09 janvier 2007

Cinq choses peu connues de l'OrnithOrynque

En réponse à l'invite du documentaliste obscurantiste cosméticien. Bien d'accord avec Constantin C., qui en préambule à sa réponse au présent exercice, en définit ainsi les deux extrêmités : "On n’a guère le choix qu’entre des choses peu connues dont on ne souhaite pas qu’elles le soient et des choses peu connues qui ne méritent pas de l’être…". Lui confesse avoir plutôt énoncé celles relevant de la deuxième catégorie. Vivant moi-même sous le régime du pseudonyme (doublement d'ailleurs (un peu à la manière d'une parenthèse dans une autre parenthèse (je lis Jaenada en ce moment))), j'escompte bien m'acquitter de la tâche sans trop me dévoiler, même si j'imagine que le "peu connu" doive être entendu comme "même de ceux qui me connaissent"... Essayons malgré tout d'éviter le second écueil, si cela est possible, celui de la trivialité qui nous poursuit sans relâche, en dépit des Golfs Jaunes qui appareillent pour le Frioul ou l'île anglophone de le Barbade, dans le reflet des petits ballons rouges,  blancs et roses qui flottent au dessus des zincs, élargissant les arrière-salles des bistrots à la dimension des rêves...

1 - J'ai abandonné un premier sujet de mémoire sur l'auteur de Battling le Ténébreux et Les Fruits du Congo, faute d'inspiration mais aussi de sources - malgré l'excellent petit livre de Tadié intitulé le Récit poétique, en raison également de la vastitude bretonne-chinoise du sujet dans lequel j'avais inconsciemment placé cette étude : les liens qui unissent la poésie et le roman chez cet auteur... J'espère un jour y revenir, depuis je note toutes les conceptions relatives à ce sujet. Qui saura isoler la poésie aura percé le secret de la littérature. Vaine entrepprise, j'en conviens, aux deux sens du terme.

1 bis - J'ai rencontré le faux sémillant Jean Dutourd (a-t-il survécu à Jean Ferré au fait?) à l'occasion d'un stage dans une maison d'édition, par timidité je ne lui adressai pas la parole, alors qu'il est tout de même l'un de ceux par qui le nom de vialatte a survécu, et que j'étais à la recherche de toute information sur le sujet... En même temps je ne vois pas trop ce qu'il aurait pu me dire d'intéressant... "C'est épatant", peut-être... Depuis j'ai appris qu'il habitait la demeure des Rebatet, si ça se trouve il m'y aurait peut-être invité... Je ferais mieux de commencer par lire "Les deux étendards", un chef-d'oeuvre selon beaucoup, dont Nabe.

2 - J'ai rencontré le deuxième meilleur ami de mon frère au pied de la Tour de Pise, par hasard... Et aussi le correspondant berlinois d'une amie sur la costa Brava... Qui dit mieux?

2 bis - Je me suis endormi à Saint-Pierre de Rome, et le groupe d'adolescents en voyage dont je faisais partie, m'y a oublié, pour me ramasser quelques minutes d'angoisse après sur les bords du Tibre...

3 - J'ai un trisaëul rabbin défroqué par amour, dont le secret s'est perdu puis retrouvé, et un bisaïeul roturier royaliste  ultra légitimiste qui fonda un aussi éphémère qu'obscur et fantasmagorique "Grand Occident de France" (en réaction au "Grand Orient" évidemment), et qu'on voyait parfois faire le coup de poing dans la juiverie du Marais au début des années 30 (la citation de Bernanos - sans doute erronée  comme le pense un autre amoureux de l'enfant de Fressin - qui sous-titre ce blog,  est aussi en exergue de ses mémoires). Pour autant, ce n'est pas cela qui me convainct que Léon Bloy eut foi ardente en l'élection d'Israël, puisque le mendiant ingrat le répète assez lui-même dans son Journal et ailleurs pour qu'il  soit nécessaire de le démontrer. Que ceux qui ont des grandes oreilles de lapin pour entendre, entendent.

