louvre et téléportent le passant en un oasis de paix, sauf du tumulte parisien pour quelques précieux instants. Une mélodie résonnait au loin, sous la voûte opposée qui faisait coulisser les badauds de toutes origines vers la pyramide de verre. Les accents sylvestres, tendrement dionysiaques, de la flûte de Pan, s’entremêlaient aux sinuosités graves et enjouées d’un violoncelle… Isidore pensa aborder là le quai de sérénité, cette sorte d’endroits qui par sortilège, s’étant attirée les bonnes grâces du hasard, combinant l’élection d’un lieu et l’aléa d’un moment, restaurent l’âme vagabonde. Son étonnement fut d’autant plus vif et douloureux, lorsque, assis sur la margelle d’une colonne, il vit, amassée autour de lui, une foule de parisiens visiblement accoutrés à la mode de l’Ancien régime finissant… Avant de s’engouffrer dans la cour suivante qui n’était pas encore devenue musée, il se retourna, distingua quelques riches toilettes… Il crut aussi discerner dans la pénombre où officiait le flûtiste, les traits de l’antique divinité, jouant elle-même de l’instrument dont la mythologie lui attribue la paternité…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/1432893154.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-945508&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/426381425.jpg&quot; alt=&quot;1432893154.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-945508&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une jeune étrangère, japonaise selon toute vraisemblance, s’adressait à lui comme à travers une paroi translucide et déformante… Elle était entourée de plusieurs touristes nippons, tenant colloque dans leur langue, dont Isidore ne connaissait pas le moindre rudiment. Il se découvrit assis sur l’asphalte, adossé au pied d’une des arcades de le rue de Rivoli… &quot;&amp;nbsp;Hé bien mon vieux, on peut dire que vous ne l’avez pas loupée&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&quot;… La voix, celle d’un garçon de café, lui décrit comment, après une course somnambulique, son corps était venu percuté avec fracas l’un des piliers qui soutiennent cette partie des arcades regardant le Jardin des Tuileries… Bafouillant un remerciement, il ne s’attarda pas, refusant poliment le dé de Fine que lui proposait l’homme de l’art et pressa le pas… Dans les allées du Jardin qu’il arpentait maintenant, aux aguets de quelque révolution nouvelle de son environnement, son attention fut attirée par un réseau de bruits métalliques, entrecoupés de rires entendus et de réflexions à voix haute… Il passa la tête entre les deux haies du bosquet d’où émanait l’étrange soliloque… Un automate joueur d’échecs y livrait bataille contre lui-même… Son visage de bois, surmonté d’une perruque grand siècle, au sourire et au regard figés, ne détecta pas tout de suite sa présence… Pétrifié, Isidore observait les pièces se déplacer sur l’échiquier tandis que le pantin, mu par ses mécanismes, continuait de s’esclaffer en commentant la partie… Il tourna brusquement son buste taillé dans l’ébène, fixant ses prunelles de faïence sur le spectateur inattendu… &quot;&amp;nbsp;Mais asseyez-vous donc cher ami&amp;nbsp;! Enfin un adversaire&amp;nbsp;! Me ferez-vous le plaisir d’accepter mon invitation&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&quot;. Isidore s’attabla avec une angoisse que redoubla la remise à zéro bruyante de l’échiquier. Lui-même n’avait jamais excellé en la matière, mais avait tout de même acquis quelques notions en compagnie de son ami serbe, Dragan, avec lequel il accélérait parfois le temps sur les banquettes des tavernes de la Montagne Sainte-Geneviève… La machine inaugura les hostilités, il n’en pouvait aller autrement, les blancs étant rivés à son abdomen, et le dispositif, si ingénieux fût-il, ne semblant pas permettre une interversion des couleurs… Les bibelots glissaient sur la surface vernie… L’automate continuait à ne s’adresser qu’à lui-même, se comportant avec Isidore comme s’il avait été semblablement dépourvu de singularité, sans plus de nerfs qu’une horloge… D’une certaine manière, ce constat le rassura… Jusqu’à ce que les pièces se révélassent sculptées de nouveaux traits… Il reconnut d’abord dans le Roi noir la figure de l’un des fomentateurs de sédition aperçus dans l’arrière-salle du Procope… Sa Reine, toute d’albâtre, saignait du cou… Les pions ennemis ricanaient odieusement… L’allure de son Fou, lorsqu’il empruntait les diagonales, dégingandé et insensiblement penché en avant comme cornaqué par la nouveauté du dehors, ne pouvait que lui rappeler sa propre démarche, élastique et avide, telle qu’il l’apercevait dans les vitrines, un peu honteux de son empressement naïf… Les Tours blanches, les siennes, avaient pris la forme de celles de la Bastille&amp;nbsp;; celle de droite s’émietta lorsqu’il voulut s’en saisir pour aller menacer la Reine de charbon, aux atours de catin babylonienne… L’événement le ramena dans la société de l’automate … Pris de tremblements, celui-ci délirait, réclamait de l’eau-de-vie… Isidore prit congé sous ses quolibets hystériques. Alors qu’il rejoignait l’allée centrale, laissant l’arc de triomphe du carrousel à sa gauche, s'alignant sur&amp;nbsp;l’axe qui trace une perspective depuis le Louvre jusqu’aux reflets crépusculaires de l’Arche de la Défense, il reconnut, sur un piédestal, la traînée royale aperçue sur l’échiquier. Sa transposition statuaire exacerbait sa laideur, ses dents pourries empestaient la vue de qui les regardaient… Un regard dément trouait deux fois son visage ridé comme un céleri… Son vêtement était en lambeaux… Afin de conjurer la vision, et alors que la citoyenne effroyable entamait une carmagnole macabre, Isidore fixa la Grande Roue qui scintillait à l’Ouest. Mais bientôt celle-ci ne fut plus surmontée d’aucune pointe d’Obélisque et, sous l’effet de sa propre rotation incandescente, s’effaça, découvrant une cavité obscure tapissant le fond du champ de vision d’Isidore… Une clameur en provenait, des cris assassins… Au ciel se formait un maelström dont la spirale noire semblait continuer en l’inversant l’office de la Grande Roue, isolant bientôt un œil en son centre, qui plantait son iris dans ceux d’Isidore… La lame d’une guillotine venait de frapper lourdement le billot…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/1957431807.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-945517&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/138140400.jpg&quot; alt=&quot;1957431807.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-945517&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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                <title>Réapparition du O babylonien</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Carnets du Capitaine Ad Hoc</category>
