27 mars 2006

Le Nautonier Céleste

Les machines hurlaient le chant geignard de leur mythologie urbaine, débitant le silence par à-coups brusques et stridents, complaignant à leur insu la mélopée industrielle du monde moderne. L'âme de l’époque gît dans quelque linceul de ferraille, loin des rivages du songe qu'elle a congédié, dérivant comme un marin frappé d'amnésie écope des océans d'oubli, ignorant tout du dessein qui le jeta sur ce qui ne lui apparaît plus que comme une gigantesque nappe mouvante… La chorégraphie des plis onduleux, tantôt ridules ridicules, tantôt houle fantastique, n'est plus à ses yeux jaunis qu'une pantomime de carton pâte, décor sans envers, marionnettes sans maître, amputées de la main qui les agitait, oublieuses de leur propre oubli...

Ces machines, en effet, ne sont-elle pas de nouvelles créatures mythologiques, hybrides, ressortissant aux règnes animal, humain et synthétique ? Ces motards lancés dans le vide ne sont-ils pas des centaures mécaniques, exigeant un tribu de fer et de sang ? Ces carcasses métalliques qui déchirent le bleu du ciel ne sont-elles pas autant de créatures célestes, ivres et promises au destin d’Icare ? La malice d'Ulysse a dégénéré en folie technicienne, l’homme s’est démultiplié, bientôt précipité avec fracas à la suite de ces golems qui lui échappent, et dont la puissance lui a donné l’illusion d’avoir pourfendu l’espace et le temps... Mais dans l’immensité labyrinthique des villes, qui un jour prochain ne formeront plus qu’un seul dédale, au détour des couloirs desquels les Minotaures sont légion à guetter, prêts à dévorer ce qui reste d’âme, le voici moins libre que jamais, captif d’autant plus à plaindre qu’inconscient de l’être… Les murs se sont resserrés…

Au-dessus de l’une de ces nécropoles blanchies, se dresse un domaine dont le toit pointu semble planté dans le ciel comme une épée dans la roche… L’espace que délimite un mur de pierres meulières entrelacées de lierre, est en réalité la ligne de front où, d’un feu nourri, guerroient une végétation grimpante, sujette à l’attraction céleste, et la symétrie autoritaire d’une bâtisse édifiée à l’aune du classicisme le plus pur… Equilibre des volumes, choix des matériaux, lignes épurées, motifs d’ornementation ; le juste milieu est miraculeusement tenu, lianes et branchages se résignant à contourner la demeure, tandis que cette dernière, employée à repousser les assauts végétaux, néglige un intérieur désertifié… Au-delà des lignes pures de sa façade, dès que passée la solive, se découvre en effet la vision d’un espace en décrépitude : les glaces, d’avoir perdu leurs tains, sont devenues des trous noirs - la question étant de savoir quel côté du miroir a envahi l’autre. De nombreuses portes de bois vermoulu annoncent une imbrication de pièces dont l’architecture générale se laisse malaisément deviner, susceptible sans doute de parcours multiples… L’écaille des murs donnent à l’ensemble l’aspect d’une peau de reptile séchée… C’est la pensée qui surgit immédiatement à l’esprit d’Anselme lorsqu’il eut pénétré le vestibule :

- " Ces murs semblent tapissés de la peau desquamée du serpent primitif… ".