4 - J'ai fait une nuit un vrai rêve, non pas prémonitoire mais "simultané" : j'y voyais le poignet tranché d'un ancien camarade d'école primaire, au moment même où il se coupait les veines, comme je l'appris dès le lendemain soir... J'attribue ce moment de lucidité au lien de charité qui m'unissait particulièrement à lui ; saisi de compassion devant sa peine, je l'avais en effet aidé à recoller un poster que des petits sauvages lui avaient déchiqueté. Il n'est pas mort.

5 - J'ai acheté exactement le même livre le même jour que mon frère ("Moins que zéro" d'Ellis), et à très peu de temps de là, la même carte postale, un même jour également (une représentation ancienne de la Lune). Etonnant, non?

Il y a des amis blogosphériques à qui j'aimerais passer la main, comme Mawie, Colette ou Dominique Autié, mais je sens que ça va plutôt les fatiguer, donc je dirai, si ils le veulent bien : Amel Zmerli, Slothorp, JLK et Pierre Assouline (non je plaisante). Et Robin, le géographe sacré. J'avais pensé aussi à Pharamond, mais l'Ibis l'a déjà choisi...

Commentaires

Ces coïncidences et ces échos fraternels et familiaux sont vraiment troublants.
Vous ne chercheriez pas la poésie, si vous ne l'aviez déjà trouvée, n'est-ce pas ?

Ecrit par : Ludovic | 10 janvier 2007

C'est épatant!

Ecrit par : Ibis | 10 janvier 2007

J'allais le dire. Je vous offre une citation de Vialatte, "parce que vous le valez bien" :
"[...] ce qui me plaît le plus est de constater à quel point le réel démarque l'insolite. L'insolite commence à nous-mêmes, l'incroyable est à notre porte, nous vivons un monde délirant. Le réel n'est qu'une attitude. Un seul instant d'attention véritable, et le monde s'échappe pour devenir aussi lointain que la poussière qui couvre la lune. Tout est énigme" ("Chroniques de La Montagne", II, p. 323-324)

Ecrit par : C.C. | 10 janvier 2007

Merci à vous Constanttin, pour cette citation, ça me fait bien plaisir. Je savais que vous pouviez être compté au nombre de ceux qui guettent les gémissements de M. Panado! Quand on pense que Vialatte a découvert (?), en tout cas traduit Kafka le premier, ce n'est pas rien tout de même... Il paraît que Jourde lui a consacré un essai. C'était l'écrivain préféré de Desproges.

Salut à vous l'Ibis et Ludovic - en effet, avec mon frère c'est un peu ambiance "Faux-semblants"...

Ecrit par : OrnithOrynque | 10 janvier 2007

Cher OrnithOrynque,
Merci pour l'invite. Je vais y réfléchir.

Ecrit par : Robin | 11 janvier 2007

Etrange coïncidence cher OO, je pensais à vous mais Mauricette m'a devancée, et comme Orlando me le proposait j'y ai répondu à la hâte : mon esprit errait dans les couloirs des Hautes Etudes à l'annonce de la mort de Jean-Pierre Vernant. Ce serait-ce une seconde chance de me redécouvrir, bien que nous soyons pour et à nous-mêmes nos propres ténèbres ( sujet de philo qui m'a sans doute le plus appris:). Ce fut d'ailleurs ma dernière copie rendue.
Tous ses récits qui pourraient paraître extraordinaires, me confortent dans l'idée que la "préscience" nous est donnée par instant de vivre. S'agissant des camarades qui vous ont négligemment oublié à Saint Pierre de Rome, je peux le comprendre, c'est d'une laideur écrasante, ils ont pris la fuite! POur faire un lien incongru : je dirais que la parenthèse et vos "n+bis" devrait être étudiés attentivement, on ne se livre mieux que dans et à travers des antres ou des décrochements narratifs... Donc jerelis d'abord les textes n+bis et je verrais peut-être mieux votre reflet...
Pour répondre à un commentaire : on ne trouve que ce que l'on porte déjà avant même d'être là. (hypothèse)
J'ai un instant zu peur que vous vous soyiez retrouvé sur les bords du Tigre, ce qui n'est plus un glissement mais un saut géographique:). Enfin tout cela ne fait que confirmer ce que nous savons déjà, une attention aigüe et fine sur le monde qui vous entoure et l'art d'en parler !
Merci OO de ce beau témoignage, pour le dire laconiquement : c'est tout à fait cela!
Très bonne journée cher OO et à bientôt. Je me fais plus rare : je plume mes poules pour réaliser des encres! Mais je me fais de la bile car je ne suis plus assurée de mon geste; la bile noire ne vaut pas l'encre de Chine...