                                                <pubDate>Thu, 06 Mar 2008 08:53:00 +0100</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nous le savons, il y eut le Y. Certes Rimbaud l’exclut de son célèbre poème, le reléguant en deçà des &lt;i&gt;&quot;&amp;nbsp;golfes d’ombre&amp;nbsp;&quot;&lt;/i&gt; de l’A noir et dans la postérité silencieuse du &lt;i&gt;&quot;&amp;nbsp;suprême clairon&amp;nbsp;&quot;&lt;/i&gt; de l’O bleu, cristallisant ainsi au grand jour son éternel drame de voyelle transfuge, jamais tout à fait intégrée à la fratrie des consonnes dont, nous assure toutefois le Trésor de la Langue Françoise et Navarroise, cette lettre a adopté le comportement, inscription nomade. Ainsi, parmi d’autres traits distinctifs qui le désignent comme une parent plus proche du X que du I, l’on constate pour la lettre Y une tendance à ne pas exister en plein, comme c’est le propre d’une voyelle – Rimbaud eût-il pu imaginer un &lt;i&gt;sonnet des consonnes&lt;/i&gt;&amp;nbsp;? - , mais plutôt à titre de cheville entre deux voyelles&amp;nbsp;: elle participe du dessin que tracent les mots dans l’air, plus que de la couleur que ceux-ci y diffusent. Une consonne n’a pas de grain, pas de vibration intime, son for intérieur ne résonne d’aucune couleur. Elle est tout au plus une forme, mais ce sont les voyelles qui, par réflexion, lui infusent une âme. Pour autant, il ne faut pas être injuste avec celles-ci&amp;nbsp;: l’Arthur eût sans doute pu en dire quelques &lt;i&gt;&quot;naissances latentes&amp;nbsp;&quot;&lt;/i&gt;, mais telle fresque de consonnes n’eût pu vraisemblablement se comparer à l’opéra des voyelles, et sans doute se fût alors présenté à nous un défilé de figures filiformes, manières de sculptures de ferraille s’avançant en procession, dévoilant les arcanes de leurs déliés. Des feux non point &amp;nbsp;&lt;i&gt;Bengalis,&lt;/i&gt; mais plutôt durs et noirs comme la lave séchée, celle qui sert de fusain aux victimes des éruptions volcaniques pour écrire leurs noms dans la mémoire des esprits fissurées, qu’une secret magnétisme a menés aux bords endormis des montagnes de souffre. Le B bedonnerait ainsi sa double rondeur, expliquant peut-être pourquoi sa partie supérieure est plus petite… Le T éluciderait aussi sans doute la raison qui le pousse à tenir ainsi éternellement levés ses deux bras à quatre-vingt-dix degrés chacun le long de son tronc… Est-ce une pénitence brahmanique&amp;nbsp;? Le plateau ainsi façonné a-t-il pour vocation d’accueillir un stylite&amp;nbsp;? Curieusement, les consonnes semblent frappées du sceau honteux de l’utilité… Il est possible que l’humilité à laquelle la roture les incline – les consonnes semblent en effet toujours de profil alors que les voyelles de face -, convoque à leur suite une poésie interlope, née des noces enivrées de l’humour et du verbe. Ainsi on se souvient que Ramon Gomez de la Serna, le génial, prétendait que le T susnommé &lt;i&gt;&quot;&amp;nbsp;réclame des fils télégraphiques&amp;nbsp;&quot;&lt;/i&gt;…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Est-ce en vertu d’une douceur hellène qu’après le Y, pour revenir à lui, il ne se connaît pas d’élision, si l’on veut bien s’en remettre à nouveau au Trésor de la Langue Françoise et Navarroise? Comment se trouve-t-il en effet que contrairement à d’autres lettres, l’Y, lorsqu’il apparaît dans un mot, ne survive pas de la mort d’un congénère… Serait-ce une même absence d’instinct de prédation, portée à son paroxysme, qui expliquerait la disparition absolue de certaines lettres, que seule une miraculeuse conjonction d’éléments permet aujourd’hui de constater? Quoi qu’il en soit, le Y a survécu, en dépit de sa bâtardise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce ne fut pas le cas, comme on le sait, du &lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;, le O Babylonien. Voici cependant que depuis l’expédition de notre éminent confrère le Bar&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; n Von &lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;tto et l’exhumati&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;n d’inestimables manuscrits de la glèbe de l’antique Babylone, sous l’actuelle Bagdad, du tréfonds des siècles, ce caractère resurgit du s&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;mmeil linguistique et nous p&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; uvons constater que, dés&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; rmais, il ne cesse de reprendre la place qui aurait du être la sienne, si les armées de Nab&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; baldassar n’avaient pas été défaites, perdant ainsi t&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; ute emprise culturelle sur les aires Mésop&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; tamiennes et Méditerranéennes… Déjà, selon le témoignage de nombreux bibliothécaires, des milliers d’&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;uvrages, à commencer par les plus anciens, commencent à p&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;rter le stigmate et voient le remplacement progressif du O par le &lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;, comme un lierre s’emparant d’un vieux mur…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Si tout p&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; rte à croire que la relation entre le I grec et le I tout court est de pure complaisance, équivalent linguistique des pavillons maritimes de même nationalité, misérable supercherie, il n’en va pas de même de ce &lt;i&gt;O&lt;/i&gt;, dont l’évolution évoque le mouvement oscillant d’une bulle de savon, au moment notamment où celle-ci se double. Il entretiendrait une réelle quoique trouble filiation avec le &lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; ... Celui-ci serait l’ancêtre à la descendance usurpée, qui eût du régner sans les funestes manœuvres d’un cousin fél&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; n ayant soumis les p&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; pulati&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; ns alphabétiques, parvenant semble-t-il à c&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; ntenir s&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; n parent héritier légitime h&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; rs des fr&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt; ntières...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les pr&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;chaines missives du Bar&lt;font face=&quot;Symbol&quot;&gt;q&lt;/font&gt;n devraient être riches d’enseignement quant à ces différents aspects…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Sur les toits</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Ecrevisses de lune</category>
                                                <pubDate>Mon, 10 Dec 2007 00:05:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/f430c6b19403dc2f996563984b062c89.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/5a7aab7383ca8c616a9269a963b271b0.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-712309&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/01/088c656f350790e55bc4af7baaf51217.jpg&quot; alt=&quot;5a7aab7383ca8c616a9269a963b271b0.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-712309&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;J’ai élu domicile en apesanteur, sur les toits de la ville. Je me souviens de ce jour où je grimpai les escaliers se dérobant vers le ciel depuis le pallier de ma mansarde. Je progressai le visage tendu vers les nuages &lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;fakirs&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;,&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; &lt;font face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;découpés dans l’encadrement de la trappe pratiquée à même la tôle de l’appentis. Mon esprit avait souvent divagué au plafond de la pièce unique de mon appartement, usant de sa diagonale comme d’une rampe de lancement, les imaginations ricochant aux murs, trampolines verticaux... Je vis désormais de ce côté du miroir où l’on s’aperçoit qu’il est sans tain et que l’on a été longtemps la proie de regards inconnus. Ma vue se perd à scruter la mer de tuiles grises qui ondule et éclate, ici et là, à la manière d’écailles, dans l’argent bleuté d’un reflet d’eau de pluie. Les oiseaux, compatriotes apatrides, copeaux de vent, tournent comme des derviches, à heures irrégulières, jaillissant selon un ordonnancement précis, tournoyant comme des soleils d’artifice, pleurant des flammèches comme le font les débris d’étoiles...