19 mai 2008

Epître au pitre de la Zone

Dame de Pique ! Comme Sa Stalkeurénissimité est injuste! Non pas certes de (dis)qualifier mes sécrétions textuelles "d'amusements pseudo-littéraires" et cette page de "sirupo-ésotériste". Ces épigrammes, bien que blessantes, peut-être justifiées (non d’ailleurs elles-mêmes totalement dénuées d’ésotérisme, si de sucre assurément), me font plutôt rire, car j'aime la verve ; la tradition pamphlétaire me réjouit profondément. J'aurais vraiment mauvais jeu de ne point rire lorsque l'aiguillon se retourne contre mon pelage, et m’accorderais bien piètre licence à m'offusquer là où je me fusse esclaffé, pour peu qu'il se fût agi d'un autre... Certes le nervi de la blogosphère est le pratiquant le moins fidèle de sa religion affichée de l'impartialité. Comme tous les pharisiens, il accable l’autre des fardeaux qu’il entend lui-même ne point porter, et pratique peu la réciprocité : exigence bien ordonnée commence par autrui. Ainsi, prompt à flinguer à vue, capable des volte-face les moins argumentées, les plus arbitraires (brocardant après avoir flatter, se succédant sans se confronter jamais), il semble peu enclin à accepter une lecture non directement laudative de ses longs pensums, d’ailleurs moins érudits que polémiques (que l’on se rappelle par exemple son hallucinogène et hilarante incapacité à distinguer les deux Francis Bacon lors d’une émission radiophonique, qui amusa peut-être moins qu’elle ne sidéra – c’est dire à quel point elle étonna).

 

C'est qu’il entre, tant dans ses détestations que dans ses marottes - les exemples sont assez nombreux pour qu’il soit ici besoin de rappeler le nom des personnes publiées dans la Zone, mises en lien, puis insultées, piétinées, traitées au hachoir, au mépris du plus infime souci de cohérence - un facteur éminemment subjectif, qui, inhérent qu’il est à toute activité intellectuelle, ne pose réellement problème que dans la mesure où il n’est pas concédé et laisse place à une prétention sans bornes à l’objectivité, à la proclamation de détention (le sens carcéral affleure ici) de la vérité. Subjectivité donc, rien que de très et trop humain. L’affectivité, en revanche, altère plus gravement la prétention critique, la frappant de nullité. Or, si du moins j’en crois quelques sources sûres (dans leur témoignage plus que dans leur fidélité…), féminines, de son entourage virtuel, avec qui il m’a été donné de correspondre, c’est notamment pour avoir reçu leurs marques de sympathie dans l’espace de mes commentaires, affabilité dont il semble qu'il revendique l’exclusivité, que le drôle observa un colérique et subit revirement à mon endroit, après m’avoir encouragé (j’en fus le premier surpris et flatté) :

" Ah !, je suis ravi, continuez, vraiment... Enfin des textes qui ont quelque chose à dire, c'est tellement rare...
Et cette pudeur, finalement si rare que ç'en est presque touchant.
Bravo. "

Ecrit par : Stalker | 10 mars 2005

 

Je ne ramène les choses à mon pauvre cas, épiphénoménal, que de manière circonstancielle et à titre d’exemple. La mauvaise foi de l’affreux, caractérisée à de multiples reprises, n’enlève d’ailleurs rien à l’éventuelle pertinence de ses quolibets à mon égard, cités en introduction (d’autant plus que mon taux de glucose et mon attirail hétéroclite de Sâr ne sont certes pas allés en diminuant) ; ce n’est tout simplement pas à moi d’en juger. Je ne clôturerai pas ce chapitre sans m’étonner toutefois de ce qui n’est pas le moindre des nombreux paradoxes du fol : pourquoi lorsqu’on pose au héraut de la critique littéraire, lorsqu’on en réfère à rien de moins qu’à Gracq ou De Roux, pourquoi donc perdre son temps avec de misérables créatures comme mézigue et leurs accorder ne serait-ce qu’une œillade, un cil ? Comment le contempteur de la fausse parole, l’Armand Robin du Bois de Boulogne, le prophète du Verbeuuuuuuuux apophatique, le spécialiste des Vortextes, le Saint-Louis ORTF de la Parole putanisée, peut-il s’intéresser à ce qu’il considère, peut-être à juste titre, comme du caca ranci? Pour ce qui est des raisons immédiates, elle se devinent aisément : la blogosphère tant conspuée reste finalement le seul espace où il puisse déployer un talent, sans doute réel (je n’oublie par le service rendu à la mémoire de quelques authentiques infréquentés (c’est la différence avec lui), cachés sous le boisseau (Gadenne, Sabato, Bloy, Bernanos, De Roux, und so weiter… )), mais que refusent peu ou prou la presse et l’édition, pour l’heure en tout cas, si l’on excepte les éditeurs des catacombes (ce n’est pas un défaut en soi, au contraire à mon humble sens, mais notre client cherche la lumière, le sunlight des suppléments hebdomadaires… ) et les copiés-collés de la Zone assez laidement rassemblés par le Rocher monégasque, couvertures et typographie souffrant d’une réelle médiocrité, flirtant avec l’autoédition et le méchant fichier PDF. Le gadjo nous expliquera que c’est en raison de son infréquentabilité… Nouvelle aporie : pourquoi vouloir se ranger à la solde d’un système dont on dénonce la pourriture à longueur de colonnes HTML ? Il faut en effet préciser que, comme il vient récemment de l’avouer avec l’absence totale vergogne qui le caractérise et confine à une forme de bêtise – il n’a sans doute pas conscience de tout le piquant de cette révélation -, notre équarrisseur suit actuellement des études de journalisme ! ! ! Profession honnie entre toutes, systématiquement employée en mauvaise part dans la Zonzone, en manière d’attribut intrinsèquement infamant, en tant que suprême suppôt du vain bavardage vilipendé en boucle… A nouveau, on ne peut que constater une " disproportion de l’homme à l’œuvre ", comme celle que déplorait Bernanos au sujet de Claudel, flairant quelque supercherie égotiste chez le " roublard ardennais "…

 

Tranchez la veine truculente et il est fort à parier que notre dissecteur autocongratulé verra diviser par cinq ce nombre de connexions quotidiennes qui lui tient tant à cœur et qu'il agite régulièrement, bouffonnement, en manière d'autogloriole, ou de menace, à l'endroit de ceux qui auraient quelques scrupules à observer strictement le rite d'adoration de son Immense Personne, simples lecteurs mais aussi et surtout journalistes et éditeurs, qu’une "troublante cécité" aura empêché d’apercevoir, planant au-dessus du monceau de viande en décomposition que figurerait la littérature contemporaine (il a lu tous les livres, leur chair lui en fut triste... ), le vautour justicier, le phénix du Verbe au vol altier, l'archange de la mort soi-même... Cette valetaille n'a donc rien compris à celui qui, derrière le carton-pâte du Faux Infréquentable, du loup carnassier, serait en réalité un authentique mérinos : sa colère, forcément Sainte, ne serait imputable qu’à la pureté d’une âme ulcérée par l’universelle prostitution, le genre pudique qui ne peut aimer qu’en flagellant, les autres mais surtout lui-même bien sûr… Vous savez comme il n'y a que les grands pécheurs pour faire de grands saints ! C’est aux récriminations sincères de Job que Yahvé reconnut le disciple fidèle! Comme tout cela est décidément émouvant (voir dans cette veine le commentaire pliant posté sur Amazon par un admirateur hagiographe)...