Il songea à nouveau à cette lettre étrange, presqu'absurde , reçue quelques jours auparavant, non signée, qui implorait sa venue en invoquant la mémoire d’un grand-oncle disparu en mer, féru de kabbale et d’alchimie, aïeul mythique dont le souvenir, entretenu par les récits maternels, avait nourri son imaginaire… Seule la convocation de cette province de son enfance, presqu’île de mémoire brusquement ressurgie, Atlantide à rebours, l’avait pu contraindre à quitter l’exil insulaire qui était le sien, au large des côtes vendéennes. Il avait du attendre la traversée du samedi midi, qui, avec celle du dimanche, est l’unique moyen de rejoindre la métropole hors saison. Le trajet fut morne et, fort heureusement, solitaire. L’accostage se fit dans la douleur présagée du bruit furibond, de l’éructation des vanités qui s’étalaient sur les quais à peine foulés, de la corruption des âmes allumant les regards de l’éclat sordide des pavés humides… Depuis l’abordage de la terre ferme, la douleur n’avait cessé de grandir et trouait sa poitrine comme une dague, l’obligeant à reconstituer artificiellement sa proscription volontaire du cercle humain. Il remonta le col de sa cape de pèlerin séculier, enfouit dans l’obscurité l’hémisphère sud de son visage à l’aide d’un long foulard de coton, qui en devint comme la nuit immobile... Dans le train qui le menait à la destination indiquée au bas de la lettre, il scrutait l’avancée considérable de la laideur dans ce pays qu’il n’avait plus eu le loisir d’observer depuis plus d’une décennie, et se figurait, non sans un certain grotesque, incarner une manière de nouveau Jonas, envoyé par les rues d’une contemporaine Ninive à la recherche d’une poignée de Justes… Le paysage qui défilait derrière les vitres étaient toutefois indéniablement apocalyptique. Toutes ces villes traversées ou aperçues au loin semblaient connaître un interminable crépuscule, lent à s’abattre, et l’on ne distinguait pas ce qui dans cette tristesse urbaine relevait de l’angoisse d’être bientôt englouti ou du regret de ne pas l’être déjà tout à fait… La ténèbre coulait sur le vieil occident… La station où il descendit ne différait en rien des autres, et il dut éprouver à nouveau le tumulte des machines à essence, le rapt de l’espace commun par la ménagerie des contemporains heureux de l’être, bestiaire défiant l’analyse et le dénombrement de ses spécimens, enfin toute cette insupportable dodécaphonie des temps modernes, opus pour scie circulaire, qui détruit les systèmes nerveux plus sûrement que le venin du Naja… L’approche de la maison, - qui surplombait la ville au point qu’elle disparaissait parfois dans les brumes - avait rendu aux bronches d’Anselme le commerce d’un air d’autant plus respirable que s’éloignaient les miasmes citadins.

Fixant à nouveau les murs du vestibule, il eut la très nette impression que la paroi s’était régénérée, brillant comme une peau neuve, et que sous la pellicule protectrice dont il ignorait le matériau, le corps de la maison vivait d’une existence intense, comme si l’œil nu n’avait plus eu besoin du secours des psychotropes pour rendre au réel son vêtement de lumière – ou plutôt pour le dépouiller de ses guenilles, pour dévoiler tout le feu qui couve à chaque instant en chaque objet, aussi inanimé puisse-t-il paraître, explosant sous les espèces de la couleur profuse ; c’est du moins ce dont, à la suite des sorciers du cercle arctique ou de Précolombie, ont témoigné certains voyageurs intérieurs… Le hall semblait ainsi respirer, se contractant puis se dilatant à la manière d’une fleur marine, expirant et inspirant son mouvement, dégageant par là même une énergie inouïe, circulant rapidement par toutes les veines marbrant sa chair de pierre…