&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;J’ai gardé une attention pour le sol, pour le niveau de la mer. Souvent, je ne baisse pas les yeux volontairement, mais c’est un bruit, l’écho d’une existence humaine, la résonance du métal ou du béton, qui réorientent mon regard vers les rues. Je ne peux pas dire que la nostalgie ne m’étreint pas alors. J’ai des souvenirs, parfois il me semble reconnaître des silhouettes, dont le dessin, bien qu’altéré par la distance, vient épouser la forme de certaines ombres mouvantes qui animent la tapisserie floue ma mémoire. Certes, quelle que fût ma solitude lorsque je vivais arrimé à l’asphalte, au cadastre, l’horizontalité n’était pas dépourvue de sortilèges. Mais il n’y a que là-haut que la beauté, l’invisible, l’inédit puissent refluer à leur juste diapason, comme si le coin de toit que j’occupe figurait un point d’intersection, la pointe effilée d’un entonnoir. Posté face au grand large des nuages qui grondent leurs élans à venir – cela s’observe à un léger tremblement périphérique - , je devine l’instant où ils vont s’élever, déferler et battre le rivage crénelé que dessine la ligne des faîtes. Car je n’oublie pas que pour occuper une station avancée, je n’appartiens pas pour autant au ciel et que tout en moi signe l’extraction terrestre. Je ne suis qu’une estafette, &amp;nbsp;les ailes immatérielles qui m’ont poussé aux&amp;nbsp;épaules n’ont pas pour vocation de me mener au-delà de l’orée du ciel, mais seulement de me placer au seuil du gouffre inverse et bleu. Dès lors, ce sont les marées indigos, le déluge des visions, la cascade des enchantements, la distillation sidérale…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;Lorsque j’ai bu assez de reflets bleus, je pars arpenter la surface accidentée des toits. Il y a des moments de plaines, brisés par le départ soudain d’une pente, puis l’on retombe plus bas, et l’on franchit une succession d’ombres pareilles à des dunes… J’aperçois au loin certaines constructions verticales, tours, campaniles, clochers, pylônes, avec qui, en définitive, nous fomentons une manière de conspiration. Ils ébrouent leur lumière dans un halo permanent qui désigne l'office de vigie et de courroie céleste.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/8b111899a9d5fbb09e351d3f481dccf0.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-712307&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/3bc68c00ed944ad77be0e5f5b3e36e2b.jpg&quot; alt=&quot;8b111899a9d5fbb09e351d3f481dccf0.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-712307&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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                <title>Visiter Venise le jour de son engloutissement</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                                <category>Ecrevisses de lune</category>
                                                <pubDate>Sat, 10 Nov 2007 23:05:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/f101786f7062426de84b9e9c7ae3127c.jpeg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-656426&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/9ff710fb1951ce4bbd39520700ba88ec.jpeg&quot; alt=&quot;f101786f7062426de84b9e9c7ae3127c.jpeg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-656426&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;Tout craqua, et si n’avait été un chuchotement de fissure s’étendant à toutes les fondations de la ville navire, fracas&amp;nbsp;mat et léger de porcelaine brisée, l’on n’aurait peut-être rien entendu mais seulement observé la chute lente des palais dans l’onde... J’étais installé à l’arrière d’un &lt;i&gt;vaporetto&lt;/i&gt;, gondole motorisée à la proue amputée de ses arabesques comme sa poupe l’était de nautonier vocalisant. Le pilote qui, par son mutisme, m’assurait l’économie d’un exotisme de stuc – bien qu’ici, cela a été dit maintes fois, mais force nous est de le répéter, le masque est devenu visage et la profusion de planchers en apesanteur vouées à l’illusion prodigue à la réalité un reflet d’artifice qui n’est pourtant rien d’autre que sa vérité la plus authentique - avait perdu de sa sereine… Il brisa le cachet de sa discrétion, projeta ses genoux au sol de l’embarcation, seule terre ferme à subsister alentour - ainsi que la faune éparse des nefs qui arpentaient les eaux distillées par les canaux - et sanglota, augmentant le déluge environnant de larmes noires. Certains des esquifs chaviraient déjà sous la poussée de la houle… Notre barque fut assujettie à son tour, avec tant de déchaînement que nous croyions &lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;rejoindre les bâtisses qui s’abîmaient autour de nous… Mon capitaine fracassé actionna sa machinerie et nous fûmes soudain à louvoyer entre les vagues sismiques se dressant de bâbord et de tribord… Le spectacle de tant de beauté ancienne à se précipiter ainsi était hypnotique, et je n’en pouvais détacher mon regard… Le Palais des Doges émergeait encore, mais la diagonale qui s’admire depuis le Grand Canal, au-dessus de laquelle les nuages déploient leur fantasmagorie, était rompue… Les lions de la Place Saint-Marc – elle-même crevassée - avaient été parmi les premiers à être engloutis, dépourvus du secours de leurs ailes… Le terme de lenteur ne qualifie pas avec justesse la vitesse avec laquelle la pierre s’engloutissait… Le tempo rythmant notre banqueroute était situé au point précis qui précède l’inertie...&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des pans entiers de façades, en surplomb des canaux, se fissuraient, comme une mosaïque s’écaille, comme un lépreux voit ses chairs s’arracher par lambeaux… Les vitres explosaient sous la constriction des croisées… Le labyrinthe de canaux se disloquait de toutes parts&amp;nbsp;; parfois nous passions en vue des voûtes et nombreux passages qui foraient l’ancienne Venise d’un réseau de ruelles&amp;nbsp;; nous contemplions leurs parois s’écrouler à la manière de jeux de construction, en une sarabande irréelle et décomposée de chutes, de convulsions organiques… La ville semblait un gigantesque monstre marin, parvenu au dernier terme, dont on entendait se pulvériser le squelette de verre, gémir sourdement selon un écho lointain que tamisait les eaux, plainte longue, presqu’inaudible…&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/00/d3138275beb6daec342d4b2f8358757b.jpeg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-656429&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/00/f597cc5c0b18630742b80d1297eb022a.jpeg&quot; alt=&quot;d3138275beb6daec342d4b2f8358757b.jpeg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-656429&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ce requiem étouffé, où les cris s&amp;nbsp;‘étaient figés sur les faces humaines, le rêve sur pilotis s’effaçait à la vitesse des nuages dans les vitres incendiées où la nuée semble avaler verticalement la ville, par morceaux, pierre après pierre… Dans ce reflet de vitraux innervés par le sang du jour, dans les éclats de ce kaléidoscope d’effroi, ce n’est plus à présent une noyade qui fractionne son mouvement, mais une ascension, une spirale qui emporte le passé et la foule des visages…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les ponts sont nombreux à être fracturés par le mouvement tectonique, bientôt ils le seront tous… Et voici que le Rialto vient de céder et d’aller peut-être reconstituer son équerre irrégulière, à l’inverse, dans