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<title>OrnithOrynque - gerard_-_poeme_apocalyptique_en_prose</title>
<description>«Quand j’entrerai chez Dieu, c’est l’enfant que je fus qui me prendra par la main» BERNANOS</description>
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<title>Gérard (VI) - Sur le fleuve</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2006/02/10/gerard-vi-sur-le-fleuve1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Sat, 11 Feb 2006 00:05:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_seine1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_seine1.jpg&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_seine1.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Je n’avais pas vu tous ces ponts écroulés derrière moi…Ce doit être le salaire de ceux qui courent à l’abîme sans se retourner…Entre les ruines des piliers, parmi les pierres éboulées dans le fleuve comme des îles spontanées, c’est le cadavre du passé qui flotte au fil de l’eau, les lèvres mauves et boursouflées&amp;nbsp;; c’est le spectre des amitiés révolues qui, dolent, dérive. De nombreux voyageurs du temps ont raconté comment, ayant posé le pied sur le quai d’une destination erronée, une attraction irrésistible les empêchait toutefois de le quitter – ils habitent une mythologie où une femme aux prunelles fixes et dilatées figure la destinée…Il y eut bien quelques âmes gratuites à se poser sur le bas-côté, à me héler…Ce sont leurs visages qui maintenant se reflètent, difformes, dans la Seine sur laquelle file ma chaloupe…Echos de la chute de l’Ile Saint-Louis, des tourbillons de dimensions diverses dessinent des spirales dans l’eau, disques affolés…Comme un goémon à la surface, remontent le souvenir d’une figure amie, les instants de cuivre rougis par le crépuscule déflagré, les &lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://fragmentsdegeographiesacree.hautetfort.com/&quot;&gt;minutes philosophales&lt;/a&gt;…Le fleuve est devenu une tapisserie vaste et mouvante, où le temps et la nuit viennent saigner en lettres capitales, bouillonner en une fugitive effervescence, pour éclater enfin comme des bulles d’oubli…Au-dessus des quais que je frôle, à la place même où habituellement l'on voyait les armes que les puissants&amp;nbsp; ont gravé à leur gloire, se forment aujourd'hui des blasons chimériques…Cette héraldique inconnue paraît celle d’une aristocratie à venir, sans morgue, tribu en longue et ancestrale procession, pèlerinage invisible cheminant secrètement sous les siècles…De grands écus donnent l’illusion de tailler leurs formes dans le cristal de l’invisible, de sculpter le silence de la matière, palimpsestes en chapelet…&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le poète damné m’a laissé. Son rire sardonique a été à son tour englouti par les escaliers de la Tour alchimique, j’attrapai pour ma part la première embarcation trouvée au bord du fleuve, violemment agitée encore sous l’effet des remous provoqués par la brutale disparition de l’îlot…De là, luttant contre le désordre du courant, je pus observer ce qu’il restait du pont menant à la Cité&amp;nbsp;: un chicot horizontal, laissant tomber quelques pierres dans une traînée de poussière…Je formai alors le projet de remonter le fleuve, mais, à peine détachée du rivage, la barque fut dangereusement emportée vers le malstrom toujours furieux qui tentait d’attirer à lui quelques ultimes victimes sacrificielles…Je ne parvins à me libérer de cet orbite redoutable qu’au prix d’une lutte violente. Harassé, ayant quitté la zone d’attraction du cyclone, je laissai la barque se fondre dans le courant…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;D’au-delà des quais, la lumière coule et se répand sur l’eau comme un lierre…Soudain l’embarcation est aspirée par une manière de grande&amp;nbsp; bouche de pierre &amp;nbsp;pratiquée dans la paroi qui contient la Seine à son tribord…C’est un boyau sombre qui me sirote et semble vouloir précipiter mon convoi toujours plus&amp;nbsp;en avant du&amp;nbsp;naufrage…Cette lancée frénétique se résout contre toute attente en un mol abordage qui, bien qu’incontrôlé, me laisse en une seule et vaillante pièce, échouée sur un rivage de vase…Mes pas foulent une sorte de limon dont la tendresse fertile me rappelle celui du Delta du Nil…De quel souffle cette boue s’animera-t’elle pour me révéler le secret de cette étrange épopée&amp;nbsp;? Je butte sur la première des trois marches qui me conduisent à un corridor…Au bout de celui-ci, une porte, sur laquelle sont inscrites et se réverbèrent encore quelques lettres métalliques, malgré la suie des années&amp;nbsp;: &quot;&amp;nbsp;Département des Antiquités&amp;nbsp;&quot;…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_seine.jpeg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Gérard (V) - Descente aux catacombes</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/12/30/gerard-v-descente-aux-catacombes.