Chaque côté de cette pièce d’entrée ouvrant sur toutes les autres, était bordé d’un escalier, l’un montant à gauche, l’autre descendant à droite, tous deux menant au même inconnu… Quatre portes faisaient par ailleurs face à Anselme. Pas plus que le tambour rapide de ses phalanges sur la grand porte, l’action qu’il exerça sur le système de sonnette prévu à cet effet, ne suscita d’écho dans la demeure… Il froissa au fond de sa poche le billet de trajet retour train/bateau, mais la pensée du grand-oncle Balthazar, le marin kabbaliste, eut raison de cette tentation de fuir, qui tenait autant à un effroi grandissant qu’à l’agacement de voir le mystère se dérober et s’épaissir à mesure qu'il semblait pourtant en approcher la source… Il avança de quelques pas et ouvrit courageusement l’une des quatre portes, la deuxième en partant de la droite. Le même état d’abandon caractérisait la pièce qui s’avérait être une sorte de salle de réunion, à laquelle conduisaient les quatre portes, qu’il apercevait ainsi à nouveau, derrière lui maintenant, espacées avec la même régularité, n’offrant cependant pas plus d’indices quant à la nécessité de leur nombre… Une hypothèse viendrait bientôt à l’esprit d’Anselme lorsqu’il aurait constaté que la longue table ovale qui ne meublait pas moins de la moitié de l’espace entre les quatre murs portait un nombre de marques équidistantes, sortes de médaillons, qui, bien que ne figurant pas les points cardinaux, semblaient néanmoins diviser l’espace selon une comparable quadrature, dont le principe restait à élucider… Et si, penserait-il, chaque porte était réservée à l’entrée des personnes rattachées à chacun des quart de la table selon leurs qualités signifiées par les médaillons? Et déjà, alors qu’il détaille l’agencement des différents éléments qui composent ce salon étonnant, plusieurs signes d’une activité rituelle se présentent à son regard et viennent étayer cette certitude : la pièce fut – l’est elle encore ? – le lieu de rassemblement d’une confrérie, probablement secrète comme inclinent à l’indiquer l’atmosphère particulière du lieu, grosse de silence, ainsi que certains objets à l'usage incertain… C’est le cas notamment de ce livre scellé qui repose au centre de la table et des douze coupes d’étain rouillé qui l’entourent… Des costumes semblable à des toges, sans couture, et dont la poitrine est frappée d’un écusson aujourd’hui indéchiffrable – il s’agit sans doute de lettres de l’alphabet hébreu – sont soigneusement pliés sur chacun des douze sièges damasquinés qui cernent le plan ovale ; soin qui, il est vrai, ne leur est d’aucune défense contre les vermines qui ont entrepris de les ronger, fantassins du temps assassin… Le quatrième pan faisant face à celui des quatre ouvertures est une immense baie vitrée qui en occupe toute la largeur et la hauteur, donnant sur la campagne qui s’étend au septentrion de la ville, spectacle somptueux qui ne peut qu’inspirer à celui qui le contemple les sentiments d’altitude et de souveraineté. Toutefois le lieu est si insolite que tout ce qui n’est pas lui, par contraste, semble comme contemplé à travers la loupe qui tapisse le fond des sous-marins fantastiques… Levant la tête, la curiosité d’Anselme fut arrêtée à deux reprises encore : aux murs, tout d’abord, étaient suspendues des horloges anciennes, dépareillées, qui couvraient l’ensemble des fuseaux horaires du globe terrestre qui - et c’était là le deuxième motif d’étonnement -, était lui-même représenté sous la forme d’une miniature roulant sur axe de bois précieux, offrant cette particularité de décrire une géographie fantaisiste... Certains pays, voire des continents entiers, avaient disparu, alors même que de nouvelles terres avaient émergé au milieu des océans, sous des noms inconnus d’Anselme…