les soubassements de la lagune… Nous le suivons, son tourbillon nous entraîne à sa suite, dans un sillon mouvant… Le corps du nautonier s’éloigne du mien, happé par un courant froid, son corps ondulant et semblant se déchirer à mesure qu’il est oblitéré par la nuit marine…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot; face=&quot;Tahoma&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quant à moi, je ne sais pas, aujourd’hui encore, de quel matériau fut façonné le scaphandrier&amp;nbsp;qui me laissa indemne…&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;em&gt;A lire,&amp;nbsp; en son riche&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&quot;Cabinet de curiosités&quot;&lt;em&gt;,&lt;/em&gt;&lt;/font&gt; &lt;a href=&quot;http://blog.france2.fr/cabinet-de-curiosites/index.php/2007/10/14/60201-hommage-a-lovecraft&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#FF9900&quot;&gt;une nouvelle d'Eric Poindron,&amp;nbsp;en forme d'hommage à Lovecraft&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#FF9900&quot;&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/3a2ad19270b31d9af6ecac5b671a3a19.jpeg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/207429a1b2071cf42ba142769a956d81.jpeg&quot; alt=&quot;3a2ad19270b31d9af6ecac5b671a3a19.jpeg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-657192&quot; name=&quot;media-657192&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2007/06/10/fragments-d-une-correspondance-du-pays-d-enfance.html</guid>
                <title>Fragments d'une correspondance du Pays d'Enfance</title>
                <link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2007/06/10/fragments-d-une-correspondance-du-pays-d-enfance.html</link>
                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
                                <pubDate>Sun, 10 Jun 2007 12:55:00 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; Texte paru dans la Presse Littéraire n° 9 de Maître Joseph Vebret qui,&amp;nbsp; j'espère, ne me donnera pas du marteau pour avoir mis en ligne ce texte quelques jours avant la parution de la &lt;a href=&quot;http://www.vebret.com/actualite/&quot;&gt;dizième livraison consacrée à René Char&lt;/a&gt;...&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/e79527d79c4e8c78b67bec3580b06e3b.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/18a63a20585c9341585c5fe6ef89182b.jpg&quot; alt=&quot;e79527d79c4e8c78b67bec3580b06e3b.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;em&gt;« Mon credo en art et en littérature : l'enfance. Arriver à la rendre sans aucune puérilité, avec sa profondeur qui touche les mystères. »&lt;/em&gt; Alain-Fournier&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Les capelines se dispersèrent comme un vol de passereaux. Le temps était sombre sur Brest et le fer des souliers en cavale fit résonner le pavé dans l’air las de l’hiver... Nul rayon de feu encore à faire luire la pierre humide, à enflammer les porches secrets où percent la bruyère et les hortensias bleus jaunes, à trouer le front épais des nuages sous lequel les marins déchargent les cargos comme s’ils vidaient des cornes d’abondance. Alors que la nuée ardente des écoliers s’est dissipée au gré des boyaux de la vieille ville, une silhouette traîne son ombre. L’étrave de la grande carcasse laisse s’élargir à sa poupe un sillon de ténèbres. Si le chemin n’était en pente, son pas lourd la vouerait à l’immobilité, mais la pente lui fait office de volonté et ses pas la mènent au port où, se résolvant à prévenir la chute nécessaire d’une masse à l’arrêt, elle laisse le dossier d’une chaise en terrasse recueillir son asthénie. Désespoir, chat crevé qu’il s’agit de noyer dans le lointain, derrière les mâts et les voilures. Le sel s’empare de toute chose, pénètre le tissage des vêtements, imbibe les lèvres qui en conçoivent du silence. De sa poche, François tire un carnet à couverture noire, dont il commence à maculer les pages. Sur l’une d’entre elles, il s’emploie à définir les contours d’une île, et par l’ombrage des hachures à signaler l’océan alentour. Le feuillet devient carte, élevant le croquis à la hauteur d’un rêve projeté. L’esprit de l’adolescent désormais s’y complaît, s’y perd longuement, en une longue apnée de silence immobile… La vie semble alors soudain insufflée aux motifs, qui s’élèvent au-dessus du vélin, comme absorbés et rendus à la vie par l’air marin. Des palmes et des lianes poussent aux mâts. De vives couleurs naissent à la robe des goélands, leurs becs se courbent et se teintent d’orangé. Le paysage, à bâbord, enceint non plus un port mais une crique où mouille une jonque aux mâts fracturés. François extrait alors un petit ballot de lettres de la poche de sa veste ; en dénouant le ruban qui les unissait, il libère quelques missives dont les cornes et le grain rogné indiquent assez qu’elles ont été lues à maintes reprises.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; François parcourait régulièrement les lettres qu’Augustin lui adressait depuis que celui-ci avait quitté le vieil continent. Il prélevait sur les longs blocs successifs d’écriture calligraphiée son content de lointain, en inhalait quelques brèves émanations à la manière dont on s’inocule un remède, par violentes bouffées, avec une brusquerie qui disait la quête d’ivresse, le braconnage du souvenir dans la lumière précise dont celui-ci découpe son objet. Puis, imprégné, il chiquait le songe pendant de longues minutes hagardes. Enfin, c’était la bienfaisante amnésie, pareille à celle qui suit la consommation des chairs.&lt;br /&gt; Une âme considérable du temps, aux propositions prophétiques duquel Augustin adhérait pourtant le plus souvent - et qui devait d’ailleurs être également emportée aux premiers jours de la Grande guerre - avait bien pu déclarer que les « pères de famille étaient les derniers aventuriers du monde moderne », il demeura, quant à lui, toujours incapable de s’acquitter de sa vocation de sourcier onirique autrement qu’en délaissant le foyer. Cette fois-ci ce fut le pays même dont il prit congés. Et de se jeter sur les océans, frénétiquement. Ce n’était jamais selon l’ordre chronologique que François replongeait dans la correspondance de son ami. Il piochait au hasard, et ce dernier lui composait un éventail de visions toujours renouvelé.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/01/758cde1ac656b1ddbbeb84fd4a24c017.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/01/82d2036d5cc87a75e427b85eaab073b1.jpg&quot; alt=&quot;758cde1ac656b1ddbbeb84fd4a24c017.