Ecrit par : amel | 12 janvier 2007

LE grand Occident? Jules Guérin? J'ai habité en non loin de "fort chabrol", dans la rue du même nom, là où s'est déroulé le "siège" de cette association de dangereux foldingues! Témoignage de cette triste époque: on a mis unhistorique starck pur signaler ce fait de l'histoire parisienne...

Ecrit par : orlando de rudder | 12 janvier 2007

j'ai bravé ma timidité plus que la fatigue :))

je suis touchée par votre n°4

à bientôt OO

Ecrit par : colette | 13 janvier 2007

Il vous arrive de bien curieuses choses... Quant à l'invitation, Ibis plus vous, je ne peux plus refuser.

Ecrit par : Pharamond | 13 janvier 2007

Bonjour et merci à tous,
Finalement, c'est très joyeux ce petit jeu, j'avoue que j'étais sceptique, mais non, aucune impudeur finalement, quelques indiscrétions consentantes, drôles, insolites et touchantes.

Merci spécial ici à Mawie (dobre!), dont les commentaires sont clos, Colette (c'était bien sûr une invitation cachée!) et Amel - non en effet je ne me suis pas perdu à Bagdad, je n'ai pas fait Babylon by bus ! ;)

Orlando, savez-vous que Proudhon était un des auteurs de référence des royalistes de l'époque? Personnellement, je ne crois pas beaucoup à la politique, sous aucune forme. Il paraît que nous sommes dans le "moins mauvais système"... I really dont know...

Ecrit par : OrnithOrynque | 13 janvier 2007

Effectivement les commentaires de Mawie sont fermés et je voulais lui dire que sa note sur les 5 choses m'avait beaucoup touché - c'est à nous de faire vivre notre liberté dans tout ça, point de déterminisme, fatalisme ... en résumé, il faut balancer l'astrologie.
chère Mawie votre nature est touchante .

OO merci pour votre lien vers Philippe Billé .

Ecrit par : colette | 14 janvier 2007

Je me promène ici agréablement de temps à autre mais je n'ai devancé personne. J'ai participé à ce jeu invitée par Monsieur Suel de l'académie 23. Ceci dit, j'ai passé un très bon moment sur cette page et j'en remercie le rédacteur et propriétaire.

Ecrit par : Mauricette Beaussart | 15 janvier 2007

Je crois en effet qu'il y a eu légère petite méprise, sans conséquence. Merci de passer ici Mauricette point étoile, et je m'en vais passer de cette palme un agréable moment chez vous!

Ecrit par : OrnithOrynque | 15 janvier 2007

JE voulais just corriger votre déclartion! Le "grand occident de France" n'était pas u mouvment obscur!Au contraire.
Quant à la politique, elle nous rattrape toujours! Pour le meilleur et pur le pire! La misère,,par exemple, est un fait politique issu de choix délibérés de gouvernants! Comme l'extension des épidémie qu'on purait éviter ou amoindrir! Ce n'est pas une question de croire ou de ne pas croir! Qui ne croit pas à la misère ou au SIDA? C'est là, la politique: inévitable, du réel, mastoc!
Prouidhon n'était pas tout à fit la référence des catholiques! En tout cas pas de Léon XIII. En revanche, les héritiers du catholicisme social de Lammenais et Lacordaire, MArc Sangnier encore pus tard ont pu s'en inspirer... MAis ça ne plaisiat qu'à moitié à l'Eglise, pour ne pas dire plus!