Cette salle voyait chacun de ses flancs perforée par un passage ouvert, une sorte de seuil sans porte, à la manière antique. Anselme franchit celui de droite et pénétra dans une pièce qui lui parut familière… Et cela était fort compréhensible, puisqu’il venait d’entrer par la droite dans la salle dont il venait de sortir par la gauche, comme le lui indiquait la présence du même mobilier disposé selon une identique configuration, le livre au centre de la table ovale, les vêtements pliés… Toutefois, était-ce vraiment la même pièce? Un doute vertigineux s’immisça dans sa conscience : ne s’agissait-il pas d’un avatar, d’une reproduction fidèle animée d’une vie propre ? En rebroussant chemin, il rendrait sans doute un peu de stabilité à son esprit vacillant… Et, en effet, faisant volte-face, il retrouva bien la même pièce… Sans être tout à fait sûr qu’il ne s’agissait pas non plus d’une nouvelle réplique… D’autant plus que, cette fois-ci il était revenu par ce qui devait être le passage gauche de la pièce précédente, ce qui était logique dans l’absolu, mais en contradiction avec le parcours paradoxal de son premier passage… Il décida de revenir au vestibule par l’un des quatre orifices, ce qui constituerait, en cas de succès, une forme de retour au réel… Il le retrouva en effet tel qu’il l’avait laissé… Hormis peut-être le sentiment d’une présence diffuse, qui colorait les baies vitrées d’un reflet bleuté… Les murs recommençaient à s’écailler de manière accélérée, attestant d’une danse énergétique toujours plus frénétique… Il lui sembla entendre une rumeur provenant de l’escalier de gauche, l’ascendant. Ce n’était pas des voix humaines, mais comme le roulis des éléments en fusion, qui parvenait à la manière d’un écho, une sorte de polyphonie où s’entendaient des détonations volcaniques, le chants des océans, le fracas de la croûte terrestre écartelée en failles, le choc des massifs, les sifflements colériques des vents au-dessus des eaux et par les cols… Inquiété mais bien plus encore fasciné, hypnotisé, mu en outre par la volonté d’éclaircir le mystère du domaine, Anselme gravit la douzaine de marche qui le séparait d’une porte close, taillée dans le même bois mort que celles du rez-de-chaussée… Il ouvrit brusquement la porte et le murmure cessa immédiatement, laissant place au silence d’une pièce obscure, humide, éclairée faiblement par un étroit goulot de lumière… Il était censé avoir monté un étage, mais il ne pouvait que se rendre à l’évidence : il occupait bel et bien les parties inférieures de la maison, la cave selon toute vraisemblance… Peu d’autres choses étaient à noter dans ce soubassement, à première vue du moins, car lorsque ses rétines se furent assez dilatées pour fouiller la pénombre, il discerna, remisés dans coin, quelques cornues fêlées et un athanor démembré… Il rouvrit la porte et constata que l’escalier qui avait été censé le hisser à l’étage, répondait maintenant plus fidèlement à la logique du visible : celui-ci montait de la cave vers le rez-de-chaussée ; ce qui aurait pu être rassurant si cela n’avait pas simultanément signifié que l’orientation des degrés avait été inversée depuis l’ascension d’Anselme vers le bas… En réalité un événement qui tirait son intelligence du retournement d’une action irrationnelle ne pouvait prétendre être tout à fait intelligible, il ne restait jamais que l’envers d’un illogisme et non un fait intrinsèquement logique… Toujours est-il qu’il retrouva le palier d’entrée… L’étrange mélange sonore des éléments avait repris et provenait désormais de l’escalier dont, à droite du vestibule, les marches devaient plonger vers les fondations de la demeure… L’étonnant aurait été, au vu des principes qui semblaient régir les déplacements dans cette maison, que l’escalier, pour la première fois, conduise là où son inclinaison semblait l’indiquer… Ce ne fut donc pas le fait, au terme de la descente, d’avoir pénétré un grenier qui étonna Anselme, mais bien plutôt la vue qui s’y offrait à lui… Non pas tant le paysage extérieur qui était sensiblement le même que depuis la grande salle, avec juste un peu plus de hauteur, le dénivelé en augmentant certes la saisissante beauté à l’exacte mesure de ce que la plongée avait ici de plus abrupt, que tout d’abord la forme de la pièce qui composait une polygone à douze faces. Le plancher translucide permettait en effet d’observer que le cube central formé par la pièce surmontait une pyramide inversé, en même temps que, par ailleurs, il était lui-même chapeauté par le même volume géométrique dressé vers le ciel. Mais, surtout, le plus grand motif d’étonnement résidait dans les signes kabbalistiques qui maculaient les murs en pente de cette mansarde d’une genre unique… C’était comme le plan d’un réseau ferroviaire souterrain en voie d’ensevelissement sous la végétation en reconquête, chaque station étant figurée par des sortes de chardons sombrement violacés ; chaque ligne de l’organisme évoquant par ailleurs la forme d’un sarment ou celle d’une brindille… Mais cela pouvait ressembler tout aussi bien à un bouquet de cierges tacheté de points lumineux dont les tiges les plus fermes appelaient le Ciel à se manifester et dont les autres, ployantes, offraient leur fragilité à la tourbe, en sacrifice… Cela encore figurait le décalque de la galaxie sur le mur, et l’on pouvait en effet identifier certaines constellations dessiner leurs icônes célestes, décliner le vocable de la beauté des comètes…

Anselme, presque à son insu, rejoignit la grande salle et vit que le livre était ouvert. Une bref incipit inaugurait le volume descellé. Le sens en était pluriel, susceptible d’interprétations diverses, riche de sens propres et figurés, s’appliquant, semblait-il, tant aux fascinants hiéroglyphes du grenier, qu’au contenu même du livre :