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Fri, 30 Dec 2005 22:15:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_giraud.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_sous_l_odeon.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_sous_l_odeon.jpg&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_sous_l_odeon.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Le magnétisme de l’ombre m’entraîne invinciblement à sa suite, sous les premiers copeaux de la croûte terrestre. Nous sommes relégués à une dizaine de mètres du sol parisien, où, de manière lointaine l’on entend encore le talon intermittent des chaussures faire vibrer sourdement les grilles, l’instant d’un entrechat,&amp;nbsp; où une silhouette passante recouvre alors la vie des catacombes d’un linceul de noir profond ; puis l’œil de la terre cligne – les plaques aux barreaux de laitons sont les pupilles de la ville - pour se rouvrir sur la pénombre dominante, plantée à son faîte d’une raie de lumière, stridente comme un énervement de grandes orgues. Le vaste complexe de galeries creusées dans le calcaire compose un véritable arrondissement occulte dont la cartographie, office de monstre ou de héros mythologiques, a été dressée à la mesure des avancées de quelques explorateurs chthoniens. Les trois cents kilomètres de couloirs se distribuent ainsi selon différentes caractéristiques géologiques qu’évoquent éloquemment leurs noms&amp;nbsp;: cirques, carrières, étangs, clairières…On croirait parfois, à consulter le plan &lt;em&gt;&lt;a class=&quot;undefined&quot; href=&quot;http://membres.lycos.fr/houze/francais/plans.html&quot;&gt;Giraud&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; - fruit en question du labeur combiné des agents de la corporation créée par Louis XVI et des passagers clandestins des carrières de calcaire perforées- compulser quelque portulan lunaire plutôt que la radiographie des circuits nerveux de la ville. Nous arpentons la partie la plus étendue du réseau qui parcourt à elle seule une centaine de kilomètres, le &quot;&amp;nbsp;grand réseau sud&amp;nbsp;&quot; où les galeries s’étagent parfois sur plusieurs niveaux, manière de labyrinthe vertical, où la dimension haute se serait tant et tant démultipliée qu’elle aurait fini par ouvrir sur la quatrième, en forcer le diaphragme, forant un peu d’invisible…Plus aucune lumière ne filtre désormais dans la course où m’entraîne le poète au vêtement d’obsidienne&amp;nbsp;; les sons, ceux de l’humidité enfilant des perles d’eau croupie que recueillent de saumâtres flaques, sont devenus mats. L’homme pétri de ténèbres déclame parfois le nom d’un endroit pittoresque lorsque nous y touchons, à moins qu’il ne les baptise, renouvelant peut-être ainsi la topographie souterraine à chacun de ses passages – n’oublions qu’il est ici maître en son domaine, et qu’il tire son ascendant du pouvoir dévoyé d’un verbe puissant…Il assortit chacun de ses exercices d’onomastique d’un boniment qui m’est tout spécialement destiné. &quot;&amp;nbsp;A ta droite Gérard, l’étang d’&lt;em&gt;Isis&lt;/em&gt; où ses prêtres recevaient l’initiation et sacrifiaient à son culte, on y a retrouvé nombre d’ossements humains…Mais tu n’ignores pas cela, féru que tu es des civilisations disparues&amp;nbsp;! Pour toi aujourd’hui nous doterons l’endroit du nom neuf d’&amp;nbsp;&quot;&amp;nbsp;Etang des noyés de la Nef&amp;nbsp;&quot;&amp;nbsp;! Cela te convient-il&amp;nbsp;?&amp;nbsp;A gauche, admire cette stèle funéraire à la mémoire de cet explorateur - un curieux comme toi - retrouvé onze après on égarement fatal...