 

Tout familier, tout fréquent des " Fauves " et des " Fixes " que ronéotype et ventriloque ad nauseam notre copiste défroqué (les Bloy, Bernanos, De Roux sus-cités), connaît toutefois tout ce qui sépare cruellement la copie des originaux. Le sel polémique vient vite à perdre de son épice. Là où Léon Bloy est toujours surprenant, irrésistible, créateur génial, notre médecin légiste se répète et lasse, à des années-lumière du génie grotesque du mendiant ingrat ; là où Bernanos ou Péguy sont d’une droiture absolue, jamais suspects de mesquinerie, l’ambition germano-pratine (à contre-nuit, en creux), la pusillanimité, l’incohérence, la violence gratuite, l’absence visible de noblesse profonde, invalident le discours et le péroreur, le perroquet et son perchoir Web 2.0.

 

Qu’elle rende hommage, travaille au souvenir de grands défunts – pour peu que l’héritage n’en soit pas capté à des fins de gloire personnelle - , et alors la Zone, sous le vernis cuistre des épithètes choisies selon leur rareté, au-delà de la superstition qui consiste à croire que l’antéposition des adjectifs vaut littérature, et abstractions faites d’une obésité adverbiale ainsi que d’un mécano mal maîtrisé de propositions relatives, la Zone donc, présente un intérêt réel, dont personne ne pourra sensément disconvenir. Qu’en revanche, parmi les vivants, dans la plus pure tradition du Guignol lyonnais, Gnafron tente d’éviscérer un des plus grands écrivains français, Marc-Edouard Nabe, et le procédé vire immanquablement au comique le plus consommé. La source principale du ridicule consistant alors en un passage brutal d’une admiration primitive plutôt enthousiaste à une haine soudaine et éructante, que les quelques réserves modulant le premier avis ne laissaient guère présager... Quelle fut cette fois-ci la part d’intérêt éditorial (Nabe est en procès contre son ancien éditeur* qui lui coupa les vivres, le même précisément que notre larron), de jalousie littéraire ou de simple atavisme de girouette chahutée par les vents tournoyants de l’ego, tourbillonnant autour de son nombril érigé en omphalos? Nul ne le sait, même pas lui sans doutes. Il suffit toutefois d’ouvrir n’importe quelle page du monumental Journal de Nabe pour constater à quel point il est plus de littérature dans la moindre de ses phrases gemmiformes, réellement habitées, d’une élégance et d’une inventivité sans pareilles, que dans l’ensemble relié des poussifs ouvrages de charcuterie littéraire du tâcheron pyrénéen. C’est bien d’ailleurs l’avis de Rémi Soulié qui, apprend-on, doit écrire un article sur le dernier ouvrage de notre ami – attention " en revue " ! ! ! -, et qui dans "Enquête sur le roman" cite le Journal de Nabe comme la plus flagrante preuve de survivance de la littérature aujourd’hui. L’auteur des " Châteaux de glace de Dominique de roux" fut aussi le seul de ses pairs à secourir matériellement Nabe, comme celui-ci le divulgue dans la préface à la réédition de son Régal des vermines au Dilettante, autre œuvre considérable dont l’éreintement dans la Zone, aussi peu convaincant que faiblardement circonstancié, se retourne encore cruellement contre son auteur, régurgité par " la chambre des miracles "...

 

Injuste oui, disais-je donc en préambule, le Stalquère© de prétendre que j‘aurais plus de talent que le drôlatique Consanguin. Non, je ne puis décemment soutenir avoir ne serait-ce qu'autant de talent que ce dernier, dont l’identité reste encore mystérieuse aujourd’hui, malgré les traficotages d’adresse IP, les atteintes à la vie privée et les gesticulations pseudo-Holmesiennes (au bout de 12.000 signes espaces non-compris on comprend qu’il ne dispose toujours d’aucune information concrète…) du lamentable dont l’humiliation est la raison d’être de Frère Scoliose. Lui et sa congrégation firent hurler de rire la blogosphère entière aux dépens du meilleur artisan boucher de France depuis 2004. Les boîtiers de répartition ADSL en résonnent encore. On pouvait – et beaucoup l’étaient – ne pas être d’accord avec les parodies ouvertement outrancières de la confrérie, stratégiquement caricaturales, fallacieusement manichéennes. On ne pouvait pas résister au talent incendiaire de ses plumes acides. Portant leurs piques au plus douloureux, s’appuyant sur une observation extralucide du personnage et de ses travers (auto glorification grossière digne d’un rappeur turkmène, style souvent prétentieux, parfois illisible, name-dropping pathologique en guise d’érudition, colères enfantines, menaces physiques, vains et criards moulinets… ), équipé d’une puissance de feu capable de rivaliser avec l’artillerie balourde de leur adversaire désigné, l’Ordre secret mitrailla une salve d’encycliques corrosives, assassines, à un rythme d’abord soutenu, puis très vite irrégulier, pour aboutir aujourd’hui au silence monacal, à moins qu’il ne s’agisse là de l’immobilité du phasme… Toujours est il que la colère du ridiculisé, de l’assommeur assommé, fut à la mesure de la charge essuyée. Au point que celui-ci conçut sans rire de poursuivre en justice ses bourreaux! Cela paraît dément, mais est strictement véridique. Lui qui a fait profession de démantibuler, d’occire, de défenestrer, sous prétexte de mission au service d’un Verbe qu’il utilise bien plutôt au sien propre, lui qui ne distingue jamais les idées qu’il bat en brèche des personnes qu’il insulte – celles-ci le méritent souvent, reconnaissons-le -, dans le plus total irrespect, animé de la volonté de blesser et de salir publiquement, voilà qu’à la première incartade sérieuse sur ses plates-bandes, il court chez le baveux… C’est petit. Pas très fair-play. Pas chevaleresque du tout. Zéro panache. Oméga plus l’infini de manque d’humour…

 Qu’il sache en tout cas que, disposant ou non de mon identité réelle, il ne m’impressionne guère. Pas plus que la cohorte de ses sbires hypnotisés qui peuvent bien venir déposer ici et maintenant les derrières crottés de leur allégeance.

 

Sirupeusement et plutôt exotériquement vôtre, pour cette fois, me semble-t-il...

 

*Trouvé ici : "Le procès en question, c'est celui intenté par Nabe aux nouveaux propriétaires du Rocher suite à la suppression de sa mensualité, de son téléphone portable de société, etc. (J'abrège, cela a déjà été dit sur ce forum).
Par contre je ne sais pas si la raison exacte de l'animosité de Pierre-Guillaume de Roux, directeur littéraire du Rocher, contre Nabe a été donnée. Le fils du grand écrivain a vu rouge en lisant dans le Journal de Nabe ce qu'il considère comme une grave indiscrétion sur sa vie de famille. Il n'a rien pu contre Nabe tant que Jean-Paul Bertrand le protégeait, mais lui a coupé les vivres dès la vente du Rocher au groupe Fabre (suivie, comme on sait, par le rachat par Gallimard du tiers des actions)".