" La main qui a tracé ces lignes ne visait à rien moins que de projeter le ciel sur la terre. Elle cueillit quelques fleurs, arracha quelques mauvaises herbes avec le dessein d’en tatouer les murs et les pages, pensant ainsi obtenir le négatif de la Création, en débusquer l’envers… Consciente du défi qui pouvait être ainsi lancé au Créateur, auquel elle ne désirait pas, par quelque biais impie, soutirer une connaissance qu’Il n’avait pas voulu prodiguer de Lui-même à sa créature de glaise, cette main n’ignorait pas toutefois que tout, absolument tout, est signe, et que la plus infime des réalités est à la fois un chiffre, une lettre, et que la quête de la syntaxe qui en rendra le sens et la musique est le plus noble des desseins. Cet homme s’est voulu le greffier des coïncidences, l’interprète de l’invisible, l’ambassadeur du songe divin, et moi-même, humble préfacier qui doit bientôt disparaître pour le laisser grandir, le laisser développer les larges volutes de sa calligraphie apocalyptique, j’ai pu comprendre en m’acquittant de la charge de traduction qui m’incombait que son œuvre fut celle d’un nautonier céleste : sa plume décrivit les allées et venues entre les deux bords du Styx".

Balthazar.

 

Anselme fixa l’horizon, dans le lointain une foule de nuages noirs se déplaçaient à la manière d’un essaim de sauterelles, achevant enfin le crépuscule qui se muait en nuit profonde… Et la ville exhalait en contrebas un silence étrange, tel que celui des animaux pressentant une catastrophe imminente…

Commentaires

Je pensais ce matin en me réveillant que la Connaissance était une géographie et une mathématique, et je viens d'y repenser en lisant votre texte, OO.

La catastrophe que laisse pressentir le parcours de cet espace spéculaire, labyrinthique et gradué, ne serait-elle pas une révélation ?

D'autre part je suis frappée par votre dernière image, les nuages se déplaçant dans le ciel et le pressentiment... Etrange résonnance avec ma note d'hier sur mon blog, sauf que mon nuage est unique, blanc, et que ce sont les arbres et leurs feuilles qui sont saisis d'intuition...

Mais nous avons l'habitude de ce genre de coïncidence, n'est-ce pas ?

Bien à vous, poète.

Ecrit par : Alina | 02 avril 2006

Bonsoir Alina, content de vous lire à nouveau, vraiment.

En effet, une "synchronie" de plus! J'aime cela.

"Révélation" au sens d'"apocalypse", certainement, mais de quoi et sous quelle forme exacte, je ne sais pas ; ce qui la rend d'autant plus inquiétante... Elle entretient sûrement un lien avec ces machines hurlantes dont Anselme subit la persécution...

Grand merci à vous Alina de votre visite.

Ecrit par : OrnithOrynque | 02 avril 2006

tant que l'on est dans la synchronie !

en tant que petit fils de Claudine Balthazard, puis je oser vous demander de vous emprunter le passage en italique, prochainement, en vous citant bien sur,,,

compagnons : mes hommages à vous deux.

Ecrit par : cheval blanc | 06 avril 2006

Bien évidemment Cheval Blanc! Cela me fait plaisir. Merci et à bientôt chez vous ou ici.
Il me semblait bien aussi avoir décelé quelque nautonier en vous... Un hippocampe blanc? Une licorne des mers?

Ecrit par : OrnithOrynque | 06 avril 2006

Comme toujours, c'est une lecture magnifique et puissante. Entre autres, j'aime beaucoup "le tumulte des machines à essence, le rapt de l’espace commun par la ménagerie des contemporains heureux de l’être".

Bonne continuation

Ecrit par : fromageplus | 10 avril 2006

Merci de votre passage ami Fromage!