&quot;. Et de partir d’un grand rire sardonique…Nous fraisons ainsi l’espace, tournons le temps friable, les murs se rapprochent, les plafonds s’abaissent…Nous parvenons à une sorte de croisement, il nous faut descendre d’un degré encore. Là, par une trappe, nous arrivons dans une grande pièce dont le regard domine immédiatement toute l’étendue, à la manière panoptique dont on saisit l‘ensemble d’une scène lorsqu’on le pénètre un théâtre par une loge en balcon. La pièce est éclairée par des chandelles disposées le long des murs, si bien que les personnages qui me font face n’ont que le bas du visage éclairé et paraissent sans yeux. Leurs uniformes est celui des juges. Ils entament un débat dont, bien que ne possédant la moindre clef de la langue gutturale et secrète dans laquelle il se tient, je comprends être l’objet…L’un d’entre eux se dresse et semble prononcer un réquisitoire à mon encontre, si j’en juge, comme il s’est approché, par ce que j’ai pu distinguer de ses paupières boursouflées par la colère, ses globes bientôt affranchis de leur cavité à force de vouloir m’anéantir, les iris incendiés par une mer de flammes... Le poète assassin siège à ma dextre, la meurtrière ironie n’a pas quitté ses yeux qu’elle illumine des reflets mordorés de l’&lt;em&gt;Hadès&lt;/em&gt;. A m’y laisser circonscrire, perdrais le vouloir et chuterais sans fin, sans doutes...Le moment est venue pour la cour des abysses de prononcer son verdict…Lorsque tout à l’heure nous ne cessions de nous enfoncer toujours plus profondément dans l’humus, je m’apprêtais à surprendre à tout moment les traces d’une vie inversée, d’une existence qui aurait été le négatif précis de celle qui s’écoule avare et muette à la surface, je ne savais de quelle manière exactement, mais un renversement qui eût permis de sucer un peu de moelle essentielle…Mais non pas, rien de tout cela, bien au contraire la nuit s’épaissit comme un nuage d’encre, comme un essaim de sauterelles bibliques, un poulpe a craché son liquide nègre, et me voici aux prises avec une justice inintelligible, homicide, acharnée…&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;1&quot;&gt;Je parviens subrepticement à briser pour un instant les liens de ma captivité, franchit le pas d’une porte basse qui me jette aux pieds d’un colimaçon que j’emprunte avec célérité, dans le vacarme des injonctions de la cour à obtempérer et dans l’écho des souliers ferrés de l’aède maudit…La spirale ascensionnelle de l’escalier laisse passer à nouveau la lumière qui, en raison de la rapidité de ma course, semble jaillir et rebondir sur les murs blancs, figurant une roue lumineuse éclaboussant les photons…Mais la fuite continue, l’escalier ne se dérobe pas…Je gravis les marches d’une tour…Le paysage qui se fait jour et se précise maintenant malgré la vitesse, en proportion de l’altitude, m’indique que ces degrés sont ceux de la &lt;em&gt;Tour Saint-Jacques&lt;/em&gt;…Je cogne sur une trappe qui me projette sur la terrasse du monument alchimique, m’agrippant aux griffes d’une gargouille, un cri fend ma poitrine…L’Ile Saint-Louis est effondrée dans les eaux, quelques toits, la flèche de son église surnagent encore avant l’engloutissement total, dans le fracas des métaux et de la pierre, bientôt recouvert par le rire du poète assassin, rire qui semble épouser toutes les courbes du paysage…Il disparaît brusquement, avec les dernières tuiles de l’îlot, rendant Paris au silence… Les nuages dérivent au ciel comme une banquise descellée…&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_toursaint-jacques.3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img style=&quot;border-top-width: 0px; border-left-width: 0px; border-bottom-width: 0px; margin: 0.7em 0px; border-right-width: 0px&quot; alt=&quot;medium_toursaint-jacques.3.jpg&quot; src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_toursaint-jacques.3.2.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_toursaint-jacques.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Gérard (IV) - Le Poète assassin</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/10/17/gerard-iv-le-poete-assassin.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Mon, 17 Oct 2005 21:40:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;&amp;nbsp;Je franchis ainsi le Pont Marie, accompagnant quelques instants encore le trot d’étain du Bourbon inaugural, pour m’en aller traverser toute l’île de la Cité. La tribu fervente des Rois d’Israël à fleur de lys de cathédrale,&amp;nbsp;sculptés au tympan des siècles, scrutèrent ma remontée du parvis et la bénirent du fond de leurs yeux de pierre volubiles, cornées d’ivoire phosphorescent, comme si le temps et les grandes eaux de son cours avaient été cristallisés dans l’explosion figée de la matière, dans&amp;nbsp;une lave durcie, ardente toujours en son foyer, sous