06 mars 2008

Réapparition du O babylonien

 

Nous le savons, il y eut le Y. Certes Rimbaud l’exclut de son célèbre poème, le reléguant en deçà des " golfes d’ombre " de l’A noir et dans la postérité silencieuse du " suprême clairon " de l’O bleu, cristallisant ainsi au grand jour son éternel drame de voyelle transfuge, jamais tout à fait intégrée à la fratrie des consonnes dont, nous assure toutefois le Trésor de la Langue Françoise et Navarroise, cette lettre a adopté le comportement, inscription nomade. Ainsi, parmi d’autres traits distinctifs qui le désignent comme une parent plus proche du X que du I, l’on constate pour la lettre Y une tendance à ne pas exister en plein, comme c’est le propre d’une voyelle – Rimbaud eût-il pu imaginer un sonnet des consonnes ? - , mais plutôt à titre de cheville entre deux voyelles : elle participe du dessin que tracent les mots dans l’air, plus que de la couleur que ceux-ci y diffusent. Une consonne n’a pas de grain, pas de vibration intime, son for intérieur ne résonne d’aucune couleur. Elle est tout au plus une forme, mais ce sont les voyelles qui, par réflexion, lui infusent une âme. Pour autant, il ne faut pas être injuste avec celles-ci : l’Arthur eût sans doute pu en dire quelques "naissances latentes ", mais telle fresque de consonnes n’eût pu vraisemblablement se comparer à l’opéra des voyelles, et sans doute se fût alors présenté à nous un défilé de figures filiformes, manières de sculptures de ferraille s’avançant en procession, dévoilant les arcanes de leurs déliés. Des feux non point  Bengalis, mais plutôt durs et noirs comme la lave séchée, celle qui sert de fusain aux victimes des éruptions volcaniques pour écrire leurs noms dans la mémoire des esprits fissurées, qu’une secret magnétisme a menés aux bords endormis des montagnes de souffre. Le B bedonnerait ainsi sa double rondeur, expliquant peut-être pourquoi sa partie supérieure est plus petite… Le T éluciderait aussi sans doute la raison qui le pousse à tenir ainsi éternellement levés ses deux bras à quatre-vingt-dix degrés chacun le long de son tronc… Est-ce une pénitence brahmanique ? Le plateau ainsi façonné a-t-il pour vocation d’accueillir un stylite ? Curieusement, les consonnes semblent frappées du sceau honteux de l’utilité… Il est possible que l’humilité à laquelle la roture les incline – les consonnes semblent en effet toujours de profil alors que les voyelles de face -, convoque à leur suite une poésie interlope, née des noces enivrées de l’humour et du verbe. Ainsi on se souvient que Ramon Gomez de la Serna, le génial, prétendait que le T susnommé " réclame des fils télégraphiques "

Est-ce en vertu d’une douceur hellène qu’après le Y, pour revenir à lui, il ne se connaît pas d’élision, si l’on veut bien s’en remettre à nouveau au Trésor de la Langue Françoise et Navarroise? Comment se trouve-t-il en effet que contrairement à d’autres lettres, l’Y, lorsqu’il apparaît dans un mot, ne survive pas de la mort d’un congénère… Serait-ce une même absence d’instinct de prédation, portée à son paroxysme, qui expliquerait la disparition absolue de certaines lettres, que seule une miraculeuse conjonction d’éléments permet aujourd’hui de constater? Quoi qu’il en soit, le Y a survécu, en dépit de sa bâtardise.

Ce ne fut pas le cas, comme on le sait, du q, le O Babylonien. Voici cependant que depuis l’expédition de notre éminent confrère le Barq n Von qtto et l’exhumatiqn d’inestimables manuscrits de la glèbe de l’antique Babylone, sous l’actuelle Bagdad, du tréfonds des siècles, ce caractère resurgit du sqmmeil linguistique et nous pq uvons constater que, désq rmais, il ne cesse de reprendre la place qui aurait du être la sienne, si les armées de Nabq baldassar n’avaient pas été défaites, perdant ainsi tq ute emprise culturelle sur les aires Mésopq tamiennes et Méditerranéennes… Déjà, selon le témoignage de nombreux bibliothécaires, des milliers d’quvrages, à commencer par les plus anciens, commencent à pqrter le stigmate et voient le remplacement progressif du O par le q, comme un lierre s’emparant d’un vieux mur…

 

Si tout pq rte à croire que la relation entre le I grec et le I tout court est de pure complaisance, équivalent linguistique des pavillons maritimes de même nationalité, misérable supercherie, il n’en va pas de même de ce O, dont l’évolution évoque le mouvement oscillant d’une bulle de savon, au moment notamment où celle-ci se double. Il entretiendrait une réelle quoique trouble filiation avec le q ... Celui-ci serait l’ancêtre à la descendance usurpée, qui eût du régner sans les funestes manœuvres d’un cousin félq n ayant soumis les pq pulatiq ns alphabétiques, parvenant semble-t-il à cq ntenir sq n parent héritier légitime hq rs des frq ntières...

Les prqchaines missives du Barqn devraient être riches d’enseignement quant à ces différents aspects…

09 janvier 2007

Cinq choses peu connues de l'OrnithOrynque

En réponse à l'invite du documentaliste obscurantiste cosméticien. Bien d'accord avec Constantin C., qui en préambule à sa réponse au présent exercice, en définit ainsi les deux extrêmités : "On n’a guère le choix qu’entre des choses peu connues dont on ne souhaite pas qu’elles le soient et des choses peu connues qui ne méritent pas de l’être…". Lui confesse avoir plutôt énoncé celles relevant de la deuxième catégorie. Vivant moi-même sous le régime du pseudonyme (doublement d'ailleurs (un peu à la manière d'une parenthèse dans une autre parenthèse (je lis Jaenada en ce moment))), j'escompte bien m'acquitter de la tâche sans trop me dévoiler, même si j'imagine que le "peu connu" doive être entendu comme "même de ceux qui me connaissent"... Essayons malgré tout d'éviter le second écueil, si cela est possible, celui de la trivialité qui nous poursuit sans relâche, en dépit des Golfs Jaunes qui appareillent pour le Frioul ou l'île anglophone de le Barbade, dans le reflet des petits ballons rouges,  blancs et roses qui flottent au dessus des zincs, élargissant les arrière-salles des bistrots à la dimension des rêves...

1 - J'ai abandonné un premier sujet de mémoire sur l'auteur de Battling le Ténébreux et Les Fruits du Congo, faute d'inspiration mais aussi de sources - malgré l'excellent petit livre de Tadié intitulé le Récit poétique, en raison également de la vastitude bretonne-chinoise du sujet dans lequel j'avais inconsciemment placé cette étude : les liens qui unissent la poésie et le roman chez cet auteur... J'espère un jour y revenir, depuis je note toutes les conceptions relatives à ce sujet. Qui saura isoler la poésie aura percé le secret de la littérature. Vaine entrepprise, j'en conviens, aux deux sens du terme.