Même si l'irrascibilité que provoque chez moi tout le bruit et la fureur du monde moderne s'explique par une constitution fragile et hyper nerveuse, je crois que l'on peut constater à l'oeil nu et objectivement affirmer que l'enfer s'installe progressivement sur terre. Tout ce déluge technologique de fer et de décibels me fait en effet parfois pensé aux cris caractéristiques des créatures maléfiques selon du moins le témoignage de certains saints qui en ont enduré la persécution...
Sans aller peut-être jusqu'à cette lecture démoniaque qui est la mienne, l'augmentation des nuisances sonores (dernière invention : les téléphones portables qui crachent de la "musique" - allez savoir pourquoi ce n'est jamais du Glenn Gould - , l'abolition du casque... ) et la disparition généralisée de toute forme de prévenance à l'égard d'autrui dans les villes sont des marques de l'état de bassesse de notre civilisation...
On m'objectera que les rues étaient encore plus bruyantes dans le Paris médiéval... Certes, toutefois c'était un bruit "humain", non celui de l'abîme qui crie à travers ses suppôts mécaniques et l'oubli de toute courtoisie (hier mon épouse a du batailler pour pénétrer un avion alors qu'elle avait notre fille dans les bras!!!!)
Les éminences de la blogosphère qui viennent parfois vous faire la leçon chez vous l'ami (pas besoin de citer de noms...) du haut de leur chaire m'accuseront de technophobie primaire, de nostalgie d'une époque fantasmée ou de je ne sais quel autre simplisme, ce en quoi ils auront entièrement raison, qu'ils ne se fatiguent donc pas à le faire.
Mais c'est que je m'emporte tout seul... :):)):))))

Ecrit par : OrnithOrynque | 10 avril 2006

Joli texte, cela faisait longtemps que je n'avais plus eu le plaisir de vous lire.

Ecrit par : Pharamond | 12 avril 2006

Peut-être ce texte vous intéressera-t-il :

http://guerrecivileetyaourtallege3.hautetfort.com/archive/2006/04/12/le-bruit-barbare.html

Ecrit par : Pharamond | 12 avril 2006

Si vous le permettez, je vous tiendrai compagnie dans l'emportement...

Ecrit par : L. S. | 19 avril 2006

Bonjour Lucien, et comment que je vous le permets! Sus aux robots! Prêchons une croisade, nous partirons de Fressin, sous la bannière de Saint-Georges!

Ecrit par : OrnithOrynque | 19 avril 2006

C'est une idée... Mais une croisade "technophobique" prenant naissance sur internet, n'est-ce-point... paradoxal ?
En tous cas, je veux bien vous servir de guide dans les ruelles de Fressin.

Ecrit par : L. S. | 20 avril 2006

Bonsoir, en effet ce serait pour le moins paradoxal... Si de plus l'on souscrit à cette thèse qui rapproche la lettre W de sa valeur kabbalistique, à savoir 6 (www = 666), c'est définitivement une mauvaise idée...
Et merci pour Fressin!

Ecrit par : OrnithOrynque | 20 avril 2006

Ce long soupir qui crêve les nues couleur d'ardoise préfigurerait-il l'agonie, tant redoutée et si patiemment espérée de Babylone, la Grande ? De ces catacombes figées sur des secrets qui ne meritent point le beau titre d'arcanes, non, ce ne sera point de là que montera le dernier brouhaha.
Dans les entrailles seulement de cette longue bête roude occupée à devorer dans les ris luxurieux des plaisirs dont les echos acérains nous parviennent, une griève douleur semble s'éveiller par la voix d'une menace suspendue, informulée.
Les borborygmes demesurés de l'hybris endiablée, fanfare organique d'une robotique désormais souveraine paraissant porter l'annonce tonitruante d'un silence irrémédiable. La bimbeloterie alchimique où les résidus de materia negra ne sont point parvenus à fleurir en la forme etoilée de la pierre sophique ne témoignent que de l'impuissance des artisans de ce rêve à marier l'etincelle divine et la nature revêche.
Il se joue un drame d'une importance toute autre, sous les plus hautes alcôves. La décision d'en précipiter la ruine, cul par dessus tête, en paiement d'une vieille dette entre le vivant et le nombre, serve du lucre. Le double d'antimatière viendra
pour en un million d'astres collisionnés abolir par un baiser donné au corps du monde, lui-même et son miroir.

Ecrit par : koan | 04 mai 2006

En tout cas, c'est poétique, de fonds et de forme. Merci de votre passage.

Ecrit par : OrnithOrynque | 05 mai 2006

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