la pellicule solide et mensongère d’une durée linéaire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La ruelle qui s’engage à gauche et laisse la nef fluctuante sur sa droite, recelait dès son abord l’augure d’un maléfice. Je pénétrai ainsi à rebours d’un brouillard charbonneux, habité de particules noirâtres qui enflammaient la gorge et à travers lesquelles je parvins néanmoins à distinguer l’autre île de l’archipel parisien, d’un amarrage provisoire, offrant les signes sempiternels d’une fuite définitive dans le songe, disparition annoncée de toute éternité par une brume d’extraction incertaine qui gomme la précision de son contour, mais non moins invariablement reportée pour des raisons murmurées aux pavillons du silence :&amp;nbsp;notre vacarme interne empêche d’en prendre connaissance, mais nos âme perfusées d’invisible, aux oreilles innombrables, conjecturent ici quelque délai de charité&amp;nbsp;: lorsqu’une aube scintillante de décembre révélera le congé insulaire, les heures de la nef auront bientôt épuisé le cadran, et nul doute alors que celle-ci sombrera à son tour...Pour l’heur, ce que j’aperçois de l’île Saint-Louis est pour le moins effrayant. Elle continue d’émerger à la surface de la Seine, mais son onirique halo est corrompu par l’obscurité… L’îlot magnétique semble touché par la peste. Depuis le pont aux bastingages duquel je me cramponne maintenant, il figure un monstre marin frappé par la lèpre, le corps piqué par une multitude de souillures et maculé de tâches sombres... Sous l’effet du mal énigmatique, l’antique pierre montmartroise où sont venus s’incarner les rêves que sont ces demeures flottantes, s’arrache par lambeaux et jonche rues et venelles, aussi loin que ce sinistre spectacle se laisse observer…&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_callot.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/images/medium_callot.3.jpg&quot; alt=&quot;medium_callot.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il me sembla pénétrer une eau-forte de Jacques Callot, projeté dans les noirs et les blancs d’une gravure du Paris médiéval, parmi tous les dégradés de gris que peut compter un tel univers où la couleur n’a plus cours. A gauche, par delà la pointe occidentale de l’île qui le séparait de la rive droite de la ville, le regard ne pouvait qu’être saisi par la flamme noire d’un drapeau crépitant au vent maudit, au sommet de la plus haute construction parmi celles bordant la Seine, semblant ainsi signaler l’empire en expansion de ce haut mal, oriflamme de malédiction conquérante. Cette atmosphère entraînait le pas à s’accélérer et l’on ne pouvait très longtemps comprimer un déplacement rapide. Les habitations semblaient pour la plupart abandonnées, façades crevées par de noires béances borgnes, portes cochères défoncées par ce sortilège innomé&amp;nbsp;; parfois dans le mouvement précipité de la course, le foulard en défense des voies respiratoires, j’apercevais des silhouettes se dérober sous les porches…&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;A l’entrée de l’un de ces passages perpendiculaires à l'axe principal, l’ombre hiératique d’un homme, que l’épidémie des forces nocturnes ne semblait pas troubler, se détacha brusquement d’un nuage de fumée noire. Il était assis et, à ma vue, il a commencé à m’asséner des injures :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;- &quot;&amp;nbsp;Cacatoès ! Ventriloque&amp;nbsp;! Deuxième démarque de Cassandre ! Haruspice de brocante&amp;nbsp;!&amp;nbsp;Pythie d’usurpation&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&quot;,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;ainsi me récusait-il,&amp;nbsp;avec une violence dont j’ignorai le motif. La figure du poète assassin n’était toutefois pas inconnue du&amp;nbsp;parisien antique que j'étais. Il était l’empereur solitaire des catacombes, régnant sur le peuple des rongeurs, à Paris six fois plus nombreux que celui des hommes,&amp;nbsp;il composait des vers mortifères au bord de lacs souterrains où les anciens avaient voué un culte odieux aux divinités lunaires. Sa geste létale était déclamée par les mauvais garçons des faubourgs dont les prunelles réverbéraient le crime et la haine. A l’image de ses sujets musqués, il était régulièrement charrié à la surface de la capitale par la remontée des eaux viciées, lorsque de fortes précipitations boutaient le fleuve hors de son lit. Eternel contemporain des catastrophes et des ères de turbulences, sa mise&amp;nbsp;etait celle d’une homme costumé de noir, impeccable dandy. Il claudiquait insensiblement, appuyant sur sa canne épée le douzième pied de ses assassins d'alexandrins.