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Augustin avait embarqué à Marseille et s’était laissé descendre le long des côtes africaines puis, ayant crocheté le Cap, s’était élancé vers les Indes d’où, au terme d’un séjour de plusieurs semaines, il devait rejoindre les îles du Pacifique sud. Ses lettres, reçues avec régularité, à raison d’une par mois, consignaient autant les paysages fabuleux que les extraordinaires compagnons de voyage. Rien n’atteste de leur réalité bien sûr. Peut-être ne s‘est il agi que d’illusions, de pantomimes, de figures modelées par les nuages dans le crépuscule auxquelles la solitude prolongée du voyageur a prêté vie… Augustin a-t-il été dupe d’un exotisme facile ? Pensait-il réellement qu’à élargir ainsi l’horizon, il accéderait à de nouvelles et mystérieuses demeures ? On se fourvoierait à interpréter ses intentions de la sorte... Lui-même évoque le sujet dans un passage, celui sur lequel, précisément, le regard de François venait de se poser…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;i&gt;&lt;strong&gt;« […] Tu sais bien toi mon cher François, quelle est cette force qui me propulse au-devant de l’inconnu, par les chemins nouveaux&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Ce n’est pas le sortilège de la nouveauté qui m’accapare, je ne suis plus assez naïf – malheureusement - pour méconnaître l’impasse du voyageur se dérobant à lui-même en une mensongère et vaine ivresse. Aux courbes filantes des paysages auront bientôt succédé de nouvelles formes, peut-être plus grandes, plus colorées, plus luxuriantes, les palais des Maharadjahs auront tôt fait oublier les matins de nacre au large de l’Afrique, les divinités nubiennes, que l’on cède à Harar pour le prix de quelques paquets de tabac, affaibli l’attraction des peaux blanches et maternelles de l’Europe, ce divertissement perpétuel ne suffira pas à étancher ma soif de vision, ni celle d’aucun autre authentique pèlerin, je ne le sais que trop. Aussi bien l’aliment que je convoite ne se situe-t-il pas à la surface du monde, il n’est pas même tributaire de l’accident de ses formes, du délié de son langage. Pour une part, mon départ est imputable à la disparition d’Yvonne, certes, je ne peux renier tout à fait ma condition de fugitif… Mais contrairement à ce que put penser sa famille lorsque, pour le temps de cette longue escapade, je leur confiai le sort de notre petite, il n’y eut aucun désespoir dans mon geste. Ce que je guette depuis les bastingages, depuis la corne des continents, au bord des presqu’îles, je l’appelle « enfance » lorsque je suis las de ne parvenir à mieux le nommer. Sans doute est-elle présente en Europe, au fond de quelque vieille boîte à biscuit rouillée, au détour de quelque sentier qui se perd à l’orée d’un bois ; nous-mêmes ne l’avions-nous pas un peu débusqué ? Mais – pourquoi, je l’ignore, cet état de disponibilité, de transparence, l’on ne peut l’exhumer totalement des terres que j‘ai délaissées… L’attraction terrestre semble y être devenue plus forte qu’ailleurs. J’ai besoin d’un pays dont l’horizon et les habitants béent au ciel. J’imagine, qu’en courant ainsi, j’irai assez vite pour rejoindre l’Orient, le dépasser et visiter son envers ; alors, parvenu aux Îles Vierges, là où le monde exulte une jeunesse éternelle, en équilibre permanent entre les rêves dorés des idoles primitives et la caresse des effluves mortelles qui chaque saison neuve viennent prélever leur tribut, je veux espérer qu’en vue de l’archipel, se dressera dans la baie de corail, cette gemme insigne que je traque, immergée des eaux comme une révélation […] ».&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Toutes les lettres d’Augustin n’étaient pas aussi enflammées, ni si abstraites. Quelqu’un d’autre que François eût sans doute éprouvé certaines difficultés à saisir de quoi il en retournait, peut-être même eût-il pris ce langage pour le cryptogramme d’une société secrète. Il y avait assurément un peu de cela... Pour celui qui avait éprouvé le mystère du Domaine sans nom, la chose n’avait pas besoin d’être formulée pour être comprise ; elle ne l’était d’ailleurs pas dans ce dessein mais agissait à la manière d’un chant, d’un ex-voto dont la vocation était autant de garder la mémoire que d’en réactiver l’objet… Augustin écrivait cela, que François lisait, non pour établir ce que tous deux sentaient sans peine au tréfonds de leur poitrine, mais pour le rallumer doucement, comme le combustible nécessaire à la survie de l’âtre.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/2f2291790bdb5612b03ecdf95379b655.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/fa0f735aaaf79a84509cbc187367cf9a.jpg&quot; alt=&quot;2f2291790bdb5612b03ecdf95379b655.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Si, lorsqu’il toucha enfin à la destination qu’il s’était fixé, à savoir l’archipel de Samoa, Augustin ne vit pas émerger l’Eden qu’il poursuivait, le premier être qu’il aperçut semblait ne pas complètement appartenir à l’ici-bas. Il n’était pas un indigène celui qui devait condenser toute la charge de rêveries accumulée depuis son départ de Marseille. Tout l’or des coupoles éclatantes dans l’azur, toutes les épices rouges et jaunes qui abrasent l’aube, les cyans et les indigos du crépuscule, les métamorphoses incessantes des nuages, leur chevauchée qui au soir semble la trace d’un invisible galop, tout cela serait rassemblée dans la personne de celui que les habitants de l’île désignaient du nom de « Tusitala », le «conteur d'histoires »…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;« […] François, l’extraordinaire figure qu’il m’a été donné de rencontrer ce jour tant attendu de l’accostage ! Ce pays dans l’exploration duquel, comme tu le sais, mon âme a placé tant d’espérance, je ne peux t’en narrer les inimaginables beautés avant de t’avoir fait le récit de cette rencontre insolite… Cette lettre que tu recevras alors que j’aurai abordé depuis plusieurs semaines et que les nouvelles qu’elle te porte n’auront peut-être même plus cours au moment où elles te parviendront, devait te peindre les réelles merveilles dont le spectacle a préludé à notre arrivée, et sans doute y reviendrai-je, notamment en raison d’un étrange accident de navigation. Mais avant toute chose, je veux donc te décrire quel personnage formidable j’ai trouvé sur la grande plage septentrionale de l’île, qui en est comme la porte naturelle, ramenées qu’y sont les embarcations par les vents nordiques… Alors que nous pénétrions la lagune qu’inaugure une bande sous-marine de corail ombrant légèrement la surface de l’eau, bleue d’enivrante turquoise, je vis s’agiter avec frénésie un corps sur le sable au fonds de la crique. Je crus d’abord à quelque naufragé ivre de joie à la vue de son sauveur. En nous approchant du rivage, nous eûmes confirmation que ces gestes étaient bien de joie, et non point ceux, forcenés, d’un Robinson usé. Tusitala, comme l’appelle les indigènes, m’a raconté plus tard sa propre arrivée. Les habitants de l’île ont vu en sa venue celle du Dieu principal de leur étrange panthéon. La baie en est devenue un lieu sacré, et mon nouvel ami m’assure que je ne dois la vie sauve qu’aux explications qu’il a dispensées aux autochtones et selon lesquelles je représente moi-même une divinité secondaire, dont l’incarnation est toutefois nécessaire à l’achèvement du projet divin… Il faut croire que cette population est naturellement plus clémente que celle qui voulut tuer Cook qu’elle avait identiquement déifié, lorsque celui-ci entreprit de débarquer à nouveau sur les côtes de Tahiti, profanant ainsi le lieu qu’il avait lui-même sanctifié lors de son premier débarquement… Mais laissons là ces détails, voici notre homme : c’est une sorte de personnage qui tient tout ensemble de la gravure de flibustier et de l’homme de lettres, de l’ogre et du barde celte, du grand aristocrate converti au fatalisme mahométan et du génie des mille et une nuits… Il semble tout connaître, il n’est pas, depuis quelques jours que nous nous entretenons tout le long du jour et une partie de la nuit, un sujet philosophique sur lequel il ne m’apporte de nouvelles et fulgurantes lumières, point d’artistes ou scientifiques dont il ne connaisse, quelle qu’en soit la discipline, les œuvres ou les travaux les plus récents… Il porte un éternel uniforme de la marine royale anglaise, une pipe inamovible aux commissures, qui roussit sa longue barbe. Ce n’est que tardivement que je me suis posé la question de sa nationalité… restée sans réponse à ce jour, mystère qui s’étend d’ailleurs à un certain nombre d’autres chapitres, dont le moins épais n’est pas celui du moyen qui l’a mené ici... Point de trace de bateau dans la crique qui est le seul point d’accès de l’île pour une