1 bis - J'ai rencontré le faux sémillant Jean Dutourd (a-t-il survécu à Jean Ferré au fait?) à l'occasion d'un stage dans une maison d'édition, par timidité je ne lui adressai pas la parole, alors qu'il est tout de même l'un de ceux par qui le nom de vialatte a survécu, et que j'étais à la recherche de toute information sur le sujet... En même temps je ne vois pas trop ce qu'il aurait pu me dire d'intéressant... "C'est épatant", peut-être... Depuis j'ai appris qu'il habitait la demeure des Rebatet, si ça se trouve il m'y aurait peut-être invité... Je ferais mieux de commencer par lire "Les deux étendards", un chef-d'oeuvre selon beaucoup, dont Nabe.

2 - J'ai rencontré le deuxième meilleur ami de mon frère au pied de la Tour de Pise, par hasard... Et aussi le correspondant berlinois d'une amie sur la costa Brava... Qui dit mieux?

2 bis - Je me suis endormi à Saint-Pierre de Rome, et le groupe d'adolescents en voyage dont je faisais partie, m'y a oublié, pour me ramasser quelques minutes d'angoisse après sur les bords du Tibre...

3 - J'ai un trisaëul rabbin défroqué par amour, dont le secret s'est perdu puis retrouvé, et un bisaïeul roturier royaliste  ultra légitimiste qui fonda un aussi éphémère qu'obscur et fantasmagorique "Grand Occident de France" (en réaction au "Grand Orient" évidemment), et qu'on voyait parfois faire le coup de poing dans la juiverie du Marais au début des années 30 (la citation de Bernanos - sans doute erronée  comme le pense un autre amoureux de l'enfant de Fressin - qui sous-titre ce blog,  est aussi en exergue de ses mémoires). Pour autant, ce n'est pas cela qui me convainct que Léon Bloy eut foi ardente en l'élection d'Israël, puisque le mendiant ingrat le répète assez lui-même dans son Journal et ailleurs pour qu'il  soit nécessaire de le démontrer. Que ceux qui ont des grandes oreilles de lapin pour entendre, entendent.

4 - J'ai fait une nuit un vrai rêve, non pas prémonitoire mais "simultané" : j'y voyais le poignet tranché d'un ancien camarade d'école primaire, au moment même où il se coupait les veines, comme je l'appris dès le lendemain soir... J'attribue ce moment de lucidité au lien de charité qui m'unissait particulièrement à lui ; saisi de compassion devant sa peine, je l'avais en effet aidé à recoller un poster que des petits sauvages lui avaient déchiqueté. Il n'est pas mort.

5 - J'ai acheté exactement le même livre le même jour que mon frère ("Moins que zéro" d'Ellis), et à très peu de temps de là, la même carte postale, un même jour également (une représentation ancienne de la Lune). Etonnant, non?

Il y a des amis blogosphériques à qui j'aimerais passer la main, comme Mawie, Colette ou Dominique Autié, mais je sens que ça va plutôt les fatiguer, donc je dirai, si ils le veulent bien : Amel Zmerli, Slothorp, JLK et Pierre Assouline (non je plaisante). Et Robin, le géographe sacré. J'avais pensé aussi à Pharamond, mais l'Ibis l'a déjà choisi...

21 juillet 2006

Se castigará severamente todo abuso*

Afin de desserrer un peu l'étreinte de la mâchoire de la "petite chienne", voici un court texte, paru dans la deuxième livraison du Nouveau Palindrome Papier, entité récemment renée de ses cendres. Sous le monceau de pixels carbonisés et la bicéphale égide du DJ Zukry et d'Accroc, ne demandait en effet qu'à ressusciter un esprit indéfinissable, loufoque, drôle souvent, original et très inventif (j'écarte à dessein le terme insultant de "créatif"), salué en son temps par l'une des étoiles éteintes de la blogosphère, et dont la meilleure idée est peut-être donnée par cette façon si à contre-courant, outrageante à l'époque, de mourir au numérique pour renaître au format papier... Sachez également que dans ce numéro Slothorp a commis un texte.

Parmi les piliers de ce comptoir, on retrouve Raphaël Juldé, auteur d'un récent blog One Chord Wonders, voué à l'histoire du Punk.

Je suis par ailleurs très fier de voir un autre texte - une version dégraissée de "Nervalchimie : la dernière fille du feu" - accueilli par le compère Jean-Louis Kuffer, dans le numéro de juillet de sa revue Le Passe-Muraille. Merci compère!

J'allais oublier de remercier Xian de sa réclame pour le texte consacré à Jehan Rictus dans le dossier consacré à Léon bloy par Joseph Vebret dans le numéro 6 de la Presse Littéraire (redevenue trimestrielle). Il m'avait déjà prêté main forte au moment de la relecture. Ce n'est ni vraiment un article, ni tout à fait une nouvelle, plutôt une longue divagation poétique et documentée à la fois, où j'ai essayé de comprendre l'admiration immense que le mendiant ingrat portait à ce poète méconnu et assez fascinant.

Enfin, j'adresse un petit signe amical à Ludovic Maubreuil dont mon absence m'a empêché de saluer dignement la fermeture du Journal Cinématique, que l'on espère provisoire.

 

SE CASTIGARA SEVERAMENTE TODO ABUSO*

"Le train se descella du quai, désamarrant lentement sa carcasse. Puis ce fut le rythme ternaire, l’entrechoc lent et démultiplié des roues contre les rails, crissant en contrepoint à chaque changement de voie déterminé par le réseau des aiguillages. A la faveur de glissements soudains et de ricochets métalliques, on a quitté l’orée de la gare et l ‘écheveau des rails s’est démêlé. Ensuite, la banlieue parisienne a déroulé sa tapisserie sordide d’immeubles gris et de bureaux à louer, de plus en plus rapidement, afin, peut-être, de tenter de disparaître sous l’effet de la vitesse, de se dissoudre en ramassant le temps… Il n’y a plus de poésie en elle depuis que les lierres ont cessé de percer ses murs et que ses terrains vagues ont trouvé une destination. Le putsch de la vitesse sur le décor a du réussir car ce sont de successives petites églises qui, pour un temps, ont constitué le point de fuite vers lequel convergeaient toutes les arêtes du paysage, renouvelant sans cesse l’horizon, bien qu’avec une certaine monotonie, disparaissant pour réapparaître sous une forme à peine autre, la pointe d’un clocher un peu plus taillée, le tympan crevé davantage, la statuaire un peu moins effritée...