&amp;nbsp;Avant de vampiriser les&amp;nbsp;thorax par le flot mortel de sa parole, sa violence s'exerçait par la seule irrésistible puissance de ses yeux de geai. Son âme était d’une sécheresse douloureuse et sa voix produisait le son d’un papier de verre froissé, ses cordes vocales celle d'un crissement&amp;nbsp;de métal&amp;nbsp;rouillé.&amp;nbsp;Le prince des ragondins&amp;nbsp;me&amp;nbsp;renouvela&amp;nbsp;ses insultes, les tirant comme des cartouches destinées à tuer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je fus faible, je ne résistai pas à l'ombre qui accablait mon échappatoire de ses menaces. J'entendais sa rumeur&amp;nbsp;chuchoter&amp;nbsp;à ma suite. Je revins donc sur mes pas et les mettaient dans ceux du poète assassin, aimanté par&amp;nbsp;son charisme ténébreux. Il fit sauter une plaque d'égoût du bout de sa canne : nous desciendions aux catacombes,&amp;nbsp;en son royaume de boue et de tristesse.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Gérard (III)</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/07/25/gerard_iii.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Mon, 25 Jul 2005 22:35:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;« Je remontai le cours de la Seine sur ses bords, aux sabots d’Henry IV équestre qui garde silencieusement le seuil occidental de l’Ile de la Cité, semblable à un aristocrate déchu, pitoyable à ses nouveaux maîtres, gueules bavantes et déformées qu’il protégeait hier et qui le nourrissent désormais, afin de l'humilier plus longuement.&lt;br /&gt; A la manière des caractères arabes qui paraissent des êtres de mirage à la lisière vacillante des sables et de l’horizon, miracle fragile qu’on redoute de dissiper en l’élucidant, l’eau de la Seine se trouble à son remous, et le regard, plissé par le sel exsudé, se fronce à en décrypter l’insaisissable syntaxe. Des chimères s’inscrivent à l’écume, sculptant une statuaire éphémère. Dans la coulisse s’affaire et s’agite déjà la file incessante des formes solides, à quelques pas suffocants des lumières obliques de la scène, promptes à revêtir le vêtement pourpre. Le rêve se dilate alors aux confins de sa géographie, épouse le déchiqueté de son pourtour, la surface lisse du jour implosant comme cède une ville close sous la poussée végétale, vert opéra. Je repose mon corps contre le saule massif qui ponctue l’île et la projette verticale aux nuages. Lorsque mes paupières s’abaissent et me cloîtrent, elles me rendent à l’obscurité première, et la nuit familière réveille des visions endormies. Des cavaliers Hittites, avant d’embraser les routes des Indes mineures, se regroupent sur un promontoire, se bousculent dans la ferveur guerrière ; les cuirasses sont fauves, les cimeterres clinquent et crèvent le soleil de leur pointe. Ainsi l’astre saigne et répand son âme rouge depuis le ciel, de par la vallée. Cette coulée de lumière les accompagne dans leur furieuse dégringolade et leur compose un panache écarlate. S’ensuit une cavalcade nocturne, dans le fracas des armes et la tempête des naseaux. Le flot continu de l’armée barbare dans la nuit ne doit d’être jugulé qu’à une mystérieuse intervention... Annihilant tout espoir de progression, une force invisible, rempart translucide, énergie mystérieuse, se dresse devant les premières montures à bas desquelles ont été jetés les plus enfiévrés des noirs conquérants... C’est aussi le glas de la vision qui résonne. Une péniche claironne son épaisse note. Depuis un bateau-mouche des touristes me hèlent avec goguenardise… Passons maintenant le pont et abordons. »&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Gérard (II)</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2005/07/17/gerard_2.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Sun, 17 Jul 2005 21:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Je cherche un signe vital qui en dépit de son apparente et vaine circularité, assignerait un orient à ma tribulation. Quelque talisman, chair, objet, architecture, qui raviverait ce feu central de l’être, celui qui éclaire toute chose, sans lequel je ne puis plus voir la merveille du monde, quelque chose sans quoi je ne suis plus qu’un amas d’organes. Le beauté frappante des cieux nocturnes et son fourmillement évanescent se sont dérobés à ma rétine, cyclope à l’iris planté d’un pieu, un couvre-feu sans délai a été décrété sur mon sang, la mémoire pantelante et somnambule.