embarcation européenne! Il soutient que les débris de son bateau ont fondu dans l’eau de la baie… Qu’il n’en subsiste pas même une planche m’apparaît pour le moins étrange. Il argue du volume important de son cabinet de lecture et de sa multitude de livres, dont le poids aurait précipité la chute du navire... Il est vrai que pour ce qui est de l’âge, l’homme est étonnamment rétif à toute tentative d’estimation. Trente-cinq ou soixante ans, rien n’est tout à fait improbable… Lorsqu’il se fixe, son regard semble même vieux de plusieurs siècles… Et son équipage ? Qu’en est-il advenu ? Quelles que soient ces zones d’ombre, « Tusitala » semble régner sur le pays secret que je suis venu cherché ici... Sa vigueur mentale, la justesse de sa répartie, sa faculté à assimiler rapidement l’idiome local, confirment aux yeux des Samoans son statut divin. Ils restent le soir en cercle à l’écouter conter de captivantes histoires, qu’il déroule selon un art très sûr, avec une grande inventivité et une formidable intuition du ton et des postures, si bien que les autochtones ne lui laissent pas de répit avant une heure avancée de la nuit, lorsqu’ils ont eu leur saoul de fantaisie, de voyage et de romance… Certaines figures pour nous familières leurs sont d’un exotisme intense, l’évocation de personnages tels que ceux de Don Quichotte ou de Merlin leur procurent ainsi une joie et un étonnement indescriptibles. « Tusitala » m’a parlé de la venue à Samoa de Marcel Schwob, grand conteur lui-même, maître du fantastique, doué d’un verbe poétique de haute tenue, et qui bénéficia pour cette raison d’un prestige semblable au sien auprès des indigènes qui le surnommèrent &lt;a href=&quot;http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://www.larevuedesressources.org/IMG/arton14.jpg&amp;amp;imgrefurl=http://www.larevuedesressources.org/article.php3%3Fid_article%3D14&amp;amp;h=347&amp;amp;w=390&amp;amp;sz=39&amp;amp;hl=fr&amp;amp;start=2&amp;amp;um=1&amp;amp;tbnid=3cZZMtYTw7CSVM:&amp;amp;tbnh=109&amp;amp;tbnw=123&amp;amp;prev=/images%3Fq%3Dtombe%2Bde%2Bstevenson%26svnum%3D10%26um%3D1%26hl%3Dfr&quot;&gt;« Maselo »&lt;/a&gt;. Pour ma part, je vois aussi en lui le gardien d’une dimension cachée… Son empire est invisible, les samoans le savent bien, qui l’ont intronisé… Invisible, il semble lui-même vouloir le rester aux yeux des bateaux de commerce qui viennent régulièrement mouiller dans la baie et à qui je confie ces lettres. Son empressement à m’accueillir en est d’autant plus mystérieux […] ».&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/cec4353a7a96861d0aeea922afd38a8b.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/45a4ffbff8576df2916dc0ed53b2f684.jpg&quot; alt=&quot;cec4353a7a96861d0aeea922afd38a8b.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Aux premiers jours d’intense échange a succédé une période de silence entre les deux hommes, au diapason de la sobriété des indigènes, pour qui la débauche de paroles, hors les veillées de conte, est suspecte. Délaissant pour un temps l’évocation directe de ce personnage fantastique, Augustin revint dans sa lettre suivante sur les conditions inhabituelles qui entourèrent son débarquement sur l’île…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;« […] Ma chimère fut si folle et tenace qu’un désenchantement pouvait m’être fatal, tu ne l’ignores pas. En cas d’échec je ne serai plus qu’une vaisseau fantôme, brinquebalant dans la nuit d’une conscience anéantie… Je vois encore parfois, comme je le vis lors du long voyage, l’ombre d’Yvonne projetée dans la demi obscurité du crépuscule. Un soir, le nom de Frantz s’est spontanément hissé à mes lèvres… « Tusitala » ne m’a pas répondu mais m’a adressé un de ses regards ancestraux… Un autre soir, il m’appela spontanément du nom dont m’avaient baptisé les brahmanes du Gange, « Hamsa », l’oiseau migrateur, identité que pourtant je ne lui avais jamais divulguée, puis il me dit les paroles que ceux-ci me répétaient, selon lesquelles « celui qui voulait accéder à l’autre rive devait méditer encore et encore le vol de l’oiseau ». Dès lors, je ne l’appelais plus que le « Sphinx », un peu par dérision, un peu pour me défendre de cette forme inexplicable de clairvoyance… Enfin, je dois te conter à présent les circonstances intriguantes de mon arrivée à Samoa. Souvent, au cours de notre odyssée, notre embarcation m’a paru proprement ailée. Les jours de grand vent, il semblait que nous volions à quelques centimètres au-dessus des océans… Mais il ne s’agit pas de course, ce n’est pas affaire de rapidité, c’est d’une certaine manière le vol pour le vol, la possession d’un état qui est sans doute plus propre à l’homme que celui de la station terrestre, c’est la volupté d’arpenter les airs… J’étais particulièrement pénétré de cette illusion cette fin d’après-midi où mon guide m’assura par des gestes amples que nous étions tout proches d’accoster… A Colombo, j’avais troqué le Steamer pour une embarcation plus réduite, une jonque à voiles rouges sang de bœuf. Je m’étais également doté de ce copilote local, rompu à la navigation dans l’Océan Pacifique, connaisseur infaillible de ses dangers. Cet homme est d’un naturel silencieux. Il peut te sembler étrange que l’arrivée restât jusqu’à son terme un objet de doute. C’est que cette partie de l’Océan Pacifique n’est rien moins qu’un archipel d’archipels ! Les îles se succèdent les unes aux autres, et à peine le dernière aperçue a-t-elle été engloutie dans le sillage qu’un récif nouveau se découvre, qui laissera lui-même sa place au suivant ! C’en est vertigineux. Figures-toi un immense labyrinthe de courants, de roches et de vents… Cette structure mouvante qui se dérobe à toute volonté de représentation est brisée parfois par le repos d’une plage déserte. Ce qui empêche de succomber tout fait à l’ivresse de cette architecture naturelle, c’est que le regard est toujours porté vers la ligne d’horizon où le ciel rejoint et fond sa substance avec celle de l’Océan. C’est bien cela, que je cherchais, ce pays où hommes et paysages semblent tendre ensemble vers l’azur, afin d’y retrouver la patrie réelle dont la nostalgie déchire la poitrine et laisse un goût de cendre… Les ciels sont d’une variété et d’une splendeur telles que le langage en reste démuni. Il est malaisé de décrire une couleur qui n’existe pas sous nos latitudes… Disons qu’il est un certain bleu qui le soir se rapproche de celui de nos vitraux, ce bleu irréel qui nimbe alors toute chose de grâce, semblable au manteau de la Vierge. On dirait qu’issu d’un bleu commun celui qui se peint ici a été dilué dans le soleil lui-même. Voilà, donc, que je contemplais ainsi l’effusion de ce pigment céleste et ses multiples accidents dans l’éther, l’enroulement de filaments de ouate en petits crochets d’or, et que mon copilote montrait des signes d’exaltation grandissante, lorsqu’un vent violent s’est levé, brusquement, sans autre forme de procès que celle de mugir une complainte, dans laquelle les indigènes voient la mélopée des ancêtres venant affleurer le monde sensible… Mon guide, bien que d’une autre confession, est vulnérable à ces signes ainsi qu’à toute forme supposée de surnaturel et sa vigilance en fut trompée un instant, si bien qu’autant qu’il m’en souvienne, il perdit le contrôle des voiles, or cette distraction fut simultanée d’une rupture du mât de misaine qui nous assomma tous deux... Notre esquif a glissé sur l’eau pendant une période indéterminée, mon sommeil fut peuplé de visions d’angoisse, les démons nocturnes m’avaient jeté sur l’aiguille d’une boussole gigantesque dont j’étais le jouet chahuté, en proie au chaos des éléments… Je rêvais de côtes sans terme, bordées de galions naufragés, de plages jonchées de casques rouillés de conquistador que venait lécher une écume verdâtre… La lumière qui nous tira de notre évanouissement présenta un contraste brutal avec tous ces signes de pourriture. Nous pénétrions la grande baie septentrionale, et l’éclat du soleil fut immédiatement relayé par le corps de « Tusitala », qui se découpait frénétiquement dans le contre-jour. Cette mésaventure sera certes un élément de complication pour le voyage de retour […] ».