J’ai rapatrié mon esprit dans le compartiment. Plus précisément, le volume d’une conversation voisine m’y a contraint. Un colloque réunissait mon compagnon de banquette et son interlocuteur invisible, un mauvais génie sans doute, captif du petit corps synthétique d’un téléphone portable, comme d’une fiole de conte oriental. Je me le figurais écraser sa truffe de l’autre côté de l’écran à cristaux liquides, éructant les propos nasillards qui, bien que tamisés par la clôture de verre, n’en contaminait pas moins l’espace vital du compartiment… Il fallait le reconnaître, mon voisin ne prêtait plus aucune attention à ma présence. A ses petits yeux enfoncés comme des boutons dans la tête d’une poupée, je n’existais pas plus, probablement moins même, que l’extincteur juché dans le coin gauche de l’habitacle ou encore que cette banquette qu’il souillait de ses méchantes chausses… Peut-être la caresse du lance-flammes l’eût-elle rendu à quelque urbanité ? Mais nous n’avions pas encore été présentés et je craignais qu’à inaugurer ainsi notre relation sous le signe du feu, nous hypothéquassions durablement toutes les joies dont celle-ci était grosse... Je me contentais de feindre la maladresse en lui broyant le pied au moment où je sortais fumer passivement dans le couloir qui longeait notre wagon comme les neuf autres de La palombe bleue, terminus Irun, tout le confort moderne, compartiment couchette, wagon-biture, contrôleur basque de retour dans la mère patrie de l’ovalie, casquette négligemment inclinée, cure-dent mordillé, sifflotement à la gloire du Biarritz Olympique… Revenant assez rapidement dans le compartiment pour que cette promptitude fût une gêne pour mon colocataire, l’obligeant en l’espace de quelques instants à changer plusieurs fois de position, je le trouvai encore aimanté par son fétiche, ayant même gravi quelques degrés supplémentaires sur l’échelle du hurlement… Dans sa bouche, cycliques comme les véhicules miniatures des manèges, revenaient des exclamations telles que " ça le fait !", " c’est tip-top ! ", " yes ! "… Ce long borborygme ininterrompu, auquel je n’entendais rien, commençait à tourner, à danser frénétiquement en moi, à me ligoter l’âme, ritournelle folle et mécanique, semblable à celle d’un orgue de barbarie épileptique… Il raccrocha, congédiant brusquement l’esprit du mobile ! Mais alors que je moulinais intérieurement quelques laudes, je fus à nouveau abasourdi par la faculté de cette créature à faire du bruit avec absolument tout ; cela confinait au don, une sorte de Midas du boucan… De sa besace, il avait tiré un magazine dont il faisait maintenant claquer les pages avec plus de violence que le gros grain n’en met à battre une voilure… Nous arrivions à Bordeaux pour un arrêt de quelques instants… Je fumais trois cigarettes sur le quai que je balayais de long en large comme un taulard pendant la promenade… Il vint me demander une " clope "… Je le regardais brièvement et remontais en voiture en silence…

L’ambiance avait viré au Butagaz dans le compartiment, la moindre étincelle et c’était la déflagration, nous ramassions nos vies déraillées sur le bas-côté, en Lego… Plus qu’une demi-heure avant la frontière… L’atmosphère était saturée, mais pour être lourd le silence n’en était pas moins bienfaisant après trois heures de débauche sonore… Je commençais toutefois à me reprocher mon agressivité… Aussi, lorsque mon compagnon de voyage poussa la porte du compartiment pour descendre de voiture, ai-je esquissé un sourire et lui ai demandé :

- " C’est la première fois qu’il vient en Espagne ? "

- " Non ", a-t-il sèchement répondu, les lèvres si tendues qu’elles formaient un début de bec…

- " Ah bon, et il vient pour raison professionnelle peut-être ? La pub, le costume ?"

- " Ecoute moi bien, espèce de gros beauf, je vais à la Pride de Barcelone ! " hurla-t-il, hystérique " …alors cesse de me gonfler et va te faire dorer la bedaine sur la Costa Blanca avec tes congénères, australopithèque !"

J’avoue qu’à ce moment j’ai perdu le contrôle... Un taureau lâché dans les rues de Pampelune … J’ai voulu le désosser sur place et lui reconstruire le corps dans le désordre, le portable vissé sur la carotide béante, en guise de nouveau visage, sur lequel j’aurais composé le numéro de ses parents pour leur annoncer que leur fils avait fait le choix de la crémation et de la dispersion de ses cendres au large de Gibraltar…

Sans le plaquage au sol du contrôleur, c’est dans les geôles espagnoles que je serais en train de m’acheminer doucement vers la date de péremption qui figure sous la plante de mon pied droit… Dans la voiture de la Guardia civil, qui me raccompagnait à la frontière, la radio diffusait le tube de l’année précédente, j’ai tapé du pied un peu machinalement en regardant l’Espagne éternelle qui disparaissait dans le rétroviseur…"

*Tout abus sera sévèrement puni

24 novembre 2005

Ezechiel à temps partiel

 

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Aux dires du gardien du cimetière de Bourg-la-Reine , le recueillement sur la tombe de Léon bloy pouvait s'avérer une expérience fort traumatisante, en raison, précisait-il, des  échos de grincements de dents qui s'y faisaient parfois entendre : le mendiant ingrat se retournait dans sa tombe. Il n'en finissait pas à vrai dire, de se retourner...A tel point qu'on se demandait par quel prodige pentateutique ses ossements n'avaient pas encore foré la terre pour aller attendre la résurrection enfouis dans la tourbe de contrées moins desséchées par le vent mauvais de la critique, moins désertées par un Esprit qu'avait chassé l'arrogance de ses prétendus héritiers...Peut-être la conspiration du silence eût-elle été préférable à cette récente et traîtresse exhumation, qui par un scribe aux ordres de la finance internationale, qui par un dragueur de rayon de supermarché culturel, qui par on ne savait plus trop quel mutant surnietzschéen à lunettes noires...On s'arrogeait aujourd'hui le droit de bafouer son nom en le débagoulant à longueur de colonnes pathologiquement haineuses et boursouflées, dévoyant la Sainte-Colère en l'embrigadant à la solde de ses prétentions purulentes. Le génie de l'invective du moine-pamphlétaire était devenu une lettre de cachet autorisant le laisser-aller de tout son purin intérieur, à distance de toute tenue, et surtout, plus grave, à ce point en contradiction  avec la Charité prise pour prétexte et en otage, que l'on pouvait difficilement trouver un qualificatif plus approprié à ce culte de soi que celui de "pharisien".   Jamais la vanité n'avait trouvé objet aussi adéquat à l'expression de sa double signification  : enflure de l'ego et inutilité pulvérulente...

Ainsi, regagnant le soir son domicile solitaire, le discret et serviable Saül - celui dont on a dit qu'il servait le grand Mammon -, se muait, par la vertu de l'alcool blanc et la force d'un ressac océanique du refoulé, en Torquemada de polystyrène. La virulence et la fermeture de sa sinistre personne à toute compassion étaient chez lui proportionnées à la sécurité physique d'officier derrière ces nouvelles tablettes de scribe électronique qui permettaient d'assurer un écoulement démocratique et sans risque réel du fiel universel, les  fesses larges et molles confortablement calées dans la postérité d'un copieux souper et dans la soie de lendemains ne chantant  déjà certes plus depuis longtemps malgré le jeune âge de Saül - tout au plus vesseraient-ils de satisfaction -, mais délivrés au moins de l'inquiétude matérielle. Son credo, le champ de bataille où il déployait toutes les bottes secrètes de son Ars Belli, toutes ses aigrefinesses de Clausewitz par correspondance, était le domaine des Lettres. Ce territoire qui dressait ses officines cadenassées à l'épicentre de quelques rues du sixième arrondissement parisien, avait connu, consécutivement à cette Marche Radetzky machinique caractéristique de l'époque, l'adjonction clandestine de banlieues insoumises,  menaçant par la force de son nombre et la verdeur d'un sang contenu trop longtemps, de faire vaciller cet empire inique reposant sur la confiscation consanguine des organes d'édition, avec l'habile complicité des coquins de la maison de la presse...Toute en embuscade, en blitz, la puissance de feu de Saül,  était réelle, et redoutée pour cette raison même. L'article fondamental de sa foi, son pilier central résultait à peu près du sophisme suivant : La littérature, la seule digne d'intêret du moins, était le Verbe. Or le Verbe était Dieu. Et Saül était le cerbère du Verbe. Ainsi Saül était le gardien de Dieu. Voire Dieu lui-même, était-il besoin de le préciser?...On comprend où tel postulat ne pouvait manquer de mener : pas loin, mais très douloureusement, pour lui aussi bien que pour le reste de cette humanité à qui, Anti-Prométhée allié des Dieux, Elohim des derniers temps, il aurait tant aimé ramener le flambeau de la connaissance divine, s'il n'avait jamais buté sur autre chose que ce ramassis d'insectes coprophages, une vraie benne à ordures, une décharge de trisomyque, enfin un tas de merde...