&lt;br /&gt; Il peut avoir le visage de l’innocence cela que je cherche. Je ressens de la ville sa pulsation infernale et ses obstacles de bruit, de chaos et de laideur à la réalisation de la voie. Chaque pas nouveau est abordage fébrile d’un cercle plus profond, plus enté sur le règne souterrain, vacillement plus branlant vers l’abîme.&lt;br /&gt; Précoce, mon esprit s’impatientait à ne pas discerner immédiate et définitive la ligne invisible qui démarque la cause de ses conséquences, ce tropique mouvant des êtres et des choses. Aujourd’hui je sais que cette part charbonneuse m’habite inextirpable, rétive, et que les pierres noires où l’on trébuche n’en sont que les psychés fêlées, celles-là même qui me permettront, au prix d’une illusion consentie, de lui donner pour un temps un nouveau nom, d’administrer un baptême cathartique, et proclamer son kérygme. Comme un bubon pesteux certes mon mal ne refermera pas sa blessure sans l’avoir secrètement reconstituée, sans avoir régénéré, comme une divinité manichéenne puise son poison dans le dévoiement de la lumière qu’elle irise de son mensonge, quelque mauvaise poche d’infection, quelque méchant lac d’incertitude.&lt;br /&gt; Demain j’irai sans doute remuer et diluer la carcasse de la ville. J’irai endurer son fracas métallique, éprouver le gazage où elle tient ses rejetons sous la perfusion permanente du gris et de l’acide. Et peut-être qu’à travers les tessons de haines dressés entre nos visages de porcelaine aveugle, à le crête des océans d’indifférence et de mépris, je débusquerai le signe dans un sillage aérien ou le repli d’une vague…&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La première partie de ce texte : &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2004/12/13/gerard_les_noces_de_la_lumiere.html#comments&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Gérard, Les noces de la lumière et du temps</title>
<link>http://ornithorynque.hautetfort.com/archive/2004/12/13/gerard_les_noces_de_la_lumiere.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (Amadéo DELDUCA)</author>
<category>Gérard - Poème Apocalyptique en Prose</category>
<pubDate>Sun, 26 Dec 2004 14:30:00 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt; En ce temps là, le tonnerre grondant faisait sentir à chacun que le fracas de l’orage était imminent, précédé sans doutes qu’il serait de quelque strie de lumière blanche, fugitive et désespérée, marquant un dernier sursaut de vie, ultime hoquet…&lt;br /&gt; Je logeai alors non loin des quais de Seine dans une humble chambre coincée entre la rue Galande et le boulevard Saint-Jacques à quelques pas de Notre-Dame, où me jetait régulièrement l’épouvantable tintamarre qui, à travers les lattes du plancher, ne cessait de remonter des échoppes au-dessus desquelles se situait mon logis.&lt;br /&gt; J’étais capable de goûter très longuement cette paix si particulière aux églises catholiques, fruit de la Présence Réelle du Seigneur.&lt;br /&gt; Lorsque j’avais fini de m’abreuver à cette source ô combien régénératrice, je battai le pavé parisien, en toute saison, selon un itinéraire que j’aurais juré libre. Mais, de la même manière que le frottement répété et rapide d’une pièce métallique finit par produire un phénomène d’aimantation, je fus un jour rendu à l’évidence qu’à force d’emprunter certaines ruelles, porches, passages, places ou avenues, mon corps était capté en marche, creusant ainsi, d’abord imperceptiblement, puis de plus en plus profondément, un chemin d’élection.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ainsi, toujours, il y avait d’abord la Cathédrale. Elle était comme un vaisseau ancré dans les siècles, battue par les vents renaissants, et dont tout le peuple de pierre porté muet au frontispice, en d'innombrables anfractuosités, parmi ses mille ourlets de pierre ciselés, ouvragés par le sang de compagnons fervents et anonymes, s’élevait comme autant de mâts sculptés, résonnant du fragile tocsin, blanc, creux et métallique, propre aux ports nocturnes. Au point vernal de la cité capitale, la nef chante ainsi ; on croirait un orgue gigantesque, ses tubes résonnent de sonorités effrayantes, sifflantes et graves, et chantent la promesse, le dépôt éternel que la providence s’est plue à confier au pays de la promesse, marqué du sceau de la prédestination.