&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot; style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/f29da821c18d0c688781e6dbfd18aa38.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/02/650645adce2c48282e14b87fd22acc27.jpg&quot; alt=&quot;f29da821c18d0c688781e6dbfd18aa38.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;François avait immédiatement établi un lien entre l’arrivée à Samoa telle que décrite par Augustin et la découverte du Domaine sans nom, dans les deux situations en effet un lieu pétri de songe non seulement naissait des limbes du sommeil mais semblait aussi vouloir protéger son emplacement exact, indocile à toute cartographie, demeurant seul maître de ses hôtes en les privant temporairement de leur lucidité, à la manière d’un dieu antique, afin de les mener lui-même à destination. L’étrangeté devait encore étendre son empire…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;« […]Curieusement, il y avait une requête à laquelle « Tusitala » ne voulait pas accéder et sur laquelle il restait invariablement coi. Elle touchait à la tombe de R.L. Stevenson, qui vint mourir sur cette terre de prédilection. La venue de Marcel Schwob sur cette île était d’ailleurs un pèlerinage sur cette sépulture, ce qui me le rend proche puisqu’en poursuivant le souvenir de Stevenson, c’est aux sources de l’enfance que « Maselo » voulut se retremper, laissant sa femme comme je l’ai fait de ma fille, mu par un même manque fondamental... Je sentais ainsi un profond malaise chez « Tusitala » à chaque fois que j’abordais le sujet, désirant organiser une expédition sur sa tombe, mausolée de sable posté face à l’océan … De par cette parenté que je t’ai dit ressentir aussi bien avec l’univers du grand romancier écossais que l’odyssée de Marcel Schwob sur ses traces, la chose me tenait toujours plus à cœur, au point que je commençais même d’y voir la clef de mon entreprise, son arcane majeur. Pourquoi, penseras-tu, n’y allais-je pas sans mon hôte, dont la compagnie, pour être agréable, n’en était pas moins dispensable ? C’est bien ce que je fis, mais avant cela « Tusitala » agrandit encore la zone de mystère autour de sa personne… L’affaire était en effet sur le point de tourner au conflit lorsque mon « ami », voulant parer à tout affrontement, me proposa enfin de m’accompagner sur la tombe de Stevenson, à la condition préalable, toutefois, que j’acceptasse une entrevue qu’il me proposait pour le soir même, dans le secret de ma propre jonque. Une fois descendus dans la petite cabine, à la lueur d’un candélabre, dans l’écho des clapotis contre la coque, il me fixait quelques minutes en silence, me scrutant de son regard sans fond… Puis il me fit l’extraordinaire confession que voici : il n’était autre que le spectre de Stevenson lui-même ! C’était là le véritable secret de sa remarquable omniscience ainsi que de sa domination sur les populations locales ! Tout en implorant mon pardon pour le caractère tardif de sa confidence, il m’assura que, si je le voulais bien, cela ne changerait rien à notre relation, mais que je pouvais maintenant comprendre pourquoi il n’était aucunement en mesure de m’accompagner sur son propre tombeau… Mon insistance seule l’avait empêché de garder le silence, comme il l’avait souhaité, goûtant l’amitié désintéressée d’un européen ignorant de son état véritable, amitié qu’il espérait voir perdurer… J’éclatais tout d’abord de rire. Cela eut pour effet de dématérialiser « Tusitala »... Le lendemain, au réveil, j’en riais encore mais étais toutefois totalement incapable de savoir si j’avais réellement vécu cette scène, et le doute commença à ronger ma conscience. La fiction et la réalité se disputaient la possession de mon esprit. En effet, soit tout était vrai, comme avaient tendance à le corroborer un certain nombre d’indices, et le silence qui se fit dès lors entre nous au sujet de Stevenson vérifiait son incroyable aveu, soit ce mutisme ne trahissait rien d’autre que la volonté d’ignorer le sujet pour des raison qui continuaient de m’échapper, et dans cette hypothèse, je n’osais élucider franchement la chose, de peur de passer à ses yeux pour un dément […] ».&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; C’était sur ce récit qu’Augustin avait laissé François depuis plusieurs semaines. Que s’était-il passé ? La personnalité de « Tusitala », les mœurs sauvages des indigènes, et l’étrange mésaventure, tout cela, déformé et grossi par l’éloignement, plongeait François dans l’inquiétude. Ce soir, toutefois, un calme mêlé d’excitation le submergeaient doucement. Il avait pris la décision de partir à la recherche d’Augustin, le plus rapidement possible, dès le lendemain, à la première heure. A la récréation du matin, il se glisserait hors de l’école navale puis s’engagerait sur un cargo en partance pour Marseille comme il en partait plusieurs par jour, et à son tour il embrasserait le large, au secours de son ami ! Le jour suivant, il ne trembla pas en effet mais alors que le navire qui l’emmenait quittait la rade, un autre, en provenance de Bordeaux, lui portait une lettre d’Augustin. Celle-ci était courte et disait l’imminence du retour. Elle évoquait aussi le quête de Meaulnes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;i&gt;« François,&lt;br /&gt; Me voici de retour, non point à cause du climat qui éloigna Marcel Schwob de Samoa, mais bien parce que mon séjour touche à sa fin, que sa raison d’être est épuisée. Reviendrai-je glorifié par ce Graal tant convoité de l’enfance retrouvée ? D’une certaine manière. Mais avec la conviction qu’il peut m’accompagner partout maintenant, qu’il ne peut m’être dérobé. Je ne l’ai pas trouvé ni dans la beauté insigne de ces contrées, ni même dans ce rapport primitif et sacré qu’entretiennent ici les hommes avec tout ce qui les entoure. A vrai dire, je crois que j’en ai débusqué les premières lueurs lorsque j’assistais aux récits de « Tusitala ». Je ne sais s’il est l’âme de Stevenson en peine, j’ai préféré ne plus chercher à répondre à cette question qui me portait à la démence - et en quelque sorte cette indécision me montre le danger possible d’une invasion du réel par le songe - mais je suis persuadé que ma voie est celle du conte, voilà le grand moyen, à quoi je vais maintenant accroché mon existence. Je serai en France dans un mois.&lt;br /&gt; Augustin».&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais après tout, qui nous dit que ce sont bien les doigts d’Augustin qui ont tracé ces caractères sur la papier, dont le subterfuge, à la manière d’une encre sympathique, apparaîtra quelque jour à venir, délivré par les marées ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
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                <title>L’Oiseau bâillonné par le vent</title>