Il semblait qu'avait du se tenir, connu du lui seul, un colloque non moins crucial au devenir de la chrétienté que celui qui vit tous les monastères d'Occident converger vers l'île de Cisterce, où, dit-on, Saint-Bernard ostendit le Saint-Graal, ou encore que celle qui réunit les Sages de Sion pour la domination du globe, assemblée donc, au cours de laquelle un fort mystérieux décret semblait avoir été promulgué, dont les actes n'étaient pas sans évoquer ces tabliers humoristiques arborés par certains caustiques taverniers : 

"Article 1 : Saül est seul autorisé à décider qui parle de bon droit du Verbe en général et de la littérature en particulier.

Article 2 : en cas contraire, se référer à l'article 1, et gare à celui qui ne gardera pas le rang qui lui a été assigné..."

On s'était voulu, sur la place publique - plus une tuile des  toits de Paris pour l'ignorer en effet,  libérateur de la parole, et l'on était soi-même devenu un petit maton, d'autant plus passible de la peine capitale qu'on prétendait officier au nom de cela même que l'on trahissait...

Parfois, lorsqu'il quittait son bureau plus tôt, Saül errait dans les églises...Il gromelait alors des insultes à l'endroit des paroissiens, convaincu que Léon Bloy en eût fait de même... A force de zèle, il était devenu un austère gardien du Temple, au premier rang duquel il aimait à sentir derrière lui, jouïssant de n'en pas être, tapis bien au fond de son mépris, ceux qui suivaient le conseil  paulinien d'anéantissement de soi. Il bénissait le Seigneur de ne pas l'avoir conformé à ces invertis, à ces mérinos de bénitier  dont la laine cauteleuse habillerait pour l'hiver les tapins en channel et carré Hermès. Phacochères de bourgeois! Il voulait bien faire partie du Corps du Christ mais pas n'importe quel morceau, et pas avec n'importe qui! Il était un dissident! Il était nécessairement, indubitablement, substantiellement autre que toute cette merdre qu'il conchiassait de tout son être ! Il caressait pourtant avec un soin attentioné et presqu'amoureux les gonades du Moloch tout le long du jour, vampirisant le sang du pauvre,  lui grattant les croutes mais, fi! Il restait un authentique apôtre de la Pauvreté...C'est pourquoi d'ailleurs il ne se laissait jamais délester du moindre bouton de culotte, et lorsqu'un clochard osait le solliciter sous le tympan du Jugement dernier, il lui donnait son congé en des termes imprécateurs : "Ah! Si vous saviez! Si vous connaissiez l'état réel de mes finances, et partant, celle de mon âme, vous sauriez que tel un moderne Atlas, je porte le fardeau de vos péchés sur mes épaules ; aussi ne m'importuneriez-pas de la sorte!". Il jouait en vérité la pantomime de Job. Il posait à l'indigent élu. A l'imitation de ce glorieux prédecesseur - Saül disait "prototype" -, il savait bien que toutes ces scories charriées à la surface de son âme, dont on lui faisait éternel procès lors de ses soirées passées à pourfendre la médiocrité virtuelle, étaient les gages de sa sincérité. Ainsi de sa foi, qu'il n'avait pas si ferme comme il l'avait un jour publiquement confessé, au démenti de son zèle apostolique incandescent...Or sa sincérité était si grande et son scrupule si profond qu'il n'avait pu offrir au Tout-puissant l'holocauste frelâté d'une foi trop hésitante! Ah! Que de coupables eucharisties, l'âme chevaleresque embrasée par le remord et travaillée comme un sabot par le fer écarlate du doute! Ils ne pouvaient comprendre tous ces cochons qui venaient communier au distributeur automatique des Saintes Espèces! Seules à ses yeux les mensurations de son questionnement abyssal rendaient justice à la dimension du sacrifice de Notre Sauveur! Nous valions le sang d'un dieu, comme l'avait dit Bernanos, qui le tenait de cet altier philosophe juif et pourtant athé - mais est-on jamais athé lorsque est juif? Non, c'est ce que Saül avait appris de ce poète norvégien converti au catholicisme par la grâce de l'un de ces ecclesiastiques au tempérament médiéval dont les tonsures ont été suspendues au lanterne par les sans-culottes - caractéristique vestimentaire qui, comme goûtait à le rappeler notre prophète, avait toutefois permis, en plus de leur botter le derrière, de vérifier qu'ils étaient bien eunuques... Las! Sa nuit était si profonde qu'il avait bien fallu à Saül en informer le monde, n'avait-il pas eu raison? Comment les planètes avaient-elles d'ailleurs pu accomplir leur révolution jusqu'à ce jour sans connaître sa nuit?

En un mot, Saül était devenu le physionomiste du Sanhedrin : le soir, l'humanité se répartissait entre ceux qui avaient prêté allégeance à sa mégalomanie grimée en noblesse ombrageuse : à sa dextre, sous sa maffieuse et laudative protection ils étaient autorisés à pénétrer le Saint des Saints littéraire ; et les autres, à sénestre, ces pourceaux qui n'agitaient pas l'encensoir, à qui, l'un après l'autre, il fracasserait la gueule sur le parvis...Il confia un jour au curé qu'il priait pour l'âme des autres...Sans rire. Il avança également avoir une âme d'enfant...Le prêtre ne put pour sa part faire preuve d'autant d'héroïsme et retenir des larmes de rire.