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dégrisé en sursaut de ce moment d’hypnose, l’appel du chemin sourd maintenant de chaque objet qui m’entoure, il me projette hors de moi, vers son désir, son invincible volonté. Mes tempes s’échauffent, un bourdonnement lancinant semble exsuder du paysage. C’est alors, invariablement, à droite en quittant le parvis, ce pont qui enjambe un bras de seine et vous emmène au coin du Square Dante et des berges de Seine, qui viennent de l’Ouest, là où s’éteignent tous les soleils, où s’étreignent les nuages et le bronze enflammé du soir, là où s’égrènent les deniers instants du jour déclinant.&lt;br /&gt; Non loin encore est la librairie Hetzel, le célèbre éditeur de Jules Verne.&lt;br /&gt; En continuant quelques dizaines d’arpents vers cet occident, après avoir dépassé une ou deux successions de baraquements de bouquinistes, sur la droite en léger contrebas, naît la rue de Bièvre, rue ancestrale qui vient s’inciser dans le massif des rues avoisinantes formant quartier. Lui sont ainsi distillés tous les sucs spirituels qui s’écoulent de l’archipel lutétien. Qu’on comprenne bien, ces écoulements ne sont pas des émanations fabuleuses : la Bièvre, affluent occulte de la Seine en partie asséché, filet limoneux, s’embouche au départ exact de la rue qui porte son nom. Et il semble que, depuis les fondations de l’antique Ile de la Cité, autrefois nommée « île aux Juifs », le ruisselet charrie sur son parcours une énergie mystérieuse. Cette embouchure cachée dessine très précisément la direction que j’emprunte alors. Ou qui m'emprunte plutôt, tant je pourrais croire en effet que c’est la rue qui défile sous mes pas, comme le quai, feignant de se desceller au départ de la locomotive, paraît à l'enfant s’échapper vers l'horizon.&lt;br /&gt; Tout au désir de contenir l’excitation d’un rythme haleté, celui des premières secousses quasi-telluriques qui m’irradient bientôt entièrement, je respire profondément pour imprimer à mon pas un léger ressac. Mais la poussée est par trop violente. Je suis happé par l’avant, le corps plié vers le sol comme une baguette de sourcier s’affolant à l’approche de l'eau pure. La pénible violence du sentiment d’exaltation physique qui m’a gagné demande une libération rapide.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; A cet effet, les retrouvailles avec le boulevard sont les bienvenues. Elles ne s’en avèrent pas moins toujours d’une brutalité extrême, mais d'une brutalité blanche, blanche de l’afflux soudain de lumière et de passants. La masse mécanique, de fumées, de ferrailles et de feu, a gagné l’ensemble de mon champ sensoriel. En face, une place, dont le fond est ceint par les deux rampes d’un escalier qui monte en rétrécissant. Je m’y précipite, rigoureusement comme un naufragé planterait ses ongles dans le bois de l’esquif tant convoité - il ne peut totalement écarté l’hypothèse du mirage, et cet agrippement lui est l’esquisse d’un démenti.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce retour brutal au réel a atténué la virulence des flots électriques qui, il y a encore quelques instants me battaient le corps et l’âme, comme une pluie marine désordonnée frappe follement la vitre d’une voiture. Je gravis les marches de l'étroit escalier. Je sais qu’arrivé à son sommet une force va me saisir par la droite. Cette force d’attraction, après tant de ces odyssées miniatures, je ne m’en explique encore l’origine ni la fin. Toutefois, les secousses magnétiques ont perdu de leur intensité et ne résonnent plus en moi que d’une manière lointaine.&lt;br /&gt; Voilà l’instant où, cherchant à se recroqueviller vers son point de départ, le sempiternel tracé de mon parcours va se faire courbe, et la courbe se muer progressivement en spirale.&lt;br /&gt; Alors tout s’accélérera, et à mesure que son rayon diminuera, et que, par l’effet combiné de l’effort physique et d’un rassasiement psychique, ma conscience se sera faite moins aiguë et douloureuse, le chemin va tourner plusieurs fois sur lui-même dans le lacis des rues avoisinantes, comme un taureau blessé et saoulé par la vision de son sang, pour me laisser enfin dans ma cage d’escalier.&lt;br /&gt; Tel est-il ce pèlerinage dérisoire, avorton de voyage.&lt;br /&gt; Si la Lumière nous appelle, saurons-nous la reconnaître ? Et avoir l’heur de lui plaire ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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