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                <author>noreply@ (Amadéo DELDUCA)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 23 May 2007 00:45:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;… où le soir où j’ai vu Joao Gilberto&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;(Pour le &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/djzukry&quot;&gt;DJ&lt;/a&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/00/e3fee8772cada22c9df4267dc70a1e52.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/02/00/66a4776c1eba86893cf2c2bac6f5e351.jpg&quot; alt=&quot;e3fee8772cada22c9df4267dc70a1e52.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un soir de mon adolescence si tardive qu’elle ne s’est pas encore achevée, un crépuscule d’été de ceux dont je chéris la mémoire, qui surgissent de la nuit quotidienne de ma cervelle et me fracturent le myocarde, me mettant l’âme à sac, et alors que le long de quelques instants immobiles se lève le deuil de l’enfance - tout est calme sous les tilleuls qui embaument, nos têtes sont penchées par la vitre arrière de la voiture et boivent l’air qui y coule -, j’ai vu Joao Gilberto dans un jardin public parisien qui fit nocturne pour l’occasion, fin des années quatre-vingts, début quatre-vingt-dix. Véridique. Enfin quand je dis que je l’ai vu, pas tout fait… Ou plutôt, ce n’est bien précisément que cela, vu mais pas entendu… Car voilà qui est en effet sans doute plus stupéfiant encore que de s’être trouvé, presque par hasard, comme ce fut ce soir le cas de la compagnie avec qui je venais d’escalader et enjamber la balustrade de pierre qui enceint le parc des Tuileries, à assister à l’un des deux uniques passages en France du génie vivant de la &lt;a href=&quot;http://bigorno.palindrome.free.fr/papelard/t3/3-3.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Bossa Nova&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;: ne pouvoir l’entendre parce que quitter la tribune d’honneur où ne parvenait pas son chant trop frêle d’oiseau mélancolique – c’est dit-on la raison de sa détestation du concert – serait revenu à se trahir de manière fatale aux yeux des cerbères qui nous cherchaient encore après que nous étions parvenus à échapper à la meute de leurs chiens, dispersés et réfugiés, dans un première phase, sous la tente &lt;i&gt;Heineken&lt;/i&gt; qui coule à flots, et où les jambes cuivrées des bourgeoises se croisaient et se décroisaient dans le chuchotement satiné du Nylon… Nous vîmes quelques ridicules, comme ce débonnaire présentateur TV, incroyablement moustachu, prénommé Groucho ou Chico, je ne sais plus, gainé de cuir et de jean, tombé depuis dans l’oubli comme une &lt;i&gt;Harley-Davidson&lt;/i&gt; dans un ravin… Je ne jurerais pas non plus que je ne vis pas Eddy Mitchell ce soir là…&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/12b5b4dbce9264e47aa8d3a580cff5c7.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/00/02/710c947afed7170932b5bcefdf309a5d.jpg&quot; alt=&quot;12b5b4dbce9264e47aa8d3a580cff5c7.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je n’avais pas alors encore vraiment conscience, dois-je avouer à ma décharge, de l’essence céleste de Joao Gilberto. Pourtant, chez qui, dans quelle soirée n’avais-je pas vu traîner, quelle moquette imbibée de vomis à l’herbe de bison n’avais-je pas vu jonchée de la petite jaquette colorée du disque enregistré avec sa femme Astrud dont la voix solaire contaminée par la &lt;i&gt;Saudade&lt;/i&gt;, distillait un chant étrangement crépusculaire, Stan Getz jouant du thorax, prolongeant son être et le démultipliant par la grâce de sa soufflerie de cuivre tonitruante? Mais depuis notre cage d’or du &lt;i&gt;backstage&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;passaro&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Garrincha&quot;&gt;Garrincha&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de la six cordes, dont les feintes sur la gamme, se dérobant à contre-pied comme son compatriote maître de la boule de cuir, pour être souvent les mêmes à revenir, n’en présentaient que plus de prodige à n’être jamais déjouées, ressemblait à un pantin mimant le jeu de son instrument fantoche… Il jouait en &lt;em&gt;play-back&lt;/em&gt; malgré lui (et la feinte de corps – celle qui fit la spécificité glorieuse du dribble de Garrincha provenait d’un léger handicap à la jambe - n’est-elle pas l’équivalent fou-de-balistique du &lt;em&gt;play-back&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? A cette différence toutefois, admettons-le, que la feinte ne feint que pour mieux&amp;nbsp;ouvrir la voie&amp;nbsp;au geste suivant, qu’elle permet après l’avoir singé en creux,&amp;nbsp; en prétendant son contraire, alors que le &lt;em&gt;play-back&lt;/em&gt; est sans postérité, une illusion, un cul-de-sac… Sauf s’il est involontaire, il prend alors une nouvelle dimension, tragique, semblable au mutisme dont frappe le Ciel dans les gestes sacrées…). Il chantait ainsi sans pouvoir être entendu… Je crois bien me rappeler qu’une bise contraire, désagréablement froide pour la saison, lui faisait ravaler immédiatement des paroles déjà chuintées dans la douleur… Les éléments eux-mêmes lui renvoyaient à la figure sa difficulté à pépier sa mélancolie… Il ne pouvait réellement s’accommoder du plein air, sa musique ne pouvait qu’être de chambre, avec vue sur le &lt;i&gt;Corcovado&lt;/i&gt; peut-être, mais de chambre&amp;nbsp;tout de même ; elle en appelait au clair-obscur, c’est-à-dire à la cloison, à la persienne, quelle qu’elle fût, qui eût préservé le chant de l’oiseau fragile…&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/6164c90ff4d17fc760f529812a63fd84.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/media/01/02/91ceeb25f7cb1f5c880757e8ef80112a.jpg&quot; alt=&quot;6164c90ff4d17fc760f529812a63fd84.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;J’eus tout de même sur le moment l’intuition d’une occasion manquée, même si il semblait que les premiers rangs n’entendaient pas beaucoup plus que nous qui, à la faveur de la dissémination précoce des invités aux quatre coins de la nuit parisienne, commencions, comme de vivants palimpsestes, des encres sympathiques, à réimprimer les plaques sensibles de nos poursuivants tirés par leur féroces molosses... Il était temps de partir, et nous avons du rebrousser le chemin illicite de l’aller, en un discret et gris rebours… Je ne sais plus, le souvenir s’en dissipe comme flouté dans l’ambre dépolie d’une bière… L’oiseau &lt;i&gt;carioca&lt;/i&gt; a du s’éteindre, aller boîter en coulisses, je m’en souviens sans précision, et nous nous sommes à notre tour dispersés comme des passereaux… Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je lus dans un numéro des &lt;i&gt;Rockompus&lt;/i&gt; la nouvelle à fragmentation suivante, l’échine frissonnant de l’électricité des événements qui se révèlent rétrospectivement : j’avais assisté à l’une des deux seules actualisations du mythe de la &lt;em&gt;Nouvelle Vague&lt;/em&gt; sur le sol hexagonal&amp;nbsp;!&amp;nbsp;!&amp;nbsp;! Aux six coins duquel les regrets s’écartèlent... Aujourd’hui il m’en reste juste, dans la chambre noire de ma cervelle, un cliché avorté, une chute de papier argentique révélant grossièrement une ombre approximative, presque psychédélique dans sa faculté à assumer toutes les hypothèses, dans ses contours aléatoires et étoilés… La soirée avait été &lt;i&gt;Bossa&lt;/i&gt; elle-même… J’avais perdu en finale, j’avais débarqué sans carte sur l’Ile de la Tortue,&amp;nbsp; buté distraitement sur le coin du coffre enfoui sans le voir,&amp;nbsp;puis était reparti, aussi inconscient que j’étais venu, j’étais à deux doigts de toucher le Graal, à deux lobes de l’entendre, mais le rythme et la couleur de cet instant avaient été au diapason du chant rouge et or de l’oiseau blessé, saignant sa douleur comme le soleil à l’agonie perfuse le crépuscule d’écarlate.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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