Parfois, après le combat nocturne, il  parlait aussi du silence, il en parlait même beaucoup, et pas silencieusement du tout! Il n'était pas avare de développements byzantins sur le silence! Il  menaçait même parfois ses amis du sien, de silence...Mais  finalement, toujours le même bruit, le cliquetis des armures, le fracas des armes,  le brinquebalement d'une carcasse vide et sonore, l'inconséquente fatrasie...Il avait la passion de la violence, pas celle de la Sainte-Croisade pour l'honneur de Son Roi des Cieux et de la conversion de ses frères, mais celle qui n'avait d'autre vulgaire et brutal dessein que de blesser la multitude honnie - aux suffrages pourtant toujours convoités...L'insulte était devenue un sport, une savate, un défouloir à la frustration de ne pas être ce qu'il prétendait... Il se prenait pour une voix, il n'était qu'un ventriloque. Un écho stomacal, le parangon d'une littérature à l'intestin grêle. La testostérone lui tenait lieu de ligne éditoriale, et il ne faisait pas bon traîner autour de lui quand ses bourses étaient bien garnies, promptes à éjaculer le ressentiment jaunâtre ! Alors on moulinait les quolibets précédés par l'ambassade des postillons fielleux ! La tension de l'écriture n'était plus la bandaison de l'arc de Justice - qui peut parfois encore être un effet de la Miséricorde -, mais traque de la seule et vaine électricité des mots, de la commotion, du divertissement de son néant, d'une stérilité aigre dure...Il eût été inspiré de prendre quelques leçons d'humilité et, plutôt que de capter l'héritage d'autres écrivains, d'essayer de retremper son âme à la source de l'enfance,  aux antipodes des vieux fronts ridés de sérieux,  usurpateurs du visage de la pureté blessée, tentant ainsi de justifier une débilité nerveuse et l'épanchement d'une bile mégalomaniaque, d'une jalousie psychotique ne villipendant par ailleurs les laudes que lorsqu'elles n'étaient pas exclusivement adressé à sa théologie de cafétéria.

On comprenait mieux, à la vue d'un tel aveuglement, de telle obésité égotique, comment le sang d'un Dieu avait pu paraître à telle âme pouvoir être acheté pour quelques piècettes...

Etait-ce le remord d'une telle pensée qui faisait balancer Saül au bout cette corde attachée au chêne nu qui surplombe la sépulture de l'auteur du Désespéré? Sans doute cela était-il souhaitable pour son son salut...

07 février 2005

Kit de Survie dans le monde moderne


«On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on admet pas d'abord qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.» Bernanos.

medium_0308_boulesquies_2.jpegUne boîte de boules Quiès

Leur inventeur mériterait le prix Nobel au moins autant que les découvreurs de la structure de l'ADN. Quel prophétisme que de comprendre la nécessité imminente d'une paire de ces boulettes de cire à même de reconquérir un peu d'espace intérieur! La plupart de nos contemporains, reconnaissons le, se comportent vraiment comme de véritables colons de l'espace public, criards et souffrant d'une incapacité à se faire oublier. Pas la peine de détailler la plaie paléotestamentaire du téléphone portable.

medium_pneuma_01.jpegUn masque à gaz

Autant pour les pots d'échappements qui auront bientôt réussi ce que tous les fous les plus sanguinaires que notre belle planète a pu compter n'ont pu réaliser - éradiquer toute forme de vie -, que pour se prémunir de la corrosivité de certaines eaux de toilettes dont les créateurs devraient être traînés en justice et jugés avec la plus grande sévérité. Inutile d'insister pesamment sur la nécessité d'un tel rempart dans les redactions parisiennes.

medium_bouclier.gifUn bouclier

Afin d'écarter ces okapis sur roulettes ou un cadre à trotinette motorisée, d'abord, puis dans un deuxième temps, si l'on a choisi un modèle équipé en sus (comme le modèle de démonstration) d'une épée et/ou d'une francisque, trancher les pieds du raulleurskéteur ou les mains du petit homme gris. Dans un cas comme dans l'autre, on rapporte que, animés d'un ultime zeste de vie, pareils aux gallinacées étêtées, on a vu des mains qui continuaient à actionner l'accélérateur indépendamment des bras-de-jatte de leur ancien propriétaires resté au sol, ou encore des mollets fraîchement désolidarisés à rouler sur quelques dizaines de mètres, à la surprise de leurs maîtres, mais pas à l'adoucissement de leur douleur indicible. Les soirs de grande vadrouille des roulettomanes, ne pas tenter de s'illustrer par un stupide exploit personnel. La masse en est telle certains vendredis soirs que la témérité serait ici folie.

medium_permis_20categories.jpegUn permis F (permis de marcher)

Certains prévoient pour après-demain l'instauration d'un signalétique "routière" destinée non plus aux voitures qui pourraient désormais évoluer hors de toute règlementation, mais directement aux piétons qui devraient ainsi régler leur pas sur celui des mécaniques.

medium_permis_20categories.jpegUn permis G (permis de penser)

Demain, il ne s'agira plus seulement de ne pas être contre, mais d'être explicitement pour, en le disant clairement.

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Des tickets de rationnement de silence

30 janvier 2005

Le Monde Gadget

medium_pif_numero1.jpegUne idée de concept à développer pour relancer les ventes du quotidien vespéral : adjoindre un gadget sous papier célophane, dans l'édition du week-end, à la manière de Pif le crypto-Stalinien de notre enfance (dont la relance récente stigmatise mieux que tout conclave sous le dôme de la place du Colonnel Fabien, mieux que n'importe quel défilé Prada ou je ne sais quelle sauterie post-historique, les derniers soubressauts du cadavre communiste, enfin en phase avec ce libéralisme, au revers de qui il n'a jamais été que le négatif, frappé sur le même métal de la cité sans Dieu).
Ayant incidemment connu un des plus grands spécialistes français (il en est de tous les pays comme des PC, des cubains, des chinois, des Nords-Coréens sans doute...) de cet organe de propagande visant à rien moins que d'être le cheval de Troie de l'opium des intellectuels dans la cervelle des enfants (le fait de s'en prendre aux enfants est toujours la marque indéfectible de l'action du Mal), je sais que la mission principale du préposé au gadget serait de sillonner la planète à la recherche du bibelot susceptible de divertir Homo Festivus tout au long de la semaine, peut-être plus particulièrement du côté aujourd'hui encore de l'Asie du Sud-est où la presque totalité des mythiques colifichets qui ont fait le succès de cet illustré furent conçus.

Quelques propositions de babioles :

La figurine du prêtre pédophile : tout en latex, à tordre et à violenter, comme ces objets qui servent à défouler son stress.

Un jeu de 7 familles anticatholique primaire, du moins ultra-progressiste. La famille "Partenia" serait ainsi composée de prélats aux pratiques illicites selon le droit canon mais encouragées par le siècle : un prête marié (sa femme serait la mère), un couple de moines homosexuels (pour le frère et la soeur), une femme prêtre voire Pape (pour la grand-mère)...

Le papier à lire entre les lignes, d'une certaine presse-qui-nous-rappelle-les-heures-les-plus-sombres-de-n... ; il s'agirait d'une sorte de papier calque reproduisant les lignes épaisses et les fines interlignes du papier Clairefontaine, entre lesquelles seraient recopiées des lignes de Brasillach, Pétain, ou tout autre paria de l'Histoire ou de la littérature française. Ce texte serait écrit à l'encre sympathique. Ainsi, une fois révélé le texte par l'action d'une petite flamme, on apposerait ce papier spécial sur une des pages de ladite presse, et apparaîtraient lesdites phrases entre lesdites lignes .

Un fanion national à l'occasion des JO à Paris, mais sur chacune des trois couleurs du drapeau figureraient les mots : Black-Blanc-Beur.