Ecrit par : orlando de rudder | 15 janvier 2007

Ah oui j'oubliais aussi Orlando : parmi les premiers résistants on comptait un certain nombre de maurassiens - ce que je ne suis pas je tiens à le préciser, Murras était avant tout un nostagique de l'Antiquité greco-romaine-, alors que ceux dont le credo était d'éradiquer la misère étaient plutôt liés à l'Allemagne par certain pacte germano-soviétique... Bien que ce soit vrai, du moins à ce que j'en sais, je dis ça plutôt par esprit de contradiction, car je suis bien conscient que tout est beaucoup plus compliqué. Qu'on le veuille ou non toutefois, l'église a certes tué, persécuté, en trahison du message de Miséricorde Christique, mais c'est aussi elle qui s'est chargée des pauvres pendant des siècles.
En fait, en matière de socio-politique, Péguy est mon idole. Trouve-t-il grâce à vos yeux? Un vrai Juste celui-là, une âme de haut vol...

Ecrit par : OrnithOrynque | 15 janvier 2007

Hoctus est mort, vive Hoctus!

Ecrit par : Tzara2stra | 16 janvier 2007

La consommation intensive des oeuvres du grand moustachu teuton agité du bocal est dangereuse. Sinon je suis bien d'accord avec vous.

Ecrit par : OrnithOrynque | 16 janvier 2007

Mais, je ne comprends pas! Croyez-vous que j'ignore ces choses? Pourquoi vouloir m'enseigne ce que je sais? J'ai eu la chance de fréqueter Claude Bourdet, grand ami du Général de Bénouville, son compagnon d'amis durant la résistance et son ennemi politique...
Péguy a, ente autres, publié l'épatant "Victor-MArie, Comte Hugo", qui fut l'un de mes livres de chevets.. Et que j'ai prêté, donc... (air connu).
Ce qui n'empêche pas que les choix soient cruciaux!
SE charger des pauvres, cela dit, est commode! Seulement, quand ls pauvres se chargent d'eux-mêmes; on est bien embêtés! C'est pas sympa, les pauvres, ça devient communiste, islamiste, ça cogne, ça tue... Obn les aimerait bien propres, gentils et reconnaissant quand on leu file dix centimes... Hélas, non...
En même temps, je ne puis m'empêcher de me réjouir qu'Hugo Chavez montre l'exemple, dans la lignée de Nasser (hé oui, il est aussi louche qu'un président des E. U. par certains côtés) ou de Nehru...Sauf que ça risque de devenir dur, dur... Une dictature? Faut voir...
Le plus grand cauchemar serait sans doute Gandhi au pouvoir... Pire encore que l'écologisme qui finira comme le marxisme, si on laisse faie: même discours, mêmes attitudes, avec, en plus des racines protonazies...

Ecrit par : orlando de rudder | 20 janvier 2007

J'aimerais aussi que vous ne me premiez pas ppur unombécole en me faisant part de choses que tut le monde sait, dès qu'on a la volonté d'aimer, donc de savoir... Ce qui ne pense pas comme vous n'est pas forcément ignare, imbécile et bête... Donner des leçons serait bien à condition de ne pas enfoncer des portes ouvertes et de ne pas toujours imaginer que l'autres ne connaît rien! LA discipline veut le contraire: pur miux penser,,il faut considére que l'autre en sait peut-être plus que vous... MAis c'est déjà de l'humanisme!
Ce serait el moment,puisqu'on en a parlé, de réveiller la légende de Durutti!

Ecrit par : orlando de rudder | 21 janvier 2007

Je ne suis pas aussi sûr que vous Orlando, que tout le monde sache cela. Mais enfin ce n'est pas grave, je n'avais pas l'intention de braquer qui que ce soit en disant cela. L'idée de prendre qui ne pense pas comme moi pour un imbécile m'est d'autant plus étrangère que je change moi-même d'avis à peu près comme de chaussettes. Remarquez c'est donc peut-être pour ça que je me prends un peu trop pour un con :):):)

Ecrit par : OrnithOrynque | 21 janvier 2007

Ca me fait mal OO de vous entendre parler de vous comme ça.

Ecrit par : colette | 21 janvier 2007

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