Le puzzle d'une carte de l'Europe où les pièces de la Turquie viendraient s'emboîter sans peine dans celles de la Grèce et de la Bulgarie, mais où celles de l'Angleterre seraient délibérément injoignables au reste, voire absentes.

Un petit tapis de prière avec une boussole indiquant la Mecque, taille enfant pour leur expliquer. Serait joint un livret (dont les lettres et les mots se liraient toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, mais dont la page 1 figurerait en dernière position, l'ensemble étant donc à lire de droite à gauche) expliquant le calendrier de l'hégire, le ramadan, l'apport scientifique et philosophique, le paradis terrestre de l'Espagne Maure,...

L'Herbe qui fait rire sous la forme d'un petit sachet de vraies graines de marijuana au moment où le débat ferait rage sur la dépénalisation au Palais Bourbon. Un dossier serait consacré dans ce numéro aux avantages du cannabis sur l'alcool, notamment sur ses performances thérapeutiques, chiffres à l'appui.

Un préservatif aromâtisé pour l'édition masculine, une édition féminine du même jour avec un stérilet, non moins odoriférant. Une édition "troisième sexe" offrirait un petit tube de pommade de confort.

23 janvier 2005

Réserve naturelle de quolibets

Voici l'amorce d'un petit vademecum du bretteur animalier, esquisse d'un lexique à l'usage de l'invectiveur désireux d'agrémenter un peu ses joutes verbales de quelques noms d'oiseaux rares et autres représentants du règne animal aux savantes et savoureuses épithètes. Ceux-ci gagneront en efficacité si on se les représente précédés d'un "Espèce de...", d'un "Face de ..." ou encore d'un "Pauvre...".
[Excuses préliminaires et sincères auprès des congénères cités, pour cette traîtresse instrumentalisation].




medium_poisson_tetrodon.3.gifTETRODON OU POISSON-GLOBE, (Tetrodon Ocellatus)
"Poisson osseux des récifs coraliens, au corps hérissé de petites épines mobiles [...] Les Tétrodons sont massifs et présentent la curieuse particularité de se gonfler d'eau ou d'air lorsqu'ils sont menacés. Chair délicate fort goûtée des japonais, mais viscères renfermant un poison extrêmement toxique : la tétrodotoxine."

Emploi possible : il est tentant de voir dans cette propension insolite à l'inflation la boursouflure de l'orgueil, la macération de ce dernier dans la cornue du ressentiment distillant un fiel létal. A l'endroit des fats donc, des vaniteux.

medium_lyre.jpegTETRA-LYRE
"Petit coq de bruyère appelé aussi coq des bouleaux. Les mâles sont polygames. Ils paradent sur des espaces assez restreints appelés "places de chant" où ils se livrent à des combats plus ou moins fictifs dans le but d'assurer leur prédominance et d'éloigner les rivaux éventuels."
Emploi possible : là encore, variation assez évidente sur la vanité de l'égo dressé sur ses ergots, mais plus particulièrement applicable à la prétention masculine et fière-à-bras.

medium_vulturine.3.jpegPINTADE VULTURINE, (Acryllium vulturinum)
"La pintade vulturine vit en troupes dans les habitats semi-désertiques et pousssiéreux d'Afrique de l'Est. Elle doit son nom à la ressemblance de sa tête et de son cou avec ceux d'un vautour, bien que la bande de plumes marron sur sa nuque évoque plutôt la tonsure d'un moine. Comme beaucoup d'oiseaux vivant au sol, la pintade vulturine court rapidement sur ses longues pattes en cas de danger, progressant du couvert d'un buisson à l'autre. Elle s'envole sur 50 à 100 mètres en cas d'extrême nécessité, mais quitte le sol chaque soir, volant dans les arbres pour y passer la nuit. A part quelques cris de contact, l'espèce est plutôt silencieuse, mais émet cependant des cris métalliques lorsqu'elle se perche pour la nuit."
Emploi possible : tout d'abord, c'est une antique maxime qu'il ne faut point contraindre la Nature, d'où il procède donc, céans et si l'on excepte le caractère silencieux de l'animal, que le genre grammatical de cette gallinacée attire de préférence des sujets feminins, comme l'aimant la limaille. Il semble, en outre, que la dimension rapace trouverait une résonnance particulière dans le monde de l'édition ou de la presse, où les charognes semblent les plus faisandées.


medium_coati.jpegCOATI, (Nasua narica)
"Mammifère carnassier commun en Amérique, qui est de la grosseur du chat et ressemble au raton."
Emploi possible : réservé aux coups bas qui visent l'aspect physique. Il s'en faudrait d'une initiale pour nous retrouver à nouveau dans le monde de la presse (audiovisuelle, cette fois)...


medium_choucas_tours.jpegCHOUCAS, (Corvus monedula)
"Espèce la plus petite du genre corbeau (de la famille des corvidés), de la grosseur d'un pigeon, au plumage noir, vivant en société et habitant volontiers les lieux élevés (tours, clochers), les ruines ou les falaises d'Europe."
Emploi possible : variation sur le thème du corbeau comme engeance de mauvaise augure. De par sa prédilection pour l'altitude, les clochers, peut aussi railler une tendance à se couper du siècle, à se draper dans la plus hautaine des morgues.


medium_ophiure.gifOPHIURE, (Ophiotrix fragilis)
"Invertébré echinoderme marin au corps discoïdal, d'où partent cinq longs bras, grêles et souples."
Emploi possible : le plus probablement physique, un peu plus original que le sarcasme conventionnellement simiesque pour moquer de long bras. Peut aussi éventuellement qualifier une personne qui jouit d'une influence dont les raisons restent obscures, voire ténébreuses...Une déclinaison du poulpe mafieu, en somme.


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PHYLLIE
"Insecte des régions tropicales au corps aplati imitant les feuilles des arbres."
Emploi possible : Cet extraordinaire don de dissimulation rend bien évidemment cette petite bête toute désignée pour caractériser l'hypocrisie, la duplicité, ou encore la faiblesse de caractère, la proie facile des influences.


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PECARI, (Tayassu pecari)
"Porc sauvage d'Amérique (Amérique du Sud, Mexique et sud des Etats-unis), de la famille des Suidés, ayant la taille d'un petit sanglier, sans queue ni défenses. Désigne aussi le cuir de cet animal"
Emploi possible : l'appartenance à la grande famille porcine peut en faire un juron assez dur ; en user avec d'autant plus de parcimonie que la pertinence de ce terme semble promise à un avenir toujours plus florissant. De par sa spécificité géographique, peut élever stylistiquement certaines formes primaires d'anti-américanisme. Bien sûr, n'utiliser que dans le Dhar el harb.


medium_colugo2.jpegGALEOPITHEQUE, (Cynocephalus volans)
"Mammifère insectivore des îles de la Sonde et d'Indochine, de la taille d'un chat, pouvant planer grâce à une membrane latérale (patagium) soutenue par les membres et la queue. Le colugo des Philippines, galéopithèque ou lémur volant, est le plus connu"
Emploi possible : le vol fou de cet incroyable animal pointera une attitude désordonnée, un esprit prompt à se faire le jouet des impressions premières, à s'enflammer à l'étincelle des vains mais séduisants discours. Par extension, on pourra aussi croquer une personne sous l